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A qui appartient la culture?

Start the Week de la BBC Radio 4  du 15 février 2016

lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b070cnxv

Photo: British Museum.

« Les Musées sont anxieux de nos jours parce que les œuvres d’art appartiennent dans leur pays d’origine. Or, comme l’explique Tiffany Jenkins dans son livre: Keeping Their Marbles: How the Treasures of the Past Ended Up in Museums … and Why They Should Stay There..Elle pense qu’il ne devrait pas y avoir de rapatriation d’œuvres d’art, qu’il y a de plus en plus de demandes de pays qui voudraient récupérer ce qui leur appartient de droit, puis il y a ce sens de la culpabilité, ainsi on effacerait la souffrance de la colonisation. »

Petit jeu de mots de Tiffany Jenkins, to keep your marbles c’est garder toute sa tete mais dans le cas présent le British Museum veut garder les Elgin Marbles, acquis par Lord Elgin et qui appartiennent au Parthénon. A lire: http://www.britishmuseum.org/about_us/news_and_press/statements/parthenon_sculptures/facts_and_figures.aspx

« Certains musées pensent en effet qu’ils devraient  rendre les œuvres à leurs propriétaires. Comme le British Museum, Le Louvre se pose les mêmes questions éthiques sur les œuvres romaines ou italiennes. Selon Tiffany aucun objet n’appartient où il a été créé, si vous regardez votre maison tous les objets ont été achetés ou importés. »

C’est aller chercher un peu loin non?, les objets achetés pour la maison n’ont pas été saisis au cours de conquêtes. Il y a certaine supériorité occidentale qui dit que les œuvres seront plus exposées donc connues dans un musée de réputation internationale que dans une ville obscure de Tanzanie..d’un autre coté j’imagine la perte financière si le Louvre rendait la Joconde! Donc il y a le sentimental et le national d’une part et les gros sous de l’autre..

« Waldemar Januszczak est un critique d’art et est concerné par la Renaissance, The Renaissance Unchained. Il défend le point de vue opposé, pour lui garder les marbres d’Elgin serait une fraude du début jusqu’à la fin.

Meme Lord Byron s’est opposé au transport des sculptures et au fait qu’elles ont été polies et blanchies..

« Dull is the eye that will not weep to see

Thy walls defaced, thy mouldering shrines removed

By British hands, which it had best behoved

To guard those relics ne’er to be restored.

Curst be the hour when from their isle they roved,

And once again thy hapless bosom gored,

And snatch’d thy shrinking gods to northern climes abhorred! »

Ellen McAdam est la directrice du Birmingham Museums Trust. Quand elle était à Glasgow elle a eu plusieurs réclamations et les propriétaires ont décidé de les laisser au musée.

Mais on ne peut contester qu’il y ait eu du pillage de la part des Britanniques dans ce cas.  Ainsi on peut trouver les Bronzes du Bénin dont plus de 200 pièces sont au British Museum dans d’autres pays également comme l’Allemagne et les Etats-Unis.

bronze

photo wikipedia

« L’origine de ces objets est disputée, on peut dire qu’ils appartiennent au pays concerné de la même façon que les populations tenues en esclavage à  l’époque pourraient aussi les réclamer. »

 » Comme conclut Ellen Mc Adam, il y a débat et discussion et ceci est déjà un pas. »

« Quant à  Waldemar, la vraie discussion c’est à quoi servent les Musées, pourquoi va-t-on au Guggenheim à  Bilbao ou a la Tate Modern Gallery?? »

« Ellen Mc Adam défend la cause du musée local qui est le garde de la culture locale. »  » Alors que Tendai Huchu, romancier, nous explique le pouvoir du conservateur de musée et l’influence politique que peut avoir un musée. »  » Certains musées ont fermé parce qu’ils n’ont pas pu changer de direction et confronter l’histoire. »

Conclusion: On ne peut avoir une seule définition d’un musée, quelle est la vôtre? Devrait-on rapatrier les œuvres dans leur pays d’origine, comment peut-on partager l’Histoire?

Françoise

@Fran75GB

L’INVITÉ DE LA DISPUTE: JEAN-JACQUES BEINEIX 2.

Mercredi, les choix Arts Plastiques de J-J Beineix.

Photo:devoir-de-philosophie.com

le lien: http://www.franceculture.fr/emissions/l-invitee-de-la-dispute/les-choix-arts-plastiques-de-jean-jacques-beineix

Nous y apprenons que « J-J Beineix était un auto-didacte. Il avait fait des études médicales, ce qui ne le prédisposait pas au cinéma, toutefois il se considérait comme un humaniste et peignait les gens pour les connaître. Il pense que nous sommes dans une époque purement comptable, plus de latin, plus de grec, plus d’histoire, on regarde les choses par le petit bout de la lorgnette, on marche sur la tête. »

Ah que je suis d’accord, moi qui ait fait des études de latin grec et me sens privilégiée d’avoir eu accès à tant de connaissance dans un lycée public sans pourtant me sentir élitiste. Au contraire humble de pouvoir comprendre le « Gorgias » de Platon en terminale après des années d’étude, de lire le dialogue entre Socrate et Gorgias sur la Rhétorique. Ainsi nous voyons nos hommes politiques manier les discours pour persuader et séduire. Je vous laisse tirer la conclusion qui point à l’horizon..

