Tous les articles par Francoise

Les billets sont des réactions personnelles aux émissions que j'écoute. Les propos des interlocuteurs sont rapportés entre guillemets.

Les Jeunes et la politique

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Emma a 5 mois, elle participe avec ses parents Guillaume et Marie pour la

france3-regions.blog.francetvinfo.fr

« Young people and Politics » ou « Les jeunes et la politique » était le thème du podcast de « Thinking allowed » de BBC radio 4, le 10 février 2016.

Laurie Taylor interviewe Gary Pollock, Professeur de Sciences Po, à Manchester Metropolitan University, dont le département a mené une enquête dans 14 pays européens, et dont le résultat est publié sous le titre « Populism, Ideology and Contradiction » dans une revue sociologique.

En France presque 25% des 15- 24 ans sont au chomâge, d’après l’INSEE et il y a eu autour de 61% d’abstention chez les jeunes aux élections.

L’autre jour, à ONPC quand Léa Salamé interwievait Mme Taubira, elle lui a lancé, puisque son livre s’adresse à la jeunesse  » mais vous avez été au pouvoir, pourquoi vous ne lui avez-vous pas parlé?Vous savez que la jeunesse vote FN aujourd’hui? » Et Madame Taubira de répondre: » Oui la jeunesse je la rencontre, les chiffres c’est votre affaire! »

Dois-je vous dire mon émoi quand j’ai entendu cette assertion de Léa Salamé, moi professeur et éducatrice, non pas la prunelle de mes yeux, pas l’avenir de mon pays!!! Je me refuse à croire que l’on puisse clamer haut et fort sur France 2 que la jeunesse de France vote extrême-droite!!

La jeunesse est au centre de mes préoccupations donc je vais me documenter et ce podcast a apporté un point de vue britannique et européen intéressant, il faudra que je trouve l’étude.

Pour vous en dire plus sur l’émission concernée, la discussion a commencé sur une définition du terme populisme, qui a une connotation péjorative. Ces chercheurs ont défini « 4 critères, xénophobie, cynisme, autoritarisme et nativisme. »

Laurie Taylor,à juste titre, a demandé de préciser « la différence entre xénophobie et nativisme, le nativisme est une forme de nationalisme extrême: Est-il important d’être né dans ce pays? De leurs parents d’être nés dans ce pays et parlent-ils la langue du pays? »

Parenthèse désenchantée: Que d’alertes mes amis, que de relents de débats médiatiques que nous subissons sur l’identité française, que d’endoctrinement!

Je poursuis..
Ils ont donc fait une liste d’affirmations auxquelles les jeunes devaient donner un score de « strongly disagree, pas du tout d’accord, à « strongly agree », tout à fait d’accord.

Je vous propose cette liste traduite de l’anglais mais les puristes de la langue pourront l’apprécier en écoutant le podcast. Petite liste ahurissante par son contenu, je dirais « mind-boggling »pour rester dans le ton anglosaxon mais nous avons tous entendu ces phrases-types de notre côté de la Manche bien malheureusement.

« 1. Les étrangers ne devraient pas avoir le droit d’acheter de la terre chez nous.
2. Quand il y a du chômage, les employeurs doivent donner la priorité aux natifs du pays.
3.Les politiques sont corrompus.
4.Les riches ont trop d’influence en politique. »
(My Place survey)

Les chercheurs ont choisi « 2 villes de chaque pays mais 4 en Allemagne, 2 à l’ouest et 2 à l’est.
Ils ont choisi Nonington et Coventry par exemple en Angleterre qui souffrent toutes deux de privations socio-économiques mais Nonington près de Douvres dans le Kent a  l’habitude de voter à droite alors que Coventry est une ville florissante en diversité culturelle et vote à gauche. »

J’ai souri quand Gary Pollock a dit que les résultats britanniques se comparaient à ceux des pays européens post-socialistes parce que je vois David Cameron, premier minstre du Royaume-uni courir tout le temps en Pologne converser avec ses partenaires ultra-conservateurs..

Et quid des résultats vous allez me dire, eh bien ils sont mitigés. Il y a une attirance pour le populisme chez les jeunes mais pas particulièrement un populisme de droite plutôt un autre chose qui n’est pas la politique de parti telle que nous la vivons.

Une dernière remarque qui m’a interpellée: Laurie Taylor a posé la question « et quand il s’agissait de réponses d’enfants issus de l’immigration, quelles sont les réponses? » Et Gary Pollock de répondre: »
Si vous ne faites pas partie de la majorité dans une commune ou vous faites partie d’une minorité ethnique ou si vous n’êtes pas citoyen du pays, vous avez moins d’inclination à être xénophobe, pour un régime autoritaire ou ultra-nationaliste ou cynique en politique. »

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Photo:

La main d’une manifestante, à Nice, le 10 janvier

tempsreel.nouvelobs.com

Alors Monsieur le Président Hollande et le vote des étrangers? Ne faisait-il pas partie du Changement, c’est maintenant???

