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L’incendie de Grenfell

Emission de BBC Radio 4, Any Answers du samedi 17 juin 2017, présentée par Anita Anand. Extraits.

« The Grenfell Tower Fire

In one of the richest boroughs in England, some of the poorest… the most vulnerable… lost their lives in the most violent way.

What does the Grenfell Tower fire tell us about Britain today? About poverty? About social housing? About our political leadership?

Did Theresa May misread the public mood? Again.

Is a public inquiry the answer?

Anita Anand takes your calls. »

Lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b08tbfh5

Un désastre..quand on veut faire du bon marché et que la vie des gens est peu de chose..un vrai scandale humain et politique. Madame May est trop occupée avec le Brexit pour s’intéresser à ce qui se passe à Londres et ailleurs et aux révélations meurtrières. Elle a proposé une enquête pour se débarrasser du problème alors qu’il faudrait traduire ces entreprises de construction devant une cour de justice.

Le premier interlocuteur John commente l’enquête publique proposée par Theresa May sur l incendie de Grenfell:  » Ce sera une perte de temps comme sont toutes les enquêtes publiques et un déni des droits des citoyens qui ont tant souffert. Je ne sais pas si vous savez que je suis un survivant de l’accident du train de Ladbroke Grove et c’est exactement ce qui s’est passé. On a attendu 4 ans pour rien.

J’admire les survivants de cet incendie ont été abandonnés par le gouvernement, se sont rassemblés et sont un exemple. Ce qu’il faudrait c’est une enquête judiciaire. »

Ian:  » J’étais technicien en architecture dans les années 80 et on construisait des tours de ce genre. Ce revêtement était dangereux. On n’a même pas considéré d’isoler des tours avec des produits inflammables. »

David: » Ma fille vient d’acheter un appartement dans une tour à Southwark et les autorités locales veulent faire des réparations cosmétiques, je me bats pour équiper les appartements avec des arroseurs. »

Ian: » Les associations de résidents devraient avoir leur mot à dire sur les réparations à venir. Je voudrais ajouter qu’il y a eu une réduction de la réglementation de la construction de logements sociaux par les gens qui s’en occupent. Depuis que la construction a été mis dans les mains d’entreprises privées, beaucoup d’informations concernant ces bâtiments a été perdue. »

Georgina: » Il y a des gens qui traitent mal Madame May et la prennent pour un bouc-émissaire. Comment peut-on savoir ce qu’elle ressent et ce qu’elle pense? »

Winnie:  » Je voudrais parler de l’obligation de diligence, du devoir de vigilance  que les autorités municipales ont envers leurs locataires dans les bâtiments de logements sociaux. Il y a une responsabilité de la  municipalité. Les municipalités ont fait tant de réductions à  cause des plans d’austérité du gouvernement. »

Helen: » Ce n’est pas le moment de protester, la police est déjà sous pression. »

Les: » Les gens sont en colère. Oui j’ai vu des gens à la télévision dire qu’il connaissait quelqu’un qui est mort dans l’incendie. Mais il devrait être en deuil plutôt qu’en colère. Egalement je me suis demandé pourquoi l’armée n’est pas intervenue pour aider. »

Jay: » Il y a une disparité entre les riches et les pauvres au Royaume-Uni et dans le monde entier d’ailleurs.  Une municipalité comme Kensington choisira de réparer des logements de riches plutôt que des HLMs. »

Anita Anand: » 3 jours plus tard les gens dorment toujours par terre et personne n’est venu s’occuper d’eux! 3 jours plus tard! »

Des réactions diverses..je laisse aux anglophiles le soin de finir le podcast.

Bon Dimanche

Françoise

@Fran75GB

 

 

 

Protéger l’Etat de Droit et nos Libertés.

Photo: Me voilà! L’été..

La Grande Table: Contrôle de l’Etat : Jean-Marie Delarue délibère 15.06.2017. Emission présentée par Olivia Gesbert.

Lien: https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/controle-de-letat-jean-marie-delarue-delibere

Une émission qui m’a bouleversée..extraits. Je sens que nous glissons, pris dans un piège dont nous ne voyons pas toutes les facettes. Il faut lire, écouter, réfléchir et s’exprimer. Ne soyons pas les victimes conscientes ou inconscientes de notre environnement. 

Cela me rappelle l’époque Blair/Bush quand les titres affichaient « the War on Terror » et la propagande de Fox News, des tabloïds, des journaux de Murdoch..

Ce matin sur Radio 4 de la BBC il y avait un intervenant qui parlait des risques du Brexit, de s’éloigner de l’Europe, et le risque de propagation de la Xénophobie. 

En ce qui me concerne tout ceci est lié. Evidemment il faut combattre le terrorisme mais pas au risque de nous enlever nos libertés, pas au risque de nous faire peur de l’Autre, de confondre immigrés et djihadistes, de troubler le jeu à des gains politiques, de changer nos contrats de travail pour enrichir le patronat qui se montre peu philanthrope.

Regardons #Grenfell et ce qui se passe au Royaume-Uni, nous aussi on a eu notre lot de marchands de sommeil, d’hôtels incendiés et de disparus. La tour était moins grande donc elle a fait moins de bruit mais le mal est toujours là. 

Employer nos forces de police pour nous surveiller tout un chacun, encourager la délation, créer ce climat malsain de l’islamophobie et de toute phobie, non ce n’est pas la France que nous souhaitons. 

