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Prendre soin..éthique de la sollicitude

D’après l’émission de the Essay, @BBCradio3, du 15 mars 2016, Episode 1. Madeleine Bunting, auteure et journaliste devant the British Academy: Qui va prendre soin de qui?

lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b0739tq7

« Presque tous les jours nous lisons des articles sur les soins apportés aux plus vulnérables dans la presse, ou pas, souvent il s’agit d’une histoire sordide qui élabore sur la crise dans ce secteur: une femme abandonnée dans sa chaise roulante à cause du manque de personnel par exemple. »

Quand on voit l’histoire de Vincent Lambert, accidenté en 2008, toujours à la une des journaux 8 ans plus tard, et la manière dont la justice tergiverse autour cette tragédie, on voit l’ambiguïté des soins apportés en fin de vie par exemple.

« Tout est une question de budget, de réductions budgétaires et de gestion pour organiser les soins nécessaires. Nous remarquons une anxiété profonde en ce qui concerne la qualité des soins des maisons de retraites ou autres établissements de soins. Pourtant la scène politique ne semble pas prendre les choses suffisamment au sérieux, et il y a un certain sentiment de frustration alors que notre société vieillit. »

A ce sujet je vous rappelle l’article du Monde daté du 21 janvier 2016, « La France à l’épreuve du Grand Age »http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/20/la-france-a-l-epreuve-du-grand-age_4850612_3234.html

« Dans le temps, il y avait surtout des institutions religieuses, ce qui ne veut pas dire que cela garantissait la compassion. Depuis le XXe siècle, nous voyons des établissements privés dont le but est de faire du bénéfice. Comment une entreprise fondée sur le coût de la gestion d’un tel établissement peut-elle être compatible avec une haute qualité de soins? Pourtant cela fonctionne dans la restauration et l’hôtellerie alors s’occuper des malades et des personnes âgées devraient recevoir la même attention. On parle de nos jours de l’industrie des services et les établissements de soins en font partie. »

Or on voit souvent de la maltraitance que je mets sur le compte du manque de personnel et de formation de haut niveau. A lire également:http://www.lefigaro.fr/retraite/2014/11/03/05004-20141103ARTFIG00185-la-quasi-totalite-des-maisons-de-retraite-en-etat-de-sous-effectifs-permanent.php

« Notre capacité à prendre soin des autres est ce qui nous rend humain: elle inclut l’attention, le soin, la responsabilité, la prévenance et l’entraide. D’abord il s’agit d’une activité pratique qui soutient le bien-être du patient, et aussi de réflexion, penser à la personne,lui apporter de l’attention, montrer de l’empathie. Cela peut être un fardeau lourd à porter pour le proche aidant. »

Les deux dernières années j’ai été très sollicitée comme proche aidant, un père de 87 ans et une mère de 88 ans, avec de multiples problèmes, divorcés et vivant dans une région différente ont eu raison de ma santé. Et il est difficile d’organiser l’aide à domicile pour l’un et l’apport émotionnel, la compagnie face à une grande solitude; pour l’autre c’est le refus de la dépendance qui est un combat quotidien mais également un poids pour la personne dans le déni qui veut la vie d’antan mais ne peut pas assurer..enfin je vous laisse imaginer les problèmes de l’age qui devrait être aussi des joies si seulement l’entourage était plus présent. Or nous sommes dans un monde où prime la mobilité sociale, la mobilité dans le travail et la distance qui s’ensuit.

Pour  conclure « food for thought »:« Sénèque voyait la capacité de porter soin à quelqu’un comme venant des Dieux. Les hommes pouvaient atteindre la bonté par la raison, mais à la bonté s’ajoutait la perfection, qui dépendait de l’offre de soins à autrui. Pour les Stoïques, prendre soin de l’autre complétait notre potentiel humain. »

Francoise

@Fran75GB

Philippe Torreton, Deuxième Partie

D’après la Matinale Culturelle de Vincent Josse sur France Musique le 25 janvier 2016, quelques extraits.. (suite)

Philippe Torreton, un comédien engagé, répond à Vincent Josse que l’actualité l’intéresse:

« Oui, notre pays, l’Europe, le monde..on est tous reliés. On est reliés souvent par des choses désagréables, comme le réchauffement climatique, les guerres, les attentats qui provoquent des effets domino. Ce serait bien d’être reliés par autre chose que des choses négatives mais comment? »

Si seulement..c’est au moment où on en a le plus besoin que justement la désunion prend le dessus..la politique de partis, les élections, l’arrivée au pouvoir semblent être le souci principal des hommes politiques de nos jours.

« Moi je n’arrive pas à m’extraire de ça, de mettre les choses entre parenthèses comme ça, ajoute-t-il. »

J’ai le même ressenti..plus que jamais..j’ai l’impression que c’est une chose après l’autre, après ce débat destructeur sur la déchéance de nationalité, maintenant nous sommes confrontés au changement du code du travail alors qu’il y a tellement de chômage??

Philippe Torreton continue: » Notre avenir dépend de décisions que l’on prend là ou que l’on ne prendra pas et du courage politique de nos représentants. »

Le courage politique? Parlons-en, il faut déjà se rendre à l’AN ou au sénat et voter..quand on regarde l’absentéisme le soir du vote pour ou contre la prolongation de l’Etat d’Urgence, on peut soulever la question de la représentativité et de la responsabilité des représentants face aux citoyens français.

Puis Philippe Torreton exprime clairement sa déception dans le gouvernement de François Hollande. Il n’en attendait pas grand-chose mais suite au discours du Bourget il avait repris espoir. Ainsi on peut dire que dans la Matinale il accuse le rôle d’Emmanuel Macron, le fait que « l’on plaigne plus l’entreprise que l’ouvrier ». 

Il insiste sur le fait que « dans un pays comme la France, tenir des propos comme celui de rêver qu’une partie de la jeunesse devienne milliardaire, c’est nier une histoire, une civilisation culturelle. Puis il rappelle que le rôle du Premier Ministre est d’expliquer, que l’on ne peut refuser l’explication par rapport à des actes aussi terribles, on se doit d’expliquer. »

Philippe Torreton conclura sur l’importance des sciences humaines et de la sociologie: »Associer le travail des sociologues, de ceux qui interrogent la société à une sorte de culture de l’excuse et de la bien-pensance c’est jeter le discrédit sur une science humaine, les chercheurs,. Il faut comprendre. Il faut s’interroger sur ce qui nous arrive, sur les citoyens qui commettent de tels actes. »

Philippe Torreton, acteur, comédien, écrivain, un homme qui a le courage de ses convictions et les expriment clairement ce matin-là sur @francemusique.

Je clos ce billet par une citation de Cynthia Fleury dans « Les Irremplaçables » qui me semble bien illustrer les propos de Philippe Torreton : »L’instant à saisir, c’est l’obligation éthique pour l’homme de l’engagement. Il ne suffit pas de l’espérer. Il faut le créer. »

Françoise                                @Fran75GB