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Les enjeux internationaux: Guerre et Politique

photo iphone..d’autres couleurs automnales..

Alors que je me promène paisiblement dans la campagne environnante, d’autres dans le Monde n’ont pas une telle chance. Ces enfants, ces jeunes qui ont toujours connu la guerre et leurs parents, des générations de violence quelquefois et alors qu’ils fuient et viennent se réfugier chez nous on leur rend la vie dure..Nous porterons cette honte, nous porterons ces images de bateaux, de routes, de souffrance et de mort. Elles marquent et marqueront notre mémoire et notre histoire.

« La guerre reste un phénomène à proprement parler humain et ce qui touche d’autres populations ailleurs finit par nous toucher aussi. » Amandine Gnanguênon 

lien: https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/guerre-politique-pourquoi-les-conflits-dailleurs-sont-ils-aussi

Thierry Garcin fait la promotion de ce forum qui se tient à Paris du 2 au 5 novembre.

Amandine Gnanguênon explique « le rôle de  l’Etat-Nation qui redistribue les richesses se trouve  à l’échelle locale et non plus à l’échelle nationale. »

Les questions qui seront posées:

« Comment est-ce que les guerres qui durent ont un impact sur le vivre ensemble et la cohésion sociale? »

« On a une vision à très court-terme guidée par la politique mais on finit par oublier l’historicité du conflit, le traumatisme de la violence qui se transmet de génération en génération, comment est-ce qu on gère le conflit au quotidien?  »

« L’ethnie n’est pas un facteur de conflit,  elle est instrumentalisée par l’Etat: on voit un rapport de forces qui est mis en place par l’Etat qui a mis en place son ethnie. »

« Les sorties de conflit..comment est ce qu’on prépare la guerre et aussi qu’on prépare  la paix, on crée des conflits à répétition..on n’a plus les moyens et on décide de se désengager et que prépare-t-on pour l’avenir. »

« On essaie vraiment de se focaliser sur comment est-ce que les guerres qui durent ont un impact sur la cohésion sociale, sur les évolutions: Comment la guerre est perçue comme le seul facteur d’expression politique et sociale. »

« Les solutions passent par le conflit, gérer la différence  à l’Autre, gérer l’antagonisme et que l’on retrouve au sein de notre société, comment les guerres lointaines nous apportent aussi un regard sur notre société. C’est la question du projet politique. »

Cette question du projet politique au cœur des Primaires de gauche,de droite et d’ailleurs ne pourra se résoudre seuls, la France ne peut se voir comme un pays en vase clos, comme je vois que les Anglais essaient de le faire en bannissant l’Etranger de leur sol, en revendiquant le travail pour les Anglais etc.. Ainsi on crée des boucs-émissaires au lieu de s’attaquer aux causes des problèmes sociétaux.

Bon mardi chers Lectrices et Lecteurs et bonne écoute, les questions y sont soulevées, à nous de cogiter..

Francoise

@Fran75GB

 

Pardonner 2.

Photo: BBC

D’après Late Night Woman’s hour, BBC Radio 4 du 24 Mars 2016,  » Forgiveness », présenté par Laurence Laverne qui rencontre 3 femmes et leur histoire.

lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b07466ly

Une histoire personnelle, fascinante que j’ai essayée de traduire..Je vous laisse juger et commenter chers Lecteurs et Lectrices..

« Zrinka Bralo, s’est échappée de Sarajevo pendant la guerre de Bosnie. Elle raconte son histoire: » Avant que la guerre commence, j’avais une vie privilégiée, j’étais journaliste, j’avais une vingtaine d’années, j’avais été en Allemagne pour acheter des disques. Mon émission radio s’appelait « Welcome to the Terrodome » d’après la chanson de Public Enemy. Le mur de Berlin était tombé, je pensais que je faisais partie des années 90, le monde avait l’air tellement mieux que dans les années 80. Je n’étais pas consciente de ce qui se passait en politique, c est comme ici maintenant, on vit sa vie, on relève ce qui se passe dans les nouvelles mais on n’y paie pas vraiment attention. »

« Puis je dois dire que la guerre est arrivée brusquement et là  je m’en suis rendue compte tout à coup. Car, même si la guerre se passait déjà  en Croatie et à  la campagne, je préparais les nouvelles en anglais pour les troupes des Nations-Unies. Et les Nations Unies avaient choisi Sarajevo comme la ville la plus stable ou sécurisée de la région pour y baser leur mission de casques bleus pour la Croatie qui était à  près de cent cinquante kilomètres donc Sarajevo était la ville logistique et cool. Leur campement était littéralement entre la maison et ma station de radio. On se sentait en sécurité, le monde n’allait pas laisser les choses se développer. »