Heureuse de savoir que nous avons des garde-fous mais en avons-nous assez? Eh bien non pas dans ce climat du régime présidentiel, le Président y a trop de pouvoir par rapport au Parlement. S’il va nous gouverner par ordonnance nous n’aurons que le choix de l’obéissance! Soyons vigilants.

Olivia Gesbert: « La sécurité,en finir avec la rage sécuritaire?

Jean-Marie Delarue: »Depuis la loi de 1994 on a jugé que la sécurité était un élément essentiel des politiques publiques et je crois que tous les gouvernements de n’importe quelle couleur qui se sont succédés n’ont pas démenti ce point.

Je crois en effet que l’on pourrait soutenir que dès lors que la matière économique et sociale échappe largement aux gouvernants, parce que soit elle est internationale, soit parce qu’on a été incapable de régler la question du chômage, alors la question de la sécurité prend de plus en plus d’importance parce que ça on sait le résoudre. En tout cas on sait donner aux personnes le sentiment que l’on prend des mesures que l’on travaille pour leur vie personnelle, ce qu’on ne peut plus faire sur le plan de l’emploi et ce qu’on ne peut plus faire sur le plan du commerce international.

Je crois que la sécurité elle signe non seulement le désir qu’on a chacun d’être protégé mais aussi l’échec des autres politiques publiques, celles qui faisaient florès dans les années 60, la lutte contre les discriminations, la lutte contre les inégalités etc..Tout ça devient un peu aujourd’hui oublié et conduit les gouvernements quelle qu’en soit la couleur à choisir la sécurité comme thème essentiel.

Ce qui me conduit à dire que l’on n’est pas dans un Etat Policier, ce serait inconvenant on est encore en démocratie, on est dans un Gouvernement de Police, c’est-à-dire un gouvernement dans lesquels les besoins de la Police et la manière de penser de la Police sont acceptés sans critique par les Pouvoirs Publics. »

Olivia Gesbert: « Pourquoi, pour vous, pérenniser des mesures d’exception ne serait pas judicieux? »

Jean-Marie Delarue: » Je ne veux pas apparaître candide, il y a des menaces qui apparaissent sur notre pays et on en a déjà été tous très fortement meurtris. Ces menaces continuent d’exister. Je crois qu’il y a différents degrés de menaces et il y a différents instruments dont on dispose.

Je crois que quand la menace est immédiate, grave et surtout qu’on ne sait pas bien l’identifier, il faut en effet prendre des mesures de crise: Il faut déployer toute une série d’instruments dont on ne sait pas d’avance s’ils vont servir mais dont on a besoin parce qu’on ne sait pas caractériser la menace qui pèse sur nous.

Aujourd’hui nous savons très bien faire ça et nous connaissons la menace qui pèse sur nous,elle est bien caractérisée donc la question se pose: En quoi avons-nous encore besoin de moyens exceptionnels qui, encore une fois, sont ceux qui répondent à une menace gravissime, indécise et qu’on ne peut pas bien définir?

Je crois que nous sommes en train de dire que l’Etat de Crise va devenir permanent. J’entends bien ce qu’ils nous disent mais précisément la menace terroriste, elle, est permanente. Mais je crois qu’on peut très bien répondre à cette menace sans pour autant proroger l’Etat d’Urgence. Car c’est bien cela que ça veut dire, si vous mettez toutes les mesures de l’Etat d’Urgence dans l’Etat de Droit c’est que vous prorogez l’Etat d’Urgence indéfiniment. »

Antoine Mercier: » Vous avez dit « On est encore en démocratie. »?

Jean-Marie Delarue:  » Je dis encore en démocratie, j’y tiens viscéralement et j’espère que nos compatriotes y tiennent aussi parce que la démocratie c’est quelque chose de fragile. L’objet des terroristes est de montrer que notre société n’est pas démocratique. Pour eux en tout cas.

Si je dis « encore » c’est parce que je sens, au-delà de ce que je viens de dire sur la sécurité, sur ces mesures infiniment répétés, infiniment reprises, je sens qu’il n’y a pas tellement d’inquiétude de nos contemporains sur ces mesures et sur les atteintes éventuelles aux libertés. »

Un bon podcast à écouter, réflexion dominicale sur l’avenir de notre démocratie. Je pense aussi que ce moment est grave et inquiétant. Et pas seulement au niveau de la France.

Cela ne veut pas dire que nous devions mettre en danger nos valeurs: Gardons notre Etat de Droit « où les pouvoirs sont partagés. » 

Bon dimanche chers Lectrices et Lecteurs, aujourd’hui jour d’élection législative..

@Fran75GB

Après Obama Care..la santé sous Trump

Photo iphone: The road ahead is going to be a tough one..

Extraits de l’émission, The Documentary du BBC World Service: « After Obama Care – Health under Trump »

Philippa Thomas raconte que quand elle a travaillé aux Etats-Unis pour BBC News, elle s’est rendu compte que le coût des frais de santé pouvait vous mettre sur le carreau.

En fait c’est la première cause de faillite aux Etats-Unis.

Et voilà que le premier décret de Trump, dans l’heure qui a suivi son investiture, c’est d’avoir aboli Obama Care.

