La maison où j’ai grandi..

Une émission des archives de BBC radio 4  » The house I grew up in », le 15 septembre 2009

Lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b00mk6dl

J’ai choisi Erin Pizzey qui avait ouvert des refuges pour les femmes battues au début de les années 70 en Angleterre, je l’écoutais souvent à la radio, ça m’avait marquée.

« Elle avait ouvert Chiswick Women’s Aid pour être entre femmes et un jour une femme battue et dans un triste état Cathy est entrée et ce fut le début du refuge.  »

Je vous conseille ce lien: http://www.refuge.org.uk/history/

« A cette époque, la maison ne devait contenir que 36 personnes et il y avait plus de 120 femmes et enfants. Le principe d’Erin Pizzey c’était de garder la porte ouverte. Elle a eu une enfance difficile et on lui a posé la question il y a plus de 30 ans et elle ne voulut pas lui répondre. »

« Elle a grandi dans le Dorset de l’après-guerre, sa mère l’avait achetée elle avait 13 ans. Il y avait une rivière, c’était une très belle maison confortable mais cela ne veut rien dire quand on vit avec des parents très violents. J’étais captivée par la vision que ma mère  avait de cette maison mais nous vivions avec un père violent qui était avare et toujours en train d’économiser pour des jours meilleurs. Ma mère gardait espoir que cette maison  serait le symbole d’une vie familiale harmonieuse. Erin y passa 4 ans jusqu’au décès de la mort de sa mère du cancer.

Elle était née en Chine où son père travaillait au consulat jusqu’à ce que la seconde guerre mondiale éclata. Sa mère était petite, mignonne mais froide et incapable d’affection. Elle avait hérité beaucoup d’argent et emmena mon père en voyage de noces autour du monde emportant 40 valises.

EP « Mon père fut très impressionné. Nous avons été capturés par les Japonais et nous avons pris le dernier bateau qui quittait la Chine. Nous avons fini en Afrique du Sud. Je pense que j avais 5 ans et je me suis rendue compte que ma mère ne m’aimait pas et ne m’avait jamais aimée. Je ne l’aimais pas non plus. »

« Je me souviens qu’elle perdait son contrôle et me battait. Un jour j’étais au Canada et j’étais assise sur les marches extérieures à distribuer des dollars aux gens qui passaient parce que je me sentais horriblement seule et je voulais me faire des amis et une de ses relations lui a raconté, alors elle m’a emmenée dans la maison et m’a vraiment battue puis m’a remise sur la marche et m’a dit j’ai appelé la police ils vont venir te chercher et tu ne nous reverras plus. Et elle m’a laissée là des heures  dans le noir et j’étais soulagée je me disais comme ça je ne la verrais plus. »

« Erin a fini par échapper à sa mère à l’age de 9 ans elle était avec sa sœur jumelle. Elles furent mises en pension en Angleterre alors que ses parents retournèrent en Chine et furent victimes de la guerre civile, assignés à résidence. Elles les revirent 3 ans plus tard. »

« Puis elle parle de sa période en pension et rencontre son amie d’enfance Kate. C’était un couvent à leur époque. Et les 2 amies parlent de leur enfance pendant qu’elles visitent à nouveau la pension. Et la mère supérieure était odieuse avec elle parce qu’elle était dyslexique et la faisait manger dehors puis les cent vingt filles qui mangeaient dans la salle devaient passer devant elle en silence. Mais elle ne se laissa jamais abattre, ce fut sa guerre intime avec Mère Eleanor parce que, explique-t-elle, si tu as une mère qui te bat comme ma mère me battait que pouvait-elle me faire de plus? »

 » Et pendant les vacances nous allions à St Mary’s, il y avait 40 enfants, garçons et filles, on avait un pique-nique et on pouvait faire ce qu’on voulait. J’adorais aller à Lyme Regis nager, ou jouer aux cartes. J’étais difficile mais parce je la respectais qu’elle était sereine et elle me parlait calmement et me faisait faire la vaisselle comme punition si je le méritais. J’ai appris à l’aimer et j’étais une enfant violente.

« Je dois dire que je n’ai jamais eu peur des hommes qui venaient au Refuge nous menacer et même certaines femmes étaient violentes, il s’agissait de protéger les enfants. »

« Quand la mère est rentrée, elle a essayé de construire une vie normale avec ses filles et ne les a jamais plus battues. Elle a passé des heures à parler avec sa sœur mais elle n’était jamais invitée.  »

« Elle a essayé de faire une boum et d’inviter ses amis de St Mary’s, et leur a posé tant de questions du genre tu viens d’où etc..elle était très maniaque. Elle ne voulait pas que le père rentre à la maison et il la harcelait mais il ne l’avait jamais battue. Et elle se rappelle que quand il lui avait demandé de lui faire un câlin et elle alla dans la cuisine chercher un couteau et s’il avait approché sa mère elle l’aurait tué. »

 » Quand sa mère mourut dans la maison de repos, le père la ramena à la maison, il ne voulait pas l’enterrer, elle essaya de lui demander quand vas-tu enterrer Maman. Mais tout le monde le savait dans le village, le docteur etc mais personne ne voulait les aider. »

« Une fois que sa mère fut enterrée Erin partit à Londres et n’était pas une féministe comme on l’avait dit et elle pense toujours que la meilleure chance pour un enfant est une famille unie. Erin a beaucoup de respect pour les femmes, mais elle pense que les femmes ont perdu leur chemin, elle pense que c’est une tragédie quand la mère ne peut materner son enfant. »

Quelle vie mes amis et quelle chance de pouvoir se montrer bienveillante après tant de souffrance personnelle dans cette famille plus que dysfonctionnelle.

Je me souviens que j’étais féministe quand j’ai divorcé, disons que je fréquentais ce groupe de femmes, nous étions dans le Surrey à l’époque et chacune apportait quelque chose à manger et on passait des dimanches toutes ensemble dans cette superbe maison aux abords d’un National Trust park dont je ne me souviens plus du nom, surement pas loin de The Arboretum. Ce fut un moment important de ma vie, ce soutien et respect mutuel. Puis je les ai perdues de vue avec le travail et le déménagement en Suisse.

Je dois dire que nous avions des discussions sur le rôle de la famille et moi aussi comme Erin Pizzey j’avais rêvé d’une famille unie et d’une vie harmonieuse ,ce qui fut loin d’être le cas. Je pense que j’ai été et je suis toujours aimée par mes parents, mais il y avait et il y a toujours des conditions à remplir. Aucun enfant ne devrait vivre ainsi.

Et voilà pour ce dimanche loin d’être serein, qui m’a fait choisir inconsciemment l’histoire d’une femme close to my own heart.

bonne soirée chers Lectrices et Lecteurs

Francoise

@Fran75GB 

 

 

 

 

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