 » Donc le matin du 6 avril je me suis réveillée car j’ai entendu des échanges de tirs. Mon frère et moi, nous avons regardé entre les rideaux de la fenêtre et nous nous sommes dits personne ne va nous voir. Il y avait des hommes armés qui couraient sans uniforme donc on ne savait pas de qui il s’agissait. Deux jours après ce début d’instabilité et de guerre civile, la ville était assiégée. Et nous nous sommes adaptés à  la situation de façon stupéfiante. Rapidement nous avons compris où il ne fallait pas se rendre et comment il fallait communiquer. On parle de 1992, pas de portable et pas d’internet. Les jours suivants il y avait des bombardements, et la ville était encaissée, un obus tiré des collines pouvait blesser trois cents personnes. Toute vie humaine perdit valeur et je me sentais constamment une cible. »

« Je ne veux pas faire de commentaire sectaire, mais il y avait une partie de la population qui pensait que leur identité ethnique devait être protégée et ils le firent au nom de la nation. C’étaient les Serbes et ils le firent avec le soutien de l’armée yougoslave, puissante et bien armée, payée par mes impôts et les impôts de mes parents. Les gens étaient manipulés par ce discours d’ethnicité et d’identité. Personnellement je ne pouvais m’y faire car je vivais sur mon nuage de Public Enemy..J’ai eu de la chance que peu de gens que j’ai aimés soient passés de l’autre coté. Mais j’en connais certains. Quelquefois il y avait une rumeur qu’un camarade d’école primaire nous tirait dessus. »

« Immédiatement ils ont coupé le téléphone, l’électricité..on n’avait ni nourriture ni nouvelles ni rien. Il y a eu toute une préparation de cette guerre pendant que j’écoutais ma musique et je me suis dit comment ai-je pu être tellement aveugle! Si on ne cherche pas particulièrement la méchanceté chez les gens on ne va pas la voir. Et je n’avais aucune raison de penser que certains camarades d’université pouvaient ressentir une identité nationale si forte qu’elle les conduirait à  vouloir me tuer.  »

Laurence Laverne:  » En 1993 vous vous êtes échappée vous êtes venue vivre à  Londres. Qu’avez-vous ressenti? »

ZB: » Je me sentais fiévreuse, quand je passais devant l’immeuble de Channel 4, je pensais oh ça ne va pas tenir c’est fait en verre. Je mesurais le monde autour de moi selon des standards de vie qui étaient complètement différents. Quand je suis arrivée à Londres c’était Guy Fawkes night et je n’avais aucune idée de ce qui se passait. A Sarajevo quand les bombardements commençaient on mettait notre matelas dans le couloir intérieur et on dormait là protégés par les murs intérieurs. Et c’est ce que j’ai fait j ai tiré mon matelas dans le couleur intérieur alors que je savais que j’étais à Londres en sécurité. Voila mon ressenti à l’époque ainsi qu’un immense sentiment de culpabilité. Mon entourage compatissait, ils savaient ce qui se passait à Sarajevo et voulaient en savoir plus, ce qui était super car c’était comme une thérapie et il y avait une sorte de reconnaissance de mon humanité. Pourtant je me disais j’ai de la chance je suis ici, j’ai de la chance je n’ai pas été blessée, j’ai de la chance je n’ai pas été violée. C’était fou de penser ainsi mais je me comparais à des gens qui étaient passés par tout ça, qui étaient blessés ou morts ou avaient perdu leurs proches et les femmes, des milliers de femmes qui avaient été violées et je me sentais tellement coupable. Puis je me suis dit qu’est-ce que je fais de toute cette culpabilité, comment je vais gérer. Mais je n’ai pas cherché de l’aide parce que je pensais que j’avais de la chance j’ai décidé de faire quelque chose d’utile, d’être utile, j’ai survécu, comment rendre, que faire de cette vie maintenant? Pendant 3 ans je me suis sentie comme invincible et après avoir fait de la thérapie je comprends mieux par quoi je suis passée. »

Laurence Laverne:  » Nous parlons de pardon ce soir, qu’est-ce que cela évoque pour vous? »