Je suis révoltée, je ne m’attendais pas à mieux mais j’ai lu tout le discours ce matin, discours d’une démagogie infinie, promettant au peuple américain de faire ce que nul n’a fait avant lui, en lui redonnant le pouvoir etc.. Et le premier acte impopulaire, le premier crime contre l’humanité, contre la compassion a laissé une marque indélébile.

lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/p04py5dw

Philippa est donc retournée aux Etats-Unis et a discuté avec des patients:

Meena: »J’ai parlé au médecin et il m’a dit vous avez une tumeur. Je lui ai demandé de quel type de tumeur il s’agit, une tumeur maligne? Qu’est-ce que c’est? »

« Meena se souvient du moment où on lui a dit qu’elle avait le cancer à l’âge de 25 ans. » « Philippa Thomas est dans l’Etat de West Virginia et elle pose la question que va-t-il se passer si Trump révoque la réforme de la santé promulguée par Obama. »

Meena: « Il m’a dit sa taille, où elle était située et que c’était probablement une tumeur maligne. J’étais seule à la maison et c’était dur. Je faisais du footing tous les jours et ils m’ont dit c’est probablement une lésion due au footing, reposez-vous. Mais la douleur et l’inflammation ne partaient pas, alors..Quand ils m’ont dit vous avez bien fait de venir quand j’ai fini mon irm, j’ai tout de suite pensé que j’avais déchiré un ligament, jamais je n’avais pensé au cancer. Tous vos plans d’avenir s’envolent, le temps s’arrête. »

Philippa: » La famille de Meena avait pris une assurance sous le couvert de The Affordable Care Act, connu sous le nom d’Obama Care, loi votée en mars 2010. »

Meena: « Ma famille m’a dit que j’étais couverte par eux jusqu’à l’âge de 26 ans. Et j’ai bien eu besoin de cette assurance car j’ai eu 5 opérations, on m’a mis un genou artificiel, j’ai eu une année de chimio et beaucoup de médicaments..ça a coûté quelque chose comme 200 000 dollars. Mes parents s’en sont occupé car j’étais très tendue. Une fois j’ai vu le prix d’une de mes piqûres, il s’agissait de 2000 dollars et ça m’a choquée. »

Philippa: »Rien que le mot d’Obama Care a divisé le pays, est-ce que ça a changé vraiment quelque chose? Les opposants disaient que ce ne devait pas être un service procuré par le gouvernement.  »

Len Nicholls, professeur à George Mason University, en Virginie: » La première chose que je dirais à votre auditoire, c’est de se souvenir que les Etats-Unis croient en l’individualisme et le libéralisme économique, tout un chacun est seul. Nous n’avons pas la même conscience solidaire que l’Europe. Donc nous pensons que nous devons nous débrouiller seuls.

La plupart d’entre nous en fait obtiennent l’assurance médicale à travers leur employeur, ce qui est subventionné par notre code fiscal. La cotisation patronale et salariale pour l’assurance médicale n’est pas imposable. 70% d’entre nous obtiennent leur assurance médicale ainsi.

Aucun assureur ne veut couvrir quelqu’un qui est agé et malade, donc les retraités ont vu que ce marché ne fonctionnait pas pour eux. Par conséquent on a dit on va faire comme les Britanniques un système pour les personnes âgées, Medicare, qui d’ailleurs fonctionne bien pour les gens au-dessus de 65 ans et les invalides. Puis on a dit il y a des gens en situation de précarité qui n’ont pas les moyens de payer pour leurs soins, donc on a subventionné leur accès à l’assurance. »

Philippa: » Obama Care a subventionné 38M d’Américains qui passaient à travers le filet, les bas salaires. Avant Obama Care les assureurs faisaient ce qu’ils voulaient, arrêtaient leur couverture, choisissaient leurs soins etc.. »

Je vous laisse écouter le reste mais nous avons compris l’essentiel: 38M d’Américains vont se retrouver sans couverture médicale. Et je peux vous dire que je sais de source sûre que les assureurs avaient déjà commencé à manipuler la situation dès l’élection de Trump. Certains malades chroniques avaient reçu préavis de la suppression de leur prise en charge ou l’augmentation de leurs médicaments.

My heart bleeds..

Bonne soirée

Françoise                     @Fran75GB

 

 

 

 

Sans domicile fixe..

photo iphone: le ciel rosé

Tous les matins BBC Radio 4 a son « Today » comme nous avons « Les Matins » 

Le lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/p04gf12f

Qui me parlait des enfants volés en Angleterre, cela a toujours existé..

« Ce podcast était pour l’anniversaire du film « Cathy come home » un film de Ken Loach produit par la BBC en 1966, film qui avait secoué la Grande Bretagne à l’époque.. »Je vous conseille le documentaire « After Cathy » sur BBC Radio 4 (http://www.bbc.co.uk/programmes/b082hg9s)

« Des années après, 1 adulte sur 10 est sans domicile en Grande Bretagne. Et dormir à la belle étoile a doublé en 5 ans.. »

« Sarah Montague et la journaliste de la BBC Adele Armstrong ont suivi la vie de 2 sdf pendant un an. Stewart Parkinson habite dans un foyer pour sdf à High Wycombe et Zahra, institutrice, vit dans un hébergement d’urgence avec ses 2 enfants. »

« Zahra, ce n’est pas son vrai nom, car elle ne veut pas que ses collègues sachent ce qui se passe. c’est un cauchemar dit-elle et un grand choc en comparaison avec notre logement précédent. C’est tout petit, surpeuplé, et en tres mauvais état. »

SM: « Vous louiez une grande maison avec 3 chambres à coucher, un jardin et vous êtes rémunérée selon la moyenne nationale, £25,500 par an. »

Non mais elle rêve si elle pense que l’on peut vivre avec ce montant.. quand je pense que je dirigeais le département de langues dans une comprehensive school,que les impôts m’enlevaient 35% de mon salaire de £32,000 et que je devais louer mon appartement, donc je donnais en plus des cours du soir la semaine, et le samedi matin et je faisais du baby-sitting le week-end..life in London..