 

#jeunesse #chômage #politique #populisme #avenirincertain

#àlarecherchedelaVérité
#jenaimepaslesraccourcis
#jesoulèvelesquestions

#jesuisFrançoise
#jesuisfrançaise
#jesuisgrincheusejoyeuse

Françoise @FranGB75

Charles Dickens: Les Grandes Espérances

D’après une émission de BBC Radio 3, The Radio 3 Documentary, du 11/01/2016

Vu ce monde de précarité, de jungle et de bidonvilles évacués, rasés et reconstruits spontanément, jamais Charles Dickens ne m’a paru aussi actuel.

Dans son bureau de Gad’s Hill dans le Kent, Charles Dickens a écrit une histoire d' »intrigue, de déception et de revanche. »

Le livre se situe la veille de Noël, 1812.

C’est alors que Pip, orphelin, âgé de 7 ans, rencontre un forçat échappé, dans le cimetière du village où est sa famille. Le forçat oblige Pip à voler une lime pour enlever ses menottes et de la nourriture.Pip vit chez sa soeur, une femme odieuse mais dont le mari, un forgeron, est très gentil. Le jour suivant, le forçat est arrêté par les soldats et renvoyé comme prisonnier sur son vaisseau.

Grâce à une bienfaitrice Miss Havisham, Pip commence un apprentissage de forgeron et surtout rencontre la belle Estella dont il tombe amoureux. Au bout de 4 ans il est contacté par un notaire qui a reçu une somme d’argent anonyme pour parfaire l’éducation de Pip à Londres. De nombreuses aventures s’ensuivent et Pip a du mal à cacher ses origines maintenant qu’il a une nouvelle vie, mais ce sera Joe le forgeron qui lui viendra en aide quand il en aura besoin. A l’âge de 23 ans il découvre que le donateur anonyme n’est autre que le forçat reconnaissant et devenu riche en Australie.

Estella, elle aussi adoptée à l’âge de 2 ou 3 ans a épousé un homme de son rang et n’a que des regrets car c’est une brute. Mais tout est bien qui finit bien quand ils se retrouvent onze ans plus tard dans les ruines du manoir de Satis House et quittent les lieux la main dans la main.

Il y a bien sur une certaine moralité dickensienne dans ce roman:

De nombreux enfants orphelins étaient exploités et forcés à travailler jeunes. Et je pense qu’il y a une recrudescence de ce phénomène, quand on voit l’exploitation des enfants par les gangs et la drogue, puis la manière dont ils en disposent au coin d’une rue, une balle dans la tête.

L’ascenseur social avait son charme mais là encore il s’agissait d’être sponsorisé par l’argent sale, celui d’un forçat qui avait fait fortune, mais dont les contradictions personnelles lui offraient cette chance de  rachat.

D’autre part on voit dans « Les Grandes Espérances » ce décalage entre les attentes que l’on peut concevoir et la réalité qui est autre. Du temps de Dickens, il fallait brûler ses lettres pour échapper à ses origines, de nos jours les demandeurs d’asile sont prêts à brûler leurs papiers et changer leur identité ou leur nationalité, tout ceci pour justifier d’une appartenance sociale.

Parler d’intégration sociale me fait bien sourire dans ce monde de classes où 62 personnes possèdent autant que la moitié de la planète.

L’émission nous explique comment les livres étaient publiés à l’époque, chapitre par chapitre, dans le Weekly standard, ou plutôt en petits épisodes, pour faire durer le suspense et la vente. Dickens les appelaient des « teaspoonfuls’, des cuillérées de thé.Voilà comment le livre a été l’instigateur du feuilleton  et quand je bois avec délice mon thé chaud au jasmin devant mes streams de séries diverses, je ne peux m’empêcher de penser à ces petites cuillères à thé en argent, symbole du travail ardu de l’auteur.

Dans le manuscript d’origine il n’y avait aucune illustration, car Dickens voulait remplir ses deux colonnes dans le journal. Il écrivait 5000 mots à la fois et finit le livre en 9 mois et demi.

Dickens a ouvert un magazine sur Wellington street,il  rencontre quelques difficultés financières en 1860 et « Les Grandes Espérances » vont l’aider à relancer les affaires. Il retourne vivre à Gad’s Hill et brûle toutes ses lettres comme pour effacer son passé. Il venait de se séparer de sa femme et avait rencontré une actrice, une certaine Miss Thomas. Il faisait très attention à sa réputation. Ellen Ternan,âgée de 18 ans,alors qu’il en avait 45 a inspiré le personnage d’Estela. Elle le menait par le bout du nez.

Certaines lettres ont été retrouvées et une fut publiée dans le New York Times, donc déjà à l’époque, la vie privée d’une célébrité pouvait être révélée dans la presse et ceci sans scrupules. Dickens d’ailleurs leur adressa une réponse personnelle, une mise au point.

Il paraît qu’il a écrit 2 conclusions pour « Les Grandes Espérances », une d’illusion perdue et le « happy end »qu’il finit par choisir.

Je me dis toujours que nous en sommes en partie responsables de nos choix..plus facile dans la fiction que dans la réalité je sais mais je voudrais retourner en arrière et réécrire l’année 2015 et nous voir marcher vers l’horizon la main dans la main.

Francoise  @FranGB75