ZB:  » D’abord j’ai essayé de me pardonner pour avoir été stupide et naïve, et vu que j’avais été élevée comme une féministe, sans peur et sans reproche, cela m’a sauvé la vie parce que j’ai pu prendre la responsabilité de ma survie. Mais une fois que j’ai survécu, j’ai pris trop de responsabilité pour le trauma par lequel je passais. Trouver ce pardon a été très difficile, j’ai essayé de faire de la thérapie plusieurs fois jusqu’à  ce que je comprenne que je m’effondrais. Je suis catholique mais je ne suis pas pratiquante donc j’ai fait une psychanalyse. Et j’ai adoré ma colère, j ai compris que je n’étais pas comme eux même si on m avait tout enlevé mon identité, mon pays, je n’allais pas tuer. La colère peut être constructive, ce peut être une force. Et si on l’accepte comme une émotion légitime, il s’agit de voir ce que l’on peut en faire. Je ne cherche pas la vengeance mais je veux qu’on me rende justice. Même si les gens ne vous demandent pas directement pardon mais reconnaissent avoir commis ces actes, votre expérience peut se transformer en réalité. Toutefois les gens qui ont commis ces actes dans mon pays disent qu’ils l’ont fait pour des raisons légitimes. »

C’est un peu ce que je disais hier je voudrais qu’on me rende justice. Eh bien finalement 20 ans après, le 28 mars 2016, Radovan Karadzic a été jugé coupable, jeudi, de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. J’espère que cela apportera à  Zrinka Bralo un certain soulagement car peut-on oublier et pardonner de tels événements chers Lectrices et Lecteurs, vous aurez votre réponse..

Francoise

@Fran75GB

 

 

 

Syrie: Est-ce qu’Assad a gagné la guerre?

D’après « The Inquiry » une émission de BBC World Service, datée du 23/02/2016, « Has President Assad won? »

lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/p03jpmxm

Photo from Newsweek.com

Ceci est un compte-rendu du reportage que j’ai trouvé explicite et de haute qualité.

« Alep, la plus grande ville du nord de la Syrie, les rues sont tranquilles, un homme vend des cigarettes au coin de la rue, un autre derrière son étal avec des caisses d’oranges, de tomates et d’herbes, mais comme les prix sont exorbitants, personne n’achète. Comme les Russes, alliés d’ Assad, se rapprochent de la ville, les provisions sont rationnées. Bientôt des centaines de milliers de gens pourraient être bloqués. »

« Quand nous avons commencé la révolution, nous savions qu’il y aurait un prix à payer, dit ce jeune homme, nous n’avons plus de nourriture pour survivre mais il nous reste notre dignité. »

« Alep pourrait retomber dans les mains du gouvernement vu que la Russie et l’Iran soutiennent Assad, il devient de plus en plus stable. En 2011, peu de gens auraient prédit qu’il serait encore au pouvoir. D’où notre question de la semaine: Assad a-t-il gagné la guerre? »

« Trois témoins experts vont se prononcer à ce sujet. Ils vont vous parler des points forts et des points faibles de la position d’Assad, position militaire, diplomatique et politique. »

« PREMIÈRE PARTIE: L’HISTOIRE

Tout d’abord vous allez entendre le point de vue de Lina Sinjab, journaliste  syrienne qui a vécu les cinq dernières années de la guerre en Syrie. Elle a perdu 7 membres de sa famille et d’autres déclarés disparus. Elle travaille pour la BBC à Beyrouth maintenant mais elle a passé des années comme reporter pour la BBC à Damas sa ville natale. » 

Photo from joshualandis.com

lina sinjab

 » Il s’est passé quelque chose le 17 février 2011  á Damas dans le bazar. Un agent de police a frappé un commerçant et tout à coup tous les commerçants sont venus le protéger et l’entourer, puis ils ont commencé à filmer la scène avec leurs portables et à dire: » Les Syriens ne seront pas humiliés. »

« Les choses avaient considérablement changé en Syrie pour que les gens puissent filmer, crier ainsi et refuser l’humiliation, quelque chose devait arriver et arriva. Un mois plus tard, un groupe de jeunes gens avaient peint des graffitis appelant à la chute du gouvernement, ils furent arrêtés et torturés. Deux jours plus tard, les gens manifestèrent en protestation. Ce jour-là 5 personnes furent tuées par la police. Par conséquent toutes les villes se soulevèrent et manifestèrent en soutien. »

