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Benoit Hamon vs Pascal, les Chemins de la Philosophie

photo de ma fille: Reflet..

Lien: https://www.franceculture.fr/emissions/petit-precis-de-philosophie-lusage-des-candidats/benoit-hamon-vs-pascal-une-question-de

Un petit  exercice philosophique certes mais de décodage sémiotique qui est amusant, accessible et joliment présenté. Je vous l’ai transcrit dans sa totalité en ce dimanche car j’avais le temps. Cela fera un bon exercice didactique pour mes collègues de l’Institut Français de Londres pourvu que le sujet leur plaise!

« Benoît Hamon qui veut « faire battre le cœur de la France » et nous rappelle alors une certaine pensée de Pascal sur le cœur et ses raisons. »France Culture

Quand je lis l’introduction de l’émission qui concerne les propos des candidats de la Primaire de Gauche, je dois constater que c’est une approche enrichissante. Je n’aime pas la Primaire, ce procédé compétitif de la course au pouvoir mais à tort dans le cas qui suit, car oui cela me rappelle que la Primaire est aussi une plateforme d’expression.

En effet certains n’ont aucune chance d’être élus car ils ne se glissent pas dans le moule du personnage présidentiel et pourtant tout est si imprévisible en politique. Toutefois ces mêmes candidats ont l’opportunité de s’exprimer et de faire entendre leur opinion à toute la France et ainsi peut-être de modeler la nôtre. 

Dans le cas de Benoît Hamon je vois un homme sincère, humaniste même utopique par ses poursuites mais je lui sais gré d’être présent pour éclairer notre lanterne. Ses propos dont le cœur est au centre nous manquent profondément dans la politique d’aujourd’hui. Un peu de chaleur humaine dans ce monde déshumanisé de la finance et de la réussite ne fait que du bien.

Benoît Hamon: « Si on se laisse guider par l’air du temps on pourrait croire que le cœur de la France s’est arrêté, on finirait presque par oublier que quand on regarde la France en face, le cœur de la France est bien robuste. Le problème de la France, ce n’est pas que son cœur se soit arrêté, le problème de la France c’est que ce cœur ne gouverne plus. C’est pourquoi je défends une vision résolument optimiste et volontariste de notre avenir. »

Géraldine Mosna-Savoye:  » Le cœur en politique est comme le cœur en philosophie. Il n’est jamais absent mais il reste quand même tenu à distance. C’est que le cœur renvoie aux passions, à ce qui est irrationnel et relève a priori de la pure passivité. C’est que surtout et comme  dit la célèbre pensée 423 de Pascal: »Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point. »

« De quoi effrayer chefs politiques et savants en tout genre, ces têtes pensantes qui préfèrent la raison au cœur. Alors pourquoi un tel appel au cœur de la part de Benoît Hamon? S’il serait malvenu et faux d’en déduire qu’il n’est pas une tête, pourquoi lui qui prétend diriger,qui prétend se hisser à la tête d’un pays, veut-il tant faire battre ce cœur? »

Benoît Hamon:  » A mes yeux le cœur de la France c’est déjà la Justice Sociale, et la Justice Sociale ce sera demain le revenu universel d’existence, la Sécurité Sociale du XXIe siècle, qui changera notre rapport au travail et éradiquera la pauvreté. Le cœur de la France c’est la fraternité qui s’incarnera dans une République métissée, qui fera vivre la Démocratie et donnera véritablement du pouvoir à chaque citoyen. »

Géraldine Mosna-Savoye: « Donner du pouvoir à chaque citoyen, voilà ce que signifie faire battre le cœur de la France selon Benoît Hamon. Il veut que le cœur de la France gouverne le pays, c’est-à-dire que chacun de ces citoyens à égalité et avec justice en constitue ainsi la tête. Il inverse ainsi la donne ou mieux égalise la donne, entre la tête et le cœur, le chef et la masse. mais faire gouverner le cœur de la France est-ce aussi gouverner avec le cœur? L’ enjeu est important car il s’agit de savoir si le cœur et ce qu’il comprend de force et aussi d’élans incontrôlables est capable de gouverner et de conduire un pays dont le droit est bon chemin.

