Archives pour l'étiquette Economie

La Matinale du Samedi comme souvent..

photo iphone de ma fille: Les vignes..

Nous apprenons tous les jours..enfin moi qui ne suis pas économiste en tout cas..je m’y attache..tant de choses à découvrir..

Extraits et Commentaires de l’itw de Philippe Askenazy. Emission de Caroline Broué sur France Culture.

Philippe Askenazy fait partie des Économistes Atterrés.

Lien: https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-idees-de-la-matinale/philippe-askenazy-quelles-mecaniques-en-jeu-derriere-le-cas

Sur la visite à Whirlpool..

Philippe Askenazy: »..pour beaucoup de candidats la question de la désindustrialisation de la France était une question du passé, au sens que quantitativement, le gros de désindustrialisation a eu lieu dans les années 1970-1980 et on est en quelque sorte, non pas que c’est mineur, mais dans une situation de queue de comète où il n’y a plus que quelques territoires qui sont concernés, mais pour ces territoires c’est extrêmement douloureux, extrêmement grave.Et donc lorsqu’on regarde en masse d’électorat dans une économie qui est extrêmement tertiarisée, il pouvait y avoir le sentiment que la question était devenue secondaire.

Alors je pense que la question de Whirlpool n’est pas tant une question de l’industrie que effectivement une question des territoires, parce que pour le coup, on a des dynamiques que l’on voit dans l’ensemble des pays avancés de divergences territoriales au sein même des pays. On a des territoires dont la richesse ne cessent de croître, où les difficultés d’emploi sont relativement limités et puis d’autres qui sont soit en stagnation soit en situation de déclin. Donc je crois que c’est plutôt une problématique territoriale qu’une problématique de désindustrialisation même si en soi il faut bien comprendre quels sont les mécaniques qui sont en jeu derrière le cas Whirlpool.

Quand je pense que le secteur tertiaire, (c’est-à-dire l’ensemble des activités professionnelles de service comme le commerce, l’administration et l’information) a donc pris le dessus depuis déjà 37 à 47 ans et on a laissé le chômage s’accumuler durant toutes ces années au lieu de prévoir et d’encourager l’éducation des jeunes et la formation professionnelle pour éviter cette crise de l’emploi.

C’est vraiment un manque d’intelligence politique ou cela est une négligence voulue car l’appât du gain et du pouvoir malheureusement domine dans notre démocratie actuelle.

Caroline Broué: » C’est quand même des mécaniques de délocalisation..une question de l’Europe? »

Philippe Askenazy: » Je ne sais pas si c’est vraiment une question de l’Europe. Il y a 3 ans Whirpool a acheté Indesit qui était un leader italien de l’électroménager et ils se sont retrouvés avec des usines partout en Europe. Et donc on a plutôt que la problématique de « C’est l’Europe, la concurrence qu’il y a à l’intérieur », le résultat de cette fusion, c’est-à-dire qu’on est plutôt dans les mécaniques capitalistiques de fusion d’entreprise et de croissance des entreprises qui se traduisent par des rationalisations avec des disparitions de sites, le Whirpool d’Amiens mais en Italie on sait très bien qu’il y a plusieurs usines qui vont  fermer d’ici 2019.

Voyez ce n’est pas tant  une question européenne qu’une question de ces constitutions de ces grandes entreprises capitalistiques et c’est peut-être l’élément central du capitalisme d’aujourd’hui. On parle souvent y a des start-ups, des PMEs mais non la réalité c’est qu’on a des acteurs de plus en plus grands, de plus en plus gros, et qui de fait ne s’importent peu de savoir si on va garder une usine à tel endroit ou même un centre de recherche et développement. Ce n’est pas une question ouvrier versus emplois d’ingénieurs par exemple, ils sont hors nation et donc c’est un problème plutôt global que véritablement européen.

Donc quand MLP met la délocalisation en Pologne sur le compte de l’Europe, elle n’a rien compris ou elle sait mais veut exploiter la situation à Whirlpool pour faire campagne contre l’UE comme elle en a l’habitude. Je fais plutôt confiance aux compétences en Economie de Philippe Askenazy, chercheur au CNRS et professeur à l’ENS.