« Zahra se sent coupable pour ses enfants, elle a écrit un journal audio pour l’émission.Quand elle va au travail, elle échappe à son quotidien, personne  ne le sait pas. Elle est à l’école. »

SM: « Stewart Parkinson vous aviez une belle carrière, puis vous avez subi une dépression à Noel? »

« Stewart a toujours eu une carrière commerciale et subvenait à ses besoins. Puis il a été un travailleur humanitaire en Afrique dans les zones de guerre en Irak, Afghanistan. Et quand je suis rentré,je pensais que je pourrais reprendre ma vie mais je n’ai pas pu oublier ce que j’avais vu. Les médecins ont diagnostiqué un syndrome post-traumatique aigu. Je n’avais pas compris les implications, on apprend à faire avec mais on ne guérit pas. Malheureusement quand j’ai demandé de l’aide on m’a dit que la liste d’attente était de 4 ans. Alors j’ai craqué. je ne pouvais pas me lever, travailler, subvenir à mes besoins et meme aller à la municipalité demander de l’aide. »

SM: « Et vous aviez épuisé l’aide de la famille et des amis. Vous êtes maintenant dans un foyer pour sans abris. »

« Stewart raconte que suite à son diagnostic, il a été classé comme invalide à 100% et donc la municipalité devait l’héberger. Au début ils l’ont mis temporairement dans un bed and breakfast, puis dans ce foyer dont les résidents sont pour la plupart des ex-prisonniers. Ce n’était pas approprié mais ils n’avaient rien d’autre à lui proposer. Stewart a été choqué parce qu’il croyait qu’il y aurait un système mis en place pour les invalides et qui lui apporterait de l’aide. »

« Les deux ont tout essayé, les associations, emprunter de l’argent, et finalement se sont adressés à la municipalité, Zahra est 450e dans la queue pour obtenir un HLM. Stewart dit qu’il n’a aucune chance de reprendre le cours normal de sa vie. »

Si triste..et après nous entendons des hommes politiques dire que ces gens sont des assistés etc..

I am one that believes that the State has a duty of care, je pense que l’Etat a une obligation de diligence..Hier encore j’entendais que les habitants de l’immeuble de St-Denis, celui où se cachaient les terroristes, n’ont pas été relogés..après un an..Il y a une Cathy, une Zahra, un Stewart chez nous aussi..

Bon Vendredi!!!

Francoise

@Fran75GB

 

 

 

Pauvreté et soupe populaire au Royaume Uni et en Europe..

Photo: Food Bank Trussell Trust

D’apres Thinking allowed, « Food bank Britain and Food poverty in Europe », @BBCRadio4, le 20 Juillet 2016, présenté par Laurie Taylor. Invités: Kayleigh Garthwaite, Leverhulme chercheuse au Centre for Health and Inequalities Research , Université de Durham ; Stewart Lansley, Economiste,Université de Bristol;  Owen Davis, Université du Kent.

Lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b07krdvv

Au moment où l’on parle du Brexit , de la richesse européenne des uns et des autres, des chaussures et de la fermeture éclair de la robe de Theresa May, on oublie la précarité, on oublie que de nombreux citoyens doivent aller faire leurs courses aux Restos du Coeur ou l’équivalent en Angleterre et ailleurs. Cette émission nous en parle.

Laurie Taylor: » 1 million de personnes ont faim et fréquentent ces soupes populaires et supérettes des associations caritatives. »

Kayleigh Garthwaite: » A Stockton c’est une réalité et cela affecte l’espérance de vie de nos citoyens, il y a une différence de plus de 17 ans entre un homme qui vit dans le centre ville et un homme qui vit en dehors de la ville. Pour les femmes il y a une différence de plus de 11 ans. »

« Les gens accèdent le service du Trussell Trust avec un coupon rouge donné par un professionnel de la santé, le Citizen Advice Bureau, leur médecin traitant ou assistant social. Le choix de nourriture est équilibré et décidé par un diététicien, 3 choix de repas jusqu’à un maximum de 3 fois pendant une période de crise. On vous donne des céréales, des baked beans, des boites de conserve comme de la viande ou du poisson en conserve, des jus, du sucre, du café par exemple. 90% de la nourriture vient de donations publiques. Ils sont partenaires avec le supermarché Tesco, il y a des gens qui viennent et laissent un billet de 20 livres. »

Je me souviens que quand je travaillais comme éducatrice spécialisée pour les services sociaux, mon mari et moi nous étions responsables d’un cottage de 9 enfants à l’époque, et le samedi c’était la fête, le supermarché Marks & Spencer nous apportait tous ses invendus. Je ne sais pas s’ils le font toujours je crois que pour ce qu’ils appellent Health and Safety ils sont obligés de jeter les choses qui ont dépassé la date puis de nos jours ils sont ouverts le dimanche.