Pour Pascal le cœur est justement loin d’être une source d’errance et d’émotion vague. Alors certes il est le siège de l’affectivité, mais il est aussi cette faculté qui donne à la pensée humaine ses principes et c’est la 110 ème pensée cette fois qui nous l’indique, je cite:

 » Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur. C’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes, et d’ajouter, le cœur sent et les principes se sentent. »

Benoît Hamon: » Le cœur de la France c’est enfin la tempérance,ce qui nous permettra de construire un modèle de développement qui ne sera plus obsédé par la croissance, sera tourné vers la construction européenne mais engagera résolument la transition écologique et la transition énergétique. »

Géraldine Mosna-Savoye: »En déclarant que le cœur de la France est aussi la tempérance, ce qui permet de construire un modèle raisonné et durable, Benoît Hamon retrouve ainsi le sens pascalien du cœur, comme fond de la raison et de la volonté à rebours des Romantiques mais reste toutefois cette question, si le cœur de la France est à la fois pour le candidat du revenu universel, les citoyens et leur mode d’action, si c’est à la fois la matière et la manière, c’est qu’il identifie encore le peuple au cœur, au sens et aux sentiments, à l’intuition et à l’instinct. Certes le peuple n’est plus opposé à la tête, au gouvernement et à la raison, il y est même associé mais en reste-t-il pas quand même bien distinct? »

Adèle Van Reeth: » Alors quel conseil donnez-vous à Benoît Hamon Géraldine? »

Géraldine Mosna-Savoye: » Eh bien je lui conseillerai d’aller jeter un coup d’œil à un autre philosophe qui a donné une place de choix au cœur dans la République, Platon qui fait du cœur bien éduqué, non pas seulement l’allié de la raison, mais ce qui fusionne et enthousiasme la tête. »

Le choix de Platon est bien astucieux Géraldine et pour conclure je citerai les 2 phrases suivantes qui apportent de l’eau au moulin de Benoît Hamon:

“L’homme est la mesure de toute chose”

“L’ essentiel n’est pas de vivre, mais de bien vivre”

Bon dimanche chers Lectrices et Lecteurs,

Françoise

@Fran75GB

 

 

 

 

 

 

 

Michel Onfray et l’Occident..

Photo iphone: My thoughts exactly! Je déteste le déclinisme!

Michel Onfray, invité des Matins de France Culture. Des extraits.

lien: https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/loccident-est-il-son-meilleur-ennemi

Michel Onfray: » Oui j’ai l impression que c’est une culture de cartes postales, on sait que les civilisations sont mortelles, on pense que son voisin est mortel mais on ne pense pas qu’on soit mortel.

L’égorgement du Père Hamel, c’est plus important que Mai 68. La raison sert à justifier la foi jusqu’à la découverte du manuscrit de Lucrèce. Mai 68 est un grand moment de déchristinisation. Je suis un défenseur de Mai 68. Il s’agit d’une décadence à gauche. Un moment de négativité qui fait que les…profs ne parlent plus de la même façon à leurs élèves, mais cela n’a proposé aucune valeur. L’idée du consumérisme sexuel, est-ce que c’était une meilleure chose? On boit, on se drogue, on prend des psychotropes donc on se dit non ce n’était pas une grande idée.

Cette idée est essentielle, celle exprimée par Paul Valéry et elle est anti-marxiste, le schéma chrétien ça devient celui de la Révolution Française et que la vision marxiste c’est que nous allons vers un monde de progrès. On a justifié le goulag par cette vision du progrès, on a décapité pour cette vision du progrès. Le progrès suppose des moments de négativité.