Et quand Macron d’un ton fataliste dit aux travailleurs de Whirlpool « qu’il y aura toujours des entreprises qui se comportent mal » et qu’il « ferait en sorte de rendre la fermeture supportable » il demande aux Français une acceptation du monde capitaliste tel qu’il se présente et dit qu’il ne fera que minimiser les licenciements.

Que le capitalisme des multinationales n’en ait rien à faire de ses employés nous en avons tous les jours l’expérience. 1900 usines ont fermé en France depuis la crise de 2008.

Sur le socle des droits sociaux de la Commission Européenne mercredi..

Philippe Askenazy: »Là c’est la montée des populismes en Europe qui font réagir la Commission Européenne, ce n’est pas qu’elle change d’idéologie ou que elle considère que d’un point de vue économique c’est un drame qu’il y ait au sein de l’Europe des délocalisations. Je crois que c’est véritablement la prise de conscience que le laissez-faire risque d’aboutir à la décomposition de l’Europe, et en ce qui concerne les organisations européennes la décomposition de l’Europe pour elles c’est leur disparition. Donc je crois qu’il y a souvent un raisonnement en opportunisme en soi. Mais prenons la chose telle qu’elle est, on a là une possibilité de prise en compte du monde du Travail. A suivre. »

Bon il a fallu combien d’années à la Commission Européenne pour considérer les droits sociaux de travailleurs?? Je ne m’attends pas à un éclat du capitalisme européen non plus.

Enfin chers Lectrices et Lecteurs, je vous conseille la fin de ce podcast dont vous trouverez le lien ci-dessus.

Bon dimanche

Françoise

@Fran75GB

Le Travail , semaine spéciale 1.

Photo: users.skynet.be

D’après la Grande Table du 21/03/2016

lien: http://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/semaine-speciale-travail-15-economie

Suite à l’introduction de la Loi Travail ou Loi El Khomry, les Économistes discutent du pour et du contre de cette loi « dont l’objectif est d’apporter une réponse à la question du chômage structurel en France, il s’agit donc de faciliter les embauches freinées par la rigidité et la complexité du code du travail. D’autres motivations viennent s’ajouter: donner plus de place au dialogue social dans l’entreprise, casser les barrières entre les outsiders et les insiders ceux qui n’ont pas accès au marché du travail et relancer la création de CDI qui doit rester la norme, affirme Emmanuel Macron. S’agit-il de prendre acte d’une évolution de l’emploi qui masque bien souvent les changements dans le travail, de mettre la France au standard européen, ce serait déja pas mal disent les uns, ce serait à la fois dangereux et insuffisant nous disent les autres. Nous allons essayer d’y voir un peu plus clair cette semaine. »

Intervenants: Pierre Cahuc, Thomas Breda

PC:  » les objectifs de cette loi c est de mettre en place un objectif de Flexicurité, la protection des personnes. C’est un bon objectif il y a un consensus sur ce point économique et politique. »

« Définition: d’un coté de la flexibilité pour les entreprises et de l’autre sécuriser les salariés quand ils changent d’emploi sachant qu’on sait qu’il est essentiel que pour avoir des gains de productivité, de la croissance, permettre aussi l’entrée des jeunes, des femmes qui rentrent aussi plus souvent du marché du travail que des hommes, on a besoin d’avoir un marché du travail qui soit suffisamment fluide, mais évidemment il faut que les personnes soient accompagnées en terme d’assurance chômage et de formation quand elles changent d’emploi, donc c’est ce modèle que beaucoup de personnes visent car on sait que c’est un modèle qui génère de la croissance et est aussi favorable à l’emploi, la grande difficulté c’est que quand les personnes changent d’emploi elles soient correctement accompagnées. »

Je me permets une digression sur le terme « changer d’emploi » on va nous faire croire que les millions de chômeurs changent d’emploi volontairement?? non changer d’emploi dans les termes de cet économiste c’est perdre son emploi, c’est être victime d’un plan social, d’une fermeture de lieu de travail, d’une délocalisation de l’entreprise, de détachement de travailleurs européens prêts à venir travailler en France à bas salaire tant la situation est précaire chez eux. Alors Monsieur Cahut, votre « changer d’emploi » qui parait un acte volontaire on en est bien loin! Bien sur que les entreprises qui veulent faire plaisir à leurs actionnaires et leur remplir les poches de dividendes sont prêtes à faire « changer d’emploi » aux salariés et ceci sans scrupule. Alors une loi pour accompagner ce « changement d’emploi »..j’attends la suite..