« Puis deux semaines plus tard, Assad adressa le Parlement pour la première fois depuis le début de l’instabilité populaire. Partout en Syrie, les gens regardaient la télévision pour voir ce qu’il allait dire. Il a déclaré qu’il y avait une conspiration contre le pays, qu’il y avait des traîtres à la patrie et il ne mentionna pas les morts ni ne demanda une minute de silence. Alors les gens se sont dits que les choses allaient empirer. Il fallut six à huit mois pour que cela devienne une guerre civile de grande envergure. L’armée syrienne libre fut formée, les chefs de gouvernements du monde dénoncèrent l’action d’Assad appelant à sa démission mais il tint bon. On eut peur qu’il voulût employer des armes chimiques, son gouvernement détenant le plus gros stock du Moyen-Orient. »

 » Le 22 août 2012, Obama envoya un message clair en ce qui concernait les armes chimiques. L’année suivante on vit une escalade du conflit. Les avions militaires d’Assad bombardèrent les villes de l’opposition. Les rebelles capturèrent les bases du gouvernement. Déjà cent mille morts. Puis en août 2013, Assad dépassa la ligne rouge d’Obama. Ainsi Lina raconte comme elle a vu des enfants suffoquer et des corps d’enfants joncher les rues. Obama condamne les atrocités mais il n’y eut aucunes représailles. Pour Lina ce fut comme si on donnait le feu vert à Assad de faire ce qu’il voulait. » 

« L’été 2014 son armée commença a perdre des combattants, il avait l’air affaibli. L’arrivée d’un groupe de djihadistes changea la donne. Le soi-disant Etat Islamique déplaça l’attention. »

DEUXIÈME PARTIE: LA POSITION MILITAIRE

« La Syrie est le conflit le plus long sur lequel j’ai travaillé, Assad contrôle la cote syrienne et pourrait reprendre Alep. La perte d’Alep pourrait décourager les rebelles et leur faire baisser les bras. Assad contrôle aussi Damas, cela laisse une grande partie du pays hors de son contrôle mais cela ne veut pas dire grand chose dit Jennifer Caferella de l’Institute for the Study of War, il n’a pas besoin de contrôler tout le pays pour gagner. Sa stratégie aujourd’hui a été de reprendre les parties stratégiques du pays de manière durable et aussi d’effondrer des points clé de l’opposition, Alep, Homs et Damas. Il gagne sur le champ de bataille car il a un avantage, l’aviation. L’opposition aurait besoin de système de missiles pour abattre les avions. L’opposition a peu de chance de récupérer ce système de missiles parce que leurs alliés ont peur qu’ils finissent dans les mains d’ Al Qaida ou Daech. D’autre part les Iraniens ont remédié au manque de troupes qu’il avait. »

 » Et l’opposition, que se passe-t-il, eh bien ils font appel à des combattants étrangers pour la première fois. Les kamikazes d’Al Qaida sont un outil puissant, ils tuent des civils sur les marchés, Al Qaida les emploie pour pénétrer une base militaire ou un checkpoint. Ainsi ils créent un passage pour que l’opposition puisse pénétrer. Par conséquent Assad peut blâmer l’opposition et les brandir comme des djihadistes mais l’opposition manque d’options. Assad n’a pas encore gagné mais si les forces d’opposition ne changent sur le sol syrien, sa victoire est inévitable. Si le peuple doit choisir entre défendre son pays des djihadistes et laisser Assad reconquérir la Syrie, il est possible qu’Assad reprenne le dessus. »

 » Comme nous l’avons entendu sa force ne tient qu’à ses deux alliés l’Iran et la Russie, alors est-ce que cela le rend vulnérable?

TROISIÈME PARTIE: LA DIPLOMATIE

 » Assad compte sur peu de gens pour le garder au pouvoir, pour moi, c’est un signe de faiblesse dit Rami Khouri de l’Université Americaine de Beyrouth, pas un signe de force. Assad a un petit nombre d’amis puissants mais a aussi des ennemis puissants, des ennemis qui étaient fut un temps de son coté, par exemple la Turquie et l’Arabie Saoudite. C’est important parce qu’ils vont envoyer leurs jets F16 et leurs forces spéciales au nord de la Syrie pour soutenir les rebelles. Ils en parlent depuis une dizaine de jours. Ils réfléchissent à comment se débarrasser d’Assad sans chaos total. On pourrait avoir une mini guerre mondiale rien qu’au nord de la Syrie. Il y a tellement de pays et de groupes impliqués dans cette partie du pays. Ils ne veulent pas perdre la bataille existentielle, s’ils perdent la région, ils perdent leur place dans l’Histoire. La coalition Russe, Iran, Hezbollah parce qu’ils pensent que si Assad perd la Syrie, ce serait un coup stratégique énorme. Iran et Hezbollah ont besoin de la Syrie comme lien entre eux, les Russes voient la Syrie comme une maniéré de recréer leur rôle et crédibilité sur le plan international.