Kayleigh Garthwaite: »Les gens ne deviennent pas accros aux donations de nourriture comme les médias peuvent le laisser entendre avec l’assistanat etc..J’ai vu les mêmes gens venir deux fois au maximum et j’étais là tout le temps. Quelquefois les gens qui venaient, avaient reçu des sanctions des services sociaux ou de Pole Emploi et ne recevaient pas leurs allocations, par exemple s’ils avaient fait des dettes ou s’ils n’avaient pas rempli leur formulaire de recherche d’emploi. Les sanctions étaient sévères, j ai parlé à un homme qui avait été sanctionné parce qu’il avait emmené sa mère à la chimio, un autre qui avait été sanctionné parce qu’il était parti en formation, envoyé par Pole Emploi donc il y avait souvent des erreurs commises. »

« Les gens pouvaient faire des demandes d’indemnité de subsistance mais souvent ils n’étaient pas au courant. Les gens ne prenaient pas plaisir à se rendre à l’association, ils avaient toujours l’air gêné ou avaient honte. Ils y venaient en dernier ressort. Mais une fois qu’ils étaient là, ils ne se sentaient pas aussi humiliés, souvent ils reviennent comme volontaires ou viennent prendre une tasse de thé de temps en temps. »

 » Les médias ou certains mal intentionnés racontent que des alcooliques ou des drogués viennent prendre la nourriture et la revendent pour leur addiction. Je pense que ces gens-là s’ils souffrent d’ un tel problème ce n’est pas une raison pour les priver de nourriture.  »

Laurie Taylor à Stewart Lansley:  » Il y a eu toute cette propagande autour des soupes populaires et D. Cameron a dit qu’il y avait un accroissement des fréquentations à cause de la publicité qui leur était faite. Qu’en pensez-vous? »

Stewart Lansley: » Non il y a un besoin réel car les gens manquent d’argent. La grande majorité des gens qui y vont sont évalués et c’est seulement après évaluation que l’on leur donne le coupon rouge. Apres la crise de 2008, il y a eu une forte récession qui a entraîné une grande pauvreté. C’est seulement les derniers mois que les choses se sont améliorées. Même chez les jeunes qui travaillent les choses restent difficiles. Ils touchent 6 ou 7% de moins de revenu qu’avant 2008. Le logement prend la moitié des revenus. »

« Le Big Bang de la coalition a voulu réduire les allocations et punir les gens, les chômeurs. Ils sont punis entre 3 mois et 3 ans et 50% de ces chômeurs n’ont pas d’autre revenu. Ils font appel mais cela peut durer des mois. Nous remarquons que le niveau de vie est tiré vers le bas au Royaume Uni. Les gens sont plus pauvres que par le passé. Les soupes populaires font maintenant partie du paysage social comme aux E-U ou au Canada. Le gouvernement abandonne les gens à leur sort. Il y a une institutionalisation de la distribution de nourriture par les associations caritatives, nous retournons aux années 30. En dépit de la création du salaire minimum nous savons que beaucoup de gens reçoivent moins que le salaire minimum. »

Je suis écœurée..Quand on pense que les riches deviennent de plus en plus riches, que les chômeurs sont humiliés et stigmatisés, que le niveau de vie des classes défavorisés a reculé, que le système social est revenu aux années 30 où les gens doivent mendier auprès des associations caritatives pour survivre. Ce n’est pas surprenant que Jeremy Corbyn et une gauche plus radicale répondent aux questions de la population. En attendant le Brexit et Theresa May, dont le mari travaille à la City pour un Hedge Fund, ne vont pas arranger les choses pour les plus démunis de Grande-Bretagne.

Owen Davis parle de l’insécurité sociale et du manque de nourriture, de famine dans le reste de l’Europe: » Nous avons regardé le mode de vie en Europe et nous nous sommes demandés si les gens pouvaient manger de la viande, du poulet ou du poisson ou un repas végétarien un jour sur deux ou si vous avez manqué de nourriture pendant l’année qui précède. Les statistiques montrent une relation entre le régime social du pays et la famine. Ils ont fait plusieurs groupes la Grande Bretagne et l’Irlande, l Europe du Nord, du Sud et de l’Est. En Grande Bretagne et en Irlande l’insécurité sociale et la famine ont doublé.  »

Chers Lectrices et Lecteurs je vous ai transcrit tout le podcast tellement il me semblait important car on nous brandit des modèles et on nous raconte des mensonges.

Laurie Taylor nous dit qu’il y a une résistance des autorités à admettre que ce soit vrai. Ils préfèrent colporter des mensonges sur les chômeurs et dire que ce sont des fainéants qui traînent au lit une partie de la journée devant la télé.

Stigmatisation!

Bon samedi!

Francoise

@Fran75GB

 

 

Theresa May 2e partie

The Newsroom émission du @BBCWorldService : http://www.bbc.co.uk/programmes/p040bcbs#play

 » Elle a 59 ans. C’est la fille d’un pasteur. Elle a été élevée dans le Oxfordshire. Elle se considère comme un ministre « no thrills » (sans fioritures). Ce n’est pas le genre de femme que l’on voit au bar avec des journalistes. Elle ressemble à Angela Merkel. » Rob Watson à Westminster.