PC:  » En France on est dans une situation de défiance très profonde parce qu’on a du mal à mettre en place cet accompagnement des personnes qui changent d’emploi, on ne veut pas toucher au contrat de travail, sachant que le contrat de travail en France est dans une situation extrême, les modalités de rupture du contrat de travail sont vraiment extrêmement compliquées, génèrent vraiment d’insécurité, d’incertitude. Sur ça aussi c est un consensus et là la situation est bloquée, cette loi essaie de débloquer cette situation. »

Je vous donne le lien pour consulter le droit francais et donc le code de travail existant https://www.legifrance.gouv.fr/ . J’ai juste regardé cette page du Journal officiel et avant d’aller plus loin ce qui m’a le plus choquée c’est le nombre de décrets! https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Selection-du-JORF/2016

TB: Cette loi lui semble dangereuse,  » si on regarde le Danemark, les indemnités de licenciement elles peuvent être touchées jusqu’à 4 ans, c’est 80% du salaire et il y a un vrai accompagnement, retour à l’emploi qui est beaucoup plus important qu’en France et par ailleurs c’est une économie qui par ailleurs marche bien, c’est à dire qu’il y a très peu de chômage, les carnets de commande des entreprises sont plutôt bien remplis, c’est une économie dynamique, pas du tout le cas de la France aujourd’hui qui a du mal à rebondir après une crise qui l’a affectée très durablement et donc commencer par faciliter le licenciement sans avoir réellement mis en place la partie sécurité me semble très dangereux car on peut aussi s’attendre à des effets récessifs du type: les entreprises licencient du coup les salariés consomment  moins, moins de pouvoir d’achat, moins de consommation et qui a ces effets macro économiques de baisse de la consommation qui du coup baisse le carnet de commandes des entreprises qui du coup ne vont pas réembaucher pour remplacer les personnes qui ont été licenciées, donc le contexte actuel me semble assez peu propice pour mettre en place la flexibilité sans avoir auparavant mis en place la sécurité et dynamiser le marché de l’emploi et du travail. »

Ainsi je bondis quand on me parle de modèle, qu il soit danois, allemand ou britannique, aller chercher des idées ailleurs quand on en manque n’a rien de négatif en soi mais vouloir calquer des modèles économiques sans tenir compte des contextes actuels et de l’histoire économique et politique du pays me semble absurde.

Chers Lectrices, Lecteurs, je vous laisse finir l’écoute de ce podcast, il me semble que les idées sont posées clairement, on y comprend un peu plus dans cette discussion sur la loi du travail. Je vous conseille ce décryptage de l’Humanité puisque vous avez devant vous un week-end férié pluvieux :))): http://www.humanite.fr/le-texte-integral-de-la-loi-travail-decrypte-et-commente-par-lhumanite-603097

Francoise

@Fran75GB

 

 

Pourquoi les salaires sont-ils si bas?

Ceci est un petit rappel aux libéraux et néo-libéraux de tout poil qui font du salaire bashing et se remplissent les poches de dividendes..enfin moins qu’ils aimeraient puisque les intérêts sont assez bas dans le monde obligataire. Eh oui comme disent les anglophones « you reep what you sow », on récolte ce que l’on sème, et après avoir semé de l’austérité salariale eh bien on a du mal à relancer la consommation qui elle-même booste la production, et fait marcher la carte bleue ou platine selon nos revenus:) et le capitalisme ne peut fonctionner sans prêts et emprunts. Alors voilà nous avons les fameux 62  qui possèdent autant que la moitié de la population mondiale nous disait Oxfam il y a peu de temps..Bates et Zuckenberg et d’autres sont tellement malheureux d’être seuls au top de la pyramide que les voila philanthropes..tout est déductible des impôts évidemment mais quand on croit on pense s’acheter une place au paradis..ah oui le vieux système des grâces qui n’a jamais vieilli..mais qui sait ce que le monde des marchés nous prépare dans cet univers de robots et d’algorithmes..