Alors qu’ Assad est plus isolé il devient plus dangereux. Ceci soulève une dernière question: Est-ce que l’hypothèse d’une guerre apocalyptique impliquant les forces militaires d’Assad, l’opposition syrienne, Al Qaida, Daech, l Arabie Saoudite, l’Iran, la Russie, la Turquie et les Etats-Unis est possible, est-ce que la peur que cela arrive pousse la situation en faveur d’ Assad? Pendant que les Syriens qui vivent dans le pays se disent que s’ils soutenaient Assad tout ceci pourrait se terminer.

QUATRIÈME PARTIE: LA POLITIQUE

 » Je viens d’une ville frontière. avec l Irak du nom d’Al-bukamal. Ceci est notre dernier témoin Hassan Hassan. Depuis qu’il a quitté la Syrie, sa ville a changé, elle est maintenant contrôlée par Daech depuis l’été 2014. Hassan habite à Washington DC. Il est analyste au Tahrir Institute for Middle East policy. Il passe beaucoup de son temps à parler avec les Syriens dans tout le pays, des loyalistes comme des rebelles et il dit qu’ il a remarqué un changement à l’intérieur du pays concernant la manière avec laquelle les gens voient Assad. De nombreux Syriens loyalistes, des gens de pouvoir ont quitté le pays et ils n’aimaient pas que les Iraniens mènent les choses. Mais quand Assad s’est adressé une nouvelle fois devant le Parlement et a avoué qu’il lui manquait des forces au sol, ceci a marqué les esprits. L’arrivée des Russes lui a donné une certaine stabilité. Finalement Assad a su exploiter la peur de l’extrémisme avec la montée de Daech et a convaincu son peuple que l’opposition est menée par des djihadistes violents. Assad est ainsi devenu l’alternative la plus sûre. La ville de Salamiya en est un exemple. Les gens ne supportent pas Assad parce qu ils sont pour son régime mais parce qu’ils ont peur de Daech.

Y a-t-il une possibilité que quelqu’un de son entourage puisse le trahir? il y a une influence sur son entourage ou a Téhéran ou a Moscou, pas parce que c est le meilleur mais parce que stratégiquement il représente l’ancien régime. »

J’ai retranscrit l’émission anglaise aussi fidèlement possible. Si l’on regarde le déroulement des événements on comprend que les E-Us et leurs alliés ont laissé faire, même au moment de l emploi par Assad des armes chimiques.

Je pense que l’objectif américain est de remettre Assad au pouvoir , enfin de laisser les Russes et les Iraniens faire, en observant de loin, puis de  gérer le problème terroriste, vu que l’expérience américaine du terrorisme dans leur pays les a tétanisés .L’avenir le dira mais quand on voit le succès de Trump tout fou qu’il est, on peut se poser des questions.

Et nous alors, nous la France si préoccupée par ses valeurs et ses principes, qui laisse les gens dans leur bidonville quelles leçons d’humanité avons-nous à donner aux autres? Et il se passe quoi en Syrie exactement? On avait déclaré la guerre non après les attentats? On devait vaincre Daech coûte que coûte et n’arrêter qu’une fois qu’ils seraient éradiqués si je me souviens bien. Vous avez des nouvelles vous? Parce qu’elles doivent bien exister alors est-ce une opération secrète? elle ne le paraissait pourtant pas quand nous brandissions la hache de guerre. Au début on nous annonçait quelques camps de djihadistes de moins, on avait vu François Hollande sur le porte avion etc puis plus rien. Les medias sont passés à la déchéance de nationalité et notre auto-destruction européenne. Et maintenant suite à l’Etat d’Urgence que l’on vient de prolonger on s’attend à des résultats non? ou je suis naïve..

En fait je suis triste de voir ce pays détruit, ces gens qui ont tant souffert et essaient de se réfugier à tout prix dans une Europe dans l’ensemble peu accueillante qui les prend au compte-gouttes.

C’était bien de comprendre l’histoire, les forces en place et les issues possibles de cette guerre où un homme s’en est pris à son peuple au point de gazer ses propres enfants et nous complices de cette situation par notre silence, nous qui faisons ami ami avec l’Iran le dernier allié d’Assad, nous qui nous sommes engagés publiquement à détruire Daech pour que d’autres attentats ne nous touchent pas eh bien où en sommes-nous Monsieur le Président Hollande, où en sommes-nous??

Françoise

@Fran75GB