Le politologue John Pienaar présente une émission sur le profile de Theresa May et pose des questions à divers interlocuteurs. http://www.bbc.co.uk/programmes/b07m52n9

Tim: « Elle a rejoint le parti conservateur jeune à l’age de 12 ans et son père, pasteur, lui avait interdit de faire campagne dans sa région car il ne voulait pas associer politique et religion. »

Jenny: » J’espère qu’elle va remplir ses promesses. Je n’avais aucune idée qu’elle avait ces idées politiques. Je n’ai pas trop aimé sa politique sur la chartre du Snooper et le ton qu’elle a employé dans son discours sur l’immigration en automne dernier. Elle a fait des réformes radicales au Ministère de l’Intérieur, taclant la corruption dans la Police, la violence domestique, l’esclavagisme moderne, les mutilations. »

James:  » Une femme politique très sérieuse. Elle est devenue député à 40 ans, ce qui est relativement tard en comparaison avec David Cameron ou Tony Blair. Quand elle était étudiante à Oxford, elle a dit qu’elle voulait être premier ministre. Elle travaille dur. Pour survivre au Ministère de l’Intérieur pendant 6 ans il faut avoir les épaules car son prédécesseur n’avait duré que 2 ans. Et d’autre part elle a ce coté visionnaire, sur toute la question de Stop and Search (le contrôle au faciès) par exemple. »

Des bribes d’itw passés: Elle a été contre le Human Right Act ( la Charte des droits de l’homme) pour déporter les gens qui représentaient une menace pour le pays: « Celui qui ne peut pas être déporté parce qu’il a un chat, un animal familier, c’est pour cela que nous devons annuler the Human Right Act. »

Chris: »Nous avons été activistes ensemble. Elle est très déterminée. Elle a un sens de l’humour, de l’auto-dérision. Elle est très connue pour ses chaussures. Elle négocie dur et on en a besoin. »

« Elle n’aime pas les questions frivoles. Elle approche la politique comme la fille d’un pasteur. Elle sait maîtriser l’assemblée. »

George, son aide l’adore. Elle écoute, elle peut changer mais une fois qu’elle a décidé le cours des choses elle ne change plus. Elle a un moral d’acier comme pour Hillsborough.

Vince Cable:  » mon souci serait sa rigidité, son besoin exagéré de contrôle, le manque de souplesse dont on a entendu parler par ses collègues dans son cabinet. Elle n’est pas pour les cliques, c’est une professionnelle. C’est une vraie conservatrice. »

Je vous conseille la suite..cette nouvelle dame de fer ou reine de glace comme les medias l’ont appelée..ma conclusion: not my cup of tea either..

Francoise

@Fran75GB

 

Theresa May..Mayday Mayday (1ere partie)

NDLR: On emploie Mayday pour SOS 

J’ai voulu en savoir plus sur Theresa May, j’avais de vagues souvenirs qu’elle s’était mis la police à dos quand elle était Ministre de l’Intérieur..j’ai fait le tour des émissions de la BBC pour en savoir plus..

A commencer par BBC Radio London, leur émission le téléphone sonne le soir avec Duncan Barkes qui pose les questions suivantes aux auditeurs:

http://www.bbc.co.uk/programmes/p03zw4nx#play

« Quand Theresa May parle de construire un monde meilleur en Grande-Bretagne, quelles devraient être ses priorités?  »

« Les autres partis veulent une élection législative vu ce qui se passe dans le pays? Qu’en pensez-vous? Voulez-vous une élection? »

Il en profite pour se moquer un peu de la petite chanson de Cameron, tout le monde veut savoir pourquoi il chantonnait..

« Anita veut que les choses se passent vite, elle espère qu’on sortira vite de l’ UE parce que Juncker et Merkel attendent Theresa May au tournant. Nous ne voulons pas le deal de la Suisse ou de la Norvège, nous voulons un système de points comme le font les Australiens. Aussi ce sera dur de dire à Bruxelles que nous n’allons pas leur payer leurs milliards. Nous devons récupérer notre argent. Ils vont tout faire pour garder leur argent avec lequel ils veulent continuer de vivre dans le luxe, tous ces membres du parlement européen. Ce sera une dure tache. Ce pauvre David Cameron n’y est pas arrivé. On va continuer à faire du commerce avec eux mais on ne va pas leur payer tous ces milliards. Oh no no no… »

Je suis pliée en deux, Anita qui a avalé toute la campagne populiste des medias et autres Brexiters et voilà qu’elle nous ressort le tout. Well Well..

Duncan Barkes lui rappelle que Ken Clarke off the record avait décrit Theresa May comme une « bloody difficult woman » (une femme vachement difficile)

Puis Anita continue sur sa lignée anti-immigration: »Et nos jeunes qui ont du mal à trouver du travail à cause de la Commission qui a donné à tous les jeunes Européens £1000 pour venir en Angleterre et ceci depuis 2 ans. Voilà pourquoi nos étudiants ne peuvent pas trouver de mi-temps ou de travail le samedi, ou des petits boulots de vacances. »

Je suis partagée entre le rire et la tristesse, comment peut-on dire de telles énormités et les croire..et les croire..nous avons des Anita en France, chez les électeurs du Fhaine probablement et même chez les Républicains, ceux qui ont usurpé le nom de la République, copié les Américains et ne sont que de maigres copies de Trump..

