Protéger l’Etat de Droit et nos Libertés.

Photo: Me voilà! L’été..

La Grande Table: Contrôle de l’Etat : Jean-Marie Delarue délibère 15.06.2017. Emission présentée par Olivia Gesbert.

Lien: https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/controle-de-letat-jean-marie-delarue-delibere

Une émission qui m’a bouleversée..extraits. Je sens que nous glissons, pris dans un piège dont nous ne voyons pas toutes les facettes. Il faut lire, écouter, réfléchir et s’exprimer. Ne soyons pas les victimes conscientes ou inconscientes de notre environnement. 

Cela me rappelle l’époque Blair/Bush quand les titres affichaient « the War on Terror » et la propagande de Fox News, des tabloïds, des journaux de Murdoch..

Ce matin sur Radio 4 de la BBC il y avait un intervenant qui parlait des risques du Brexit, de s’éloigner de l’Europe, et le risque de propagation de la Xénophobie. 

En ce qui me concerne tout ceci est lié. Evidemment il faut combattre le terrorisme mais pas au risque de nous enlever nos libertés, pas au risque de nous faire peur de l’Autre, de confondre immigrés et djihadistes, de troubler le jeu à des gains politiques, de changer nos contrats de travail pour enrichir le patronat qui se montre peu philanthrope.

Regardons #Grenfell et ce qui se passe au Royaume-Uni, nous aussi on a eu notre lot de marchands de sommeil, d’hôtels incendiés et de disparus. La tour était moins grande donc elle a fait moins de bruit mais le mal est toujours là. 

Employer nos forces de police pour nous surveiller tout un chacun, encourager la délation, créer ce climat malsain de l’islamophobie et de toute phobie, non ce n’est pas la France que nous souhaitons. 

Heureuse de savoir que nous avons des garde-fous mais en avons-nous assez? Eh bien non pas dans ce climat du régime présidentiel, le Président y a trop de pouvoir par rapport au Parlement. S’il va nous gouverner par ordonnance nous n’aurons que le choix de l’obéissance! Soyons vigilants.

Olivia Gesbert: « La sécurité,en finir avec la rage sécuritaire?

Jean-Marie Delarue: »Depuis la loi de 1994 on a jugé que la sécurité était un élément essentiel des politiques publiques et je crois que tous les gouvernements de n’importe quelle couleur qui se sont succédés n’ont pas démenti ce point.

Je crois en effet que l’on pourrait soutenir que dès lors que la matière économique et sociale échappe largement aux gouvernants, parce que soit elle est internationale, soit parce qu’on a été incapable de régler la question du chômage, alors la question de la sécurité prend de plus en plus d’importance parce que ça on sait le résoudre. En tout cas on sait donner aux personnes le sentiment que l’on prend des mesures que l’on travaille pour leur vie personnelle, ce qu’on ne peut plus faire sur le plan de l’emploi et ce qu’on ne peut plus faire sur le plan du commerce international.

Je crois que la sécurité elle signe non seulement le désir qu’on a chacun d’être protégé mais aussi l’échec des autres politiques publiques, celles qui faisaient florès dans les années 60, la lutte contre les discriminations, la lutte contre les inégalités etc..Tout ça devient un peu aujourd’hui oublié et conduit les gouvernements quelle qu’en soit la couleur à choisir la sécurité comme thème essentiel.

Ce qui me conduit à dire que l’on n’est pas dans un Etat Policier, ce serait inconvenant on est encore en démocratie, on est dans un Gouvernement de Police, c’est-à-dire un gouvernement dans lesquels les besoins de la Police et la manière de penser de la Police sont acceptés sans critique par les Pouvoirs Publics. »

Olivia Gesbert: « Pourquoi, pour vous, pérenniser des mesures d’exception ne serait pas judicieux? »

Jean-Marie Delarue: » Je ne veux pas apparaître candide, il y a des menaces qui apparaissent sur notre pays et on en a déjà été tous très fortement meurtris. Ces menaces continuent d’exister. Je crois qu’il y a différents degrés de menaces et il y a différents instruments dont on dispose.

Je crois que quand la menace est immédiate, grave et surtout qu’on ne sait pas bien l’identifier, il faut en effet prendre des mesures de crise: Il faut déployer toute une série d’instruments dont on ne sait pas d’avance s’ils vont servir mais dont on a besoin parce qu’on ne sait pas caractériser la menace qui pèse sur nous.

Aujourd’hui nous savons très bien faire ça et nous connaissons la menace qui pèse sur nous,elle est bien caractérisée donc la question se pose: En quoi avons-nous encore besoin de moyens exceptionnels qui, encore une fois, sont ceux qui répondent à une menace gravissime, indécise et qu’on ne peut pas bien définir?

Je crois que nous sommes en train de dire que l’Etat de Crise va devenir permanent. J’entends bien ce qu’ils nous disent mais précisément la menace terroriste, elle, est permanente. Mais je crois qu’on peut très bien répondre à cette menace sans pour autant proroger l’Etat d’Urgence. Car c’est bien cela que ça veut dire, si vous mettez toutes les mesures de l’Etat d’Urgence dans l’Etat de Droit c’est que vous prorogez l’Etat d’Urgence indéfiniment. »

Antoine Mercier: » Vous avez dit « On est encore en démocratie. »?

Jean-Marie Delarue:  » Je dis encore en démocratie, j’y tiens viscéralement et j’espère que nos compatriotes y tiennent aussi parce que la démocratie c’est quelque chose de fragile. L’objet des terroristes est de montrer que notre société n’est pas démocratique. Pour eux en tout cas.

Si je dis « encore » c’est parce que je sens, au-delà de ce que je viens de dire sur la sécurité, sur ces mesures infiniment répétés, infiniment reprises, je sens qu’il n’y a pas tellement d’inquiétude de nos contemporains sur ces mesures et sur les atteintes éventuelles aux libertés. »

Un bon podcast à écouter, réflexion dominicale sur l’avenir de notre démocratie. Je pense aussi que ce moment est grave et inquiétant. Et pas seulement au niveau de la France.

Cela ne veut pas dire que nous devions mettre en danger nos valeurs: Gardons notre Etat de Droit « où les pouvoirs sont partagés. » 

Bon dimanche chers Lectrices et Lecteurs, aujourd’hui jour d’élection législative..

@Fran75GB

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *