Les Jeunes et la Précarité

council estates

Photo:

A council estate in the east end of London, England

realworldimage.com

D’après l’émission: Thinking allowed de BBC Radio 4 du 24 février 2016, « How young people feel about being poor » ( Quel est le ressenti des jeunes gens de milieux défavorisés?)

Laurie Taylor interroge Rys Farthing, professeur de Politique Sociale à l’Université d’Oxford qui a publié un article dans la revue  » Children and Society » suite à sa recherche dans les régions désaffectées de Grande-Bretagne. Rys a discuté avec 5 groupes de jeunes de Moss Side, Manchester, Newcastle et Tower Hamlets à Londres. 

Rys nous raconte  » qu’elle a passé beaucoup de temps à connaître ces jeunes, à les mettre en confiance et a fait des activités fun avec eux. Pour commencer le projet elle leur a fait prendre des photos de ce qu’ils aimaient et n’aimaient pas dans le quartier où ils avaient grandi avec des polaroids puis a employé des techniques axées sur l’art et l’artisanat pour la mise en oeuvre. Les jeunes étaient tellement passionnés qu’ils ont pris en main la recherche. »

La photo est toujours un bon départ pour débattre dit la petite voix d’ex-prof qui me trottine dans la tête..On sait que les enfants apprennent le mieux en faisant..

Laurie Taylor demande à Rys si elle a pu approcher la question de la pauvreté avec les jeunes. Rys a su répondre avec tact je trouve. Elle leur a dit: » qu’il y avait des adultes qui voulaient prendre des décisions pour améliorer leur qualité de vie, des responsables politiques qui pouvaient agir sur ce qui impactait leur quotidien mais peut-être ne savaient pas ce que c’était de grandir dans leur quartier et aimeraient-ils employer cette recherche pour le leur communiquer? » Ainsi elle est restée « transparente » sur ses intentions.

Les jeunes se sentaient concernés par le look des cités et la laideur du quartier tout d’abord. Une jeune fille a même dit à Rys qu’elle avait l’impression de vivre dans une décharge..Elle lui a aussi raconté que quand il y a eu les J.O. ils ont nettoyé le quartier pour les touristes mais pas améliorer la qualité des logements par exemple donc elle a continué de vivre dans un taudis.

Ils ont voulu aussi parler de l’ Education et des établissements scolaires. Ils ont indiqué qu’ils n’étaient pris en considération et qu’aller à l’école n’était pas pour eux. Pour eux le problème primordial c’était le coût d’aller au collège ou au lycée..  l’uniforme était cher et comme ils n’avaient pas les moyens de porter un uniforme complet ils se faisaient tout le temps punir par les professeurs..

Je me suis rappelée qu’ en tant que professeur principal ou (form tutor) j’étais obligée de contrôler l’uniforme et je savais que les jeunes de mon école n’avaient pas les moyens. Il y avait une sorte de kermesse où on pouvait acheter des uniformes de seconde main. J’ai détesté ce système élitiste qui, sous le couvert d’une apparence démocratique, permettait aux plus riches de porter des uniformes en cachemire de chez John Lewis et aux plus pauvres de se les acheter en lycra chez Tesco..et le nombre de fois où j’ai mis la main à la poche pour qu’un de mes élèves ait sa cravate et ne se fasse pas mettre en retenue par le sous-directeur..un pays gouverné par des ministres qui sont allés à Eton.. »born with a silver spoon in their mouth » , un autre de mes dictons favoris :)))

Les jeunes voulaient également comprendre le racisme et recevoir un enseignement scolaire à cet égard, ainsi qu’apprendre des bases financières pour gérer leur quotidien. En ce qui concerne la criminalité, et les sanctions ils étaient divisés: Certains pensaient qu’on devait les mettre en prison et ne jamais les laisser sortir et d’autres avaient une approche plus tolérante en voulant les aider à se réformer et réintégrer la société. Puis ils voulaient que la vente d’armes soit prohibée.

Mais la criminalité et la peur étaient omniprésentes dans les quartiers que Rys a visités. Elle rapporte  » qu’un enfant de 10 ans lui avait raconté qu’il cachait ses céréales pour le petit déjeuner car il avait peur qu’on les lui vole. »

Ceci aussi évidemment tout professeur du public londonien ou autre grande ville anglaise l’a vécu ..

Finalement Rys les a emmenés à Westminster au Parlement rencontrer des hommes politiques qui sont toujours disposés à écouter les jeunes mais rien n’a abouti au niveau national. Par contre au niveau local les conseillers municipaux dans un quartier où elle travaillait ont installé un système de recyclage et des containers car les jeunes étaient attentifs aux problèmes de l’environnement.

Est-ce si différent en France dans les quartiers et les établissements scolaires que vous avez fréquentés?

Je finirais par une citation de George Orwell dans Animal Farm, à laquelle je pensais en écrivant ce billet..

 “Tous les animaux sont égaux, mais il y a des animaux plus égaux que d’autres.”

Françoise                                 @Fran75GB

 

 

7 réflexions sur “ Les Jeunes et la Précarité ”

  1. Cela serait en effet intéressant de faire une comparaison avec la France… Ayant vécu et travaillé en banlieue parisienne (dans le social mais pas le scolaire), j’ai tendance à penser que les choses sont moins sombres que dans le système soit disant égalitaire mais au contraire très discriminant britannique…

    1. Je comprends tt depend du gouvernement en place aussi les tories sont très élitistes. J ai vu la difference dans ma comprehensive sous labour et sous les conservatives. Les réductions de budget, de profs et d’options. Un enfant du privé passent 10 GCSEs minimun. Un enfant du public 6 le core curriculum English Maths and Science and Ict et 2 options

  2. Cela serait en effet intéressant de faire une comparaison avec la France… Ayant vécu et travaillé en banlieue parisienne (dans le social mais pas le scolaire), j’ai tendance à penser que les choses sont moins sombres que dans le système soit disant égalitaire mais au contraire très discriminateur britannique…

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