Duncan Barkes lui dit que les Anglais ne veulent pas faire ces petits jobs et elle répond: » Il y a eu un sondage. Ces cafés n’emploient aucun Anglais que des étrangers.  » DB  » Ce serait illégal.. » Anita: » Eh bien c’était un sondage et c’était à la radio. » DB: » Ah si c’était un sondage et à la radio ce doit être vrai. »

Toujours un ton respectueux Duncan Barkes, la meilleure réponse à mon avis: Prendre ces gens au sérieux..

Francoise

@Fran75GB

 

Drinkies..

D’après Thinking Allowed, 1st June 2016, BBC Radio 4, « Ale drinkers and Northern Accents »

Lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b07cx2cq

photo: thekiwihaslanded.com

« Laurie Taylor parle avec Thomas Thurnell-Read, Professeur de Cultural Sociology à the University of Loughborough.

Quand on va à un festival de bières comme the Octoberfest , il s’agit de déguster différent types de bières et de rester sobre. Le sociologue a fait une recherche sur les buveurs de bières. Ils boivent une grande quantité de bières mais ne perdent jamais le contrôle.

C’est une passion et un passe-temps, les buveurs de bières sont des connaisseurs, ils recherchent les nouvelles brasseries et les styles de bières qui les intéressent. Certains d’entre eux sont des étudiants mais pas tous. Il y a peu de femmes surtout des hommes de 18 à 70 ans.

Aller au pub en Angleterre est un acte culturel et social, le soir après le travail ou le vendredi pour fêter la fin de la semaine. Les habitués connaissent le patron et l’identité régionale du pub et de la brasserie. Manchester est considéré comme une ville où l’on boit de la bonne bière. Les médecins anglais recommandent un maximum de 21 unités d’alcool et la plupart de ces  passionnés de « real ale » ou bière authentique, faite maison par une brasserie qui met de la bière en fûts dépassent largement le nombre d’unités. Ils ne se considèrent pas comme des alcooliques. »

Etes-vous un buveur de bière, un connaisseur? Avez-vous fait un tour dans les pubs anglais? A vous de raconter votre histoire dans les commentaires ci-dessous. 

« La deuxième partie de l’émission étudie les accents du nord. Dans le temps on prenait des leçons de diction si on voulait « arriver ». Laurie Taylor qui venait de Liverpool et voulait faire du théâtre a fait 9 trimestres de leçons de diction! Il s’adresse à Alex Barrata, professeur de Linguistique à l’ Université de Manchester. Ce dernier a découvert qu’il y a des professions qui ne tolèrent pas les accents régionaux. Ils sont rejoints par Paul Kerswill, professeur à  l’Université de York.

Souvent les universitaires disent aux professeurs de garder leur accent mais de ne pas avoir un accent régional prononcé. Plus d’un tiers des professeurs interrogés pensaient qu’ils avaient perdu de leur identité, de leur personnalité. Il n’y a rien d’écrit dans le règlement officiel. Par exemple un professeur des Midlands qui va enseigner dans le sud de l’Angleterre aura du mal à être accepté par les élèves. « Bath, Bus » peuvent être prononcés différemment.

Quand Laurie Taylor insiste sur le fait que nous avons tous 2 accents, son accent professionnel à  la BBC et quand il rentre à  Liverpool il prend son accent « scouse ». Il se demande si cette discrimination scolaire affecte les professeurs. Alex Barrata répond que la plupart des professeurs interrogés disent qu il y a le moi de chez soi et le moi au travail. En linguistique on dit souvent que l’on a des identités linguistiques multiples qui changent selon le contexte. Mais être obligé à parler avec un certain accent pour des raisons professionnelles c’est une forme de discrimination. »

Qu’en pensez-vous chers Lectrices et Lecteurs? En ce qui me concerne oui j ai cette empathie..c’est un automatisme..il ne manquerait plus maintenant que je parle avec l’accent du Canton de Vaud^^..

Bonne soirée!

Francoise

@Fran75GB

 

La maison où j’ai grandi..

Une émission des archives de BBC radio 4  » The house I grew up in », le 15 septembre 2009

Lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b00mk6dl

J’ai choisi Erin Pizzey qui avait ouvert des refuges pour les femmes battues au début de les années 70 en Angleterre, je l’écoutais souvent à la radio, ça m’avait marquée.

« Elle avait ouvert Chiswick Women’s Aid pour être entre femmes et un jour une femme battue et dans un triste état Cathy est entrée et ce fut le début du refuge.  »

Je vous conseille ce lien: http://www.refuge.org.uk/history/

« A cette époque, la maison ne devait contenir que 36 personnes et il y avait plus de 120 femmes et enfants. Le principe d’Erin Pizzey c’était de garder la porte ouverte. Elle a eu une enfance difficile et on lui a posé la question il y a plus de 30 ans et elle ne voulut pas lui répondre. »

« Elle a grandi dans le Dorset de l’après-guerre, sa mère l’avait achetée elle avait 13 ans. Il y avait une rivière, c’était une très belle maison confortable mais cela ne veut rien dire quand on vit avec des parents très violents. J’étais captivée par la vision que ma mère  avait de cette maison mais nous vivions avec un père violent qui était avare et toujours en train d’économiser pour des jours meilleurs. Ma mère gardait espoir que cette maison  serait le symbole d’une vie familiale harmonieuse. Erin y passa 4 ans jusqu’au décès de la mort de sa mère du cancer.