D’apres The Inquiry, émission de la BBC World Service du 8 Mars, 2016

Lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/p03l3jzj

 » le 3 mars comme il le fait tous les jeudi, Justin Firmin se rend au Oval Office, et va apporter les stats de l’emploi au Président des Etats-Unis. Il est Economic Advisor et doit donc apporter les stats au Président avant leur publication officielle. Et la question que lui pose toujours Président Obama est: « What’s going on with wage growth? » (Est-ce que les salaires augmentent?) et la réponse est toujours la même ces derniers mois, « la création d’emplois est stable mais l’augmentation salariale reste un problème. »

« C’est un des plus grands défis économiques de l’instant nous dit Linda Yueh. Les salaires affectent toute l’économie, des intérêts bancaires aux plans d’avenir du pays. Comme la récession est passée, l’emploi est en progression mais les salaires restent beaucoup trop bas. Aux Etats-Unis le salaire moyen stagne depuis plus de 40 ans. Au Japon et en Allemagne les salariés n’ont pas vu d’augmentation de salaire depuis 20 ans. Et c’est un problème mondial, la croissance salariale est restée faible dans le monde entier depuis plus d’une décennie. »

Première Partie: How Low?

Un professeur de LSE, London School of Economics, explique que  » depuis 7 ou 8 ans l’augmentation salariale a été très décevante. Apres la guerre dans les années 50, l’économie était en plein boum, puis pendant les années 70 cela devint plus difficile, il y eut la crise du pétrole et les salaires commencèrent à baisser dans le monde entier. »  » 40 ans de stagnation des salaires moyens, ajoute Linda Yueh, n’a fait qu’empirer avec la crise financière de 2008. » Notre expert continue: » Durant la récession nous avons souffert une réduction importante de la production économique, et comme l’économie s’écroula, aussi s’écroulèrent les salaires. »

Mais nous dit Linda Yueh » certains pays s’en sont sortis mieux que d’autres. » Ainsi notre professeur à LSE nous indique que « la Chine a décidé d’ augmenter les salaires depuis 1980 et même après la crise les salaires ont continué d’augmenter bien que ce soit à un rythme moindre. Il en est de même pour l’Inde et le reste des pays émergents. »

« Le Royaume Uni a le pire record depuis le crise de 2008. Les salaires ont baissé de 10% depuis six ans. Ce recul des salaires est sans précédent. Il faut retourner en 1920 pour voir quelque chose d’équivalent. » Linda Yueh nous informe que « maintenant les salaires augmentent de 2% par an mais ceci risque de se perdre dans la politique inflationniste du gouvernement. »

Deuxième Partie: l’Allemagne

 » Je me souviens du jour où le mur de Berlin est tombé, un jour de joie pour les Allemands, dit un professeur d’économie allemand à LSE, mais il y avait une telle différence entre les salaires des Allemands de l’Ouest et ceux de l’Est, que cela risquait de provoquer un exode de l’Est à l’Ouest. Donc le gouvernement décida de subventionner les salaires de l’Est. Le lever du rideau de fer offrit la possibilité aux citoyens d’ Europe de l’Est de travailler pour l’Allemagne à un salaire nettement plus bas. Ainsi il y eut une grande délocalisation de l’industrie allemande vers les pays d’ Europe de l’Est. D’où la pression sur les syndicats et dans les années 2000, une grande entreprise dont le professeur ne cite pas le nom, dommage mais je ferais ma recherche, menaça les syndicats de délocaliser son entreprise si les salaires allemands ne baissaient pas..Les syndicats étaient prêts à accepter plus de flexibilité dans les entreprises.

Sous la pression de la mondialisation et l’ouverture de l’Europe de l’Est, les Allemands souffrirent d’une stagnation de leurs salaires pour la première fois. l’Economie en souffrit aussi… »

Bien comme d’habitude je vous laisse compléter votre écoute de cette émission qui m’a fascinée, pas que nous ne le savions pas déjà, mais parce que j’entends rabâcher les bienfaits des modèles américains, anglais, allemand au quotidien mes chers auditrices et auditeurs et je bondis!

Françoise                           

@Fran75GB