Jean-Jacques Beineix nous offre un grand moment de philosophie: « J’ai fait des films pour me projeter dans des univers et au fond c’est la machine à remonter le temps, c’est une façon de regarder autre chose que la réalité. La réalité nous est projetée en permanence dans la figure, à chaque instant. En plus c’est une réalité augmentée. C’est une réalité scindée, une réalité de laquelle on a enlevé, comme le lait on lui enlève ci on lui enlève ça alors ça devient un liquide avec quelques propriétés vagues mais surtout facile à mettre en boite et à conserver. Donc la pensée c’est la même chose, c’est ce formatage, ce sont ces journaux télévisés qui vous présentent la réalité, mais une réalité qui a été gonflée aux amphétamines, au captagon et qui dit tout sauf tout le reste, c’est-à-dire les silences, les vrais moments de souffrance ou d’appel. »  

Oui que savons-nous de la réalité que l’on nous présente..je reste sceptique devant la médiatisation de la réalité politique. Tout est sélectionné pour mener à un objectif. Je m’en remets à l’honnêteté du journaliste, ainsi je choisis la presse et la radio car je peux lire et écouter à travers les lignes; les images, elles, sont lourdes de sens et de raccourcis.

self-portrait-1938 suzanne valadon

Self-Portrait – Suzanne Valadon

wikiart.org

Jean-Jacques Beinex continue: »La façon de se sortir de ça, c’est de retourner vers l’art, c’est-à-dire des gens qui prennent le temps de dessiner, de peindre, d’aimer, qui se consacrent uniquement à leur art, c’est le cas de Suzanne Valadon, en plus une femme dans une époque où la peinture c’est les hommes…les femmes ont le droit de rien faire..grand féministe devant l’Éternel, je suis intéressé par Suzanne Valadon……elle pose pour Toulouse Lautrec, elle pose pour Renoir. »  Puis il nous raconte une anecdote dont la conclusion m’a fait sourire: « Suzanne Valadon a eu une anecdote très brève avec Erik Satie, jeune homme en vert qui avait un costume vert éternel, il a écrit 3 variations qui s’appellent « Vexation » après avoir été jeté, c’ est une auto-flagellation, qui doit être jouée 758 fois. Je pense que si on la joue les 758 fois on ne doit plus être le même à la fin! »

Ainsi je me dis que quand j’écoute Jean-Jacques Beineix dans La Dispute d’Arnaud Laporte, je ne suis  plus la même a la fin..

Je vous laisse commenter chers lectrices, lecteurs sur le jeu Art/Réalité dans les médias, dans le monde..sur l’histoire et ses langues. Personnellement j’ai toujours pensé que nier l’histoire, nier la connaissance est non seulement une forme de totalitarisme mais également un mépris pour les apprenants pour lesquels on fait une sélection préalable comme si eux ne pouvaient être responsables de leur choix. Puis il y a le prix de la connaissance évidemment, on sélectionne les enseignements pour mieux réduire les budgets, double mépris..quant à l’Art, à chacun ses mots, ses actes, sa liberté pour l’exprimer..

Françoise

@Fran75GB

 

 

 

 

Au commencement

Si dessiner est mon métier, la couleur a une place particulière dans mon travail. Il va sans dire que je ne rate pas une émission ou Michel Pastoureau en est l’invité. Pour en venir à la radio. Écouter France-Culture est pour moi, une fenêtre, une ouverture sur le monde. Bien entendu, ce n’est pas la seule, mais elle presque exclusivement la une source d’informations, et de terrain de jeux pour mon travail.

J’ai commencé a écouter France-Culture du matin en 2005, déçu de ce qu’était devenue une autre radio de Radio-France. Deux ans plus tard alors que j’écoutais les grandes traversées de l’été j’ai eu le bonheur d’apprendre l’existence d’Ingrid Jonker une poétesse Sud africaine et d’enchainer entre 2008 et 2015 tout un travail artistique et de commandes sur sa vie, son œuvre et la région du Cap.

Quelques années plus tard, Twitter a fait son entrée dans ma vie ; la radio allumée, je découvrais avec un certain plaisir un petit groupe d’auditeur sous l’étrange #TEAM. Comme l’ouverture en direction des autres auditeurs était de mise, j’ai pris ma petite place sur la toile et me voici ici.

Pour ouvrir mon premier post­ et pour citer Michel Pastoureau, je dirais que la première des couleurs qui me vient à l’esprit pour France Culture est la couleur verte et sa jeunesse.