Elle était née en Chine où son père travaillait au consulat jusqu’à ce que la seconde guerre mondiale éclata. Sa mère était petite, mignonne mais froide et incapable d’affection. Elle avait hérité beaucoup d’argent et emmena mon père en voyage de noces autour du monde emportant 40 valises.

EP « Mon père fut très impressionné. Nous avons été capturés par les Japonais et nous avons pris le dernier bateau qui quittait la Chine. Nous avons fini en Afrique du Sud. Je pense que j avais 5 ans et je me suis rendue compte que ma mère ne m’aimait pas et ne m’avait jamais aimée. Je ne l’aimais pas non plus. »

« Je me souviens qu’elle perdait son contrôle et me battait. Un jour j’étais au Canada et j’étais assise sur les marches extérieures à distribuer des dollars aux gens qui passaient parce que je me sentais horriblement seule et je voulais me faire des amis et une de ses relations lui a raconté, alors elle m’a emmenée dans la maison et m’a vraiment battue puis m’a remise sur la marche et m’a dit j’ai appelé la police ils vont venir te chercher et tu ne nous reverras plus. Et elle m’a laissée là des heures  dans le noir et j’étais soulagée je me disais comme ça je ne la verrais plus. »

« Erin a fini par échapper à sa mère à l’age de 9 ans elle était avec sa sœur jumelle. Elles furent mises en pension en Angleterre alors que ses parents retournèrent en Chine et furent victimes de la guerre civile, assignés à résidence. Elles les revirent 3 ans plus tard. »

« Puis elle parle de sa période en pension et rencontre son amie d’enfance Kate. C’était un couvent à leur époque. Et les 2 amies parlent de leur enfance pendant qu’elles visitent à nouveau la pension. Et la mère supérieure était odieuse avec elle parce qu’elle était dyslexique et la faisait manger dehors puis les cent vingt filles qui mangeaient dans la salle devaient passer devant elle en silence. Mais elle ne se laissa jamais abattre, ce fut sa guerre intime avec Mère Eleanor parce que, explique-t-elle, si tu as une mère qui te bat comme ma mère me battait que pouvait-elle me faire de plus? »

 » Et pendant les vacances nous allions à St Mary’s, il y avait 40 enfants, garçons et filles, on avait un pique-nique et on pouvait faire ce qu’on voulait. J’adorais aller à Lyme Regis nager, ou jouer aux cartes. J’étais difficile mais parce je la respectais qu’elle était sereine et elle me parlait calmement et me faisait faire la vaisselle comme punition si je le méritais. J’ai appris à l’aimer et j’étais une enfant violente.

« Je dois dire que je n’ai jamais eu peur des hommes qui venaient au Refuge nous menacer et même certaines femmes étaient violentes, il s’agissait de protéger les enfants. »

« Quand la mère est rentrée, elle a essayé de construire une vie normale avec ses filles et ne les a jamais plus battues. Elle a passé des heures à parler avec sa sœur mais elle n’était jamais invitée.  »

« Elle a essayé de faire une boum et d’inviter ses amis de St Mary’s, et leur a posé tant de questions du genre tu viens d’où etc..elle était très maniaque. Elle ne voulait pas que le père rentre à la maison et il la harcelait mais il ne l’avait jamais battue. Et elle se rappelle que quand il lui avait demandé de lui faire un câlin et elle alla dans la cuisine chercher un couteau et s’il avait approché sa mère elle l’aurait tué. »

 » Quand sa mère mourut dans la maison de repos, le père la ramena à la maison, il ne voulait pas l’enterrer, elle essaya de lui demander quand vas-tu enterrer Maman. Mais tout le monde le savait dans le village, le docteur etc mais personne ne voulait les aider. »

« Une fois que sa mère fut enterrée Erin partit à Londres et n’était pas une féministe comme on l’avait dit et elle pense toujours que la meilleure chance pour un enfant est une famille unie. Erin a beaucoup de respect pour les femmes, mais elle pense que les femmes ont perdu leur chemin, elle pense que c’est une tragédie quand la mère ne peut materner son enfant. »

Quelle vie mes amis et quelle chance de pouvoir se montrer bienveillante après tant de souffrance personnelle dans cette famille plus que dysfonctionnelle.

Je me souviens que j’étais féministe quand j’ai divorcé, disons que je fréquentais ce groupe de femmes, nous étions dans le Surrey à l’époque et chacune apportait quelque chose à manger et on passait des dimanches toutes ensemble dans cette superbe maison aux abords d’un National Trust park dont je ne me souviens plus du nom, surement pas loin de The Arboretum. Ce fut un moment important de ma vie, ce soutien et respect mutuel. Puis je les ai perdues de vue avec le travail et le déménagement en Suisse.

Je dois dire que nous avions des discussions sur le rôle de la famille et moi aussi comme Erin Pizzey j’avais rêvé d’une famille unie et d’une vie harmonieuse ,ce qui fut loin d’être le cas. Je pense que j’ai été et je suis toujours aimée par mes parents, mais il y avait et il y a toujours des conditions à remplir. Aucun enfant ne devrait vivre ainsi.

Et voilà pour ce dimanche loin d’être serein, qui m’a fait choisir inconsciemment l’histoire d’une femme close to my own heart.

bonne soirée chers Lectrices et Lecteurs

Francoise

@Fran75GB