L’histoire de l’Islam est inséparable de celle de l’Occident…il y a une relation dialectique, récurrent depuis le 7e siècle et nous retrouvons un nouvel épisode avec cette relation aujourd’hui. Il y a un Islam de minorité agissante et un Islam de majorité silencieuse. Ce n’est pas la même chose. Notre rapport à l’Islam n’est pas pacifié.

Il y a dans tous les textes sacrés manière à trouver le meilleur et le pire. Il y a un déisme catholique chez Hitler. Le prélèvement des versets du Coran pourra justifier l’un et l’autre.

En parlant de Rushdie il dit le romancier a le droit à tout car on est dans la fiction, et l’occident ne l’a pas défendu. »

Très documenté comme toujours. Il a sa théorie qu’il poursuit. Moi je suis athée et je n’ai aucune éducation judéo-chrétienne car mes parents étaient athés. Donc tout ce propos sur les origines chrétiennes du monde ne m’a jamais intéressée. En fait je me sens ainsi préservée du monde dans lequel baigne son discours, celui de la religion et donc il m’est difficile de visualiser la décadence de ce monde qui pour moi n’a jamais existé.

Il a ses dates et ses monstres..réduire Mai 68 à un dialogue libéré et un consumérisme sexuel me semble une déformation historique, L’égorgement du Père Hamel tout à fait condamnable, mais quoi de neuf, il a oublié Sétif bien que ce ne fût pas sur le sol français en effet mais pour lui c’est une marque de décadence alors que moi j’ai été plus choquée par Charlie, le Bataclan et le camion de Nice. Pour moi ce sont les atteintes à la liberté d’expression et à la vie des Français qui me choquent.

Son rationnel tend à l’inéluctable et ceci est une croyance. Une contradiction en soi. Il est le produit de sa civilisation et de sa création. 

Voila quelques réflexions personnelles, je vous laisse écouter la 2eme partie.

Bonne journée

Françoise

@Fran75GB

Pour une radio publique de qualité!

Photo iphone

Quelquefois j’écoute des émissions qui me font dire que nous sommes dans l’exploitation de l’affect, que l’on essaie d’influencer l’Autre sans lui laisser la voix et la réponse. L’ Autre c’est nous tous, heureusement que nous avons les réseaux sociaux pour pouvoir libérer notre expression et je veux ajouter de manière argumentée pas en lançant des accusations personnelles, gratuites et vides de sens. Tout ce coté tabloïd et « people » me répugne. Ainsi il faut chercher à comprendre ces mécanismes et leurs implications.

D’après les Matins de France Culture, le 5/10/2016 et aujourd’hui aux NCC de France Culture, Frédéric Lordon invité pour parler de son livre « Les Affects de la Politique ».

Lien: https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/frederic-lordon-le-retour-des-passions-politiques?xtmc=Frederic%20Lordon&xtnp=1&xtcr=2

Frédéric Lordon explique le fond de son ouvrage: » Lorsqu’on dit qu’il y a des passions en politique, on livre un énoncé sur lequel beaucoup de gens peuvent se retrouver d’accord mais jusqu’à un certain point seulement. La théorie de ce livre c’est d’amener le lecteur au-delà de ce certain point qu’il refuse de dépasser…La politique est un monde d’emportement. »

« Par affect on entend d’habitude les émotions..mais les affects chez Spinoza c’est bien plus que les émotions, affect c’est la dénomination la plus générale de l’effet produit par une chose sur une autre, dont l’effet produit par un homme sur un autre, par un groupe d’hommes sur un autre, par la multitude sur chacun de ses membres etc..et dans ces conditions sous cette redéfinition extrêmement étendue, les idées cessent d’être un terme antinomique aux affects et aux passions. Et on le sait bien car les idées ne nous touchent dans certaines conditions particulières et ces conditions c’est qu’elles soient accompagnées d’une certaine manière précisément par des affects et c’est cela même qui nous rend sensible à ces idées. »

« Tout dépend de ce qu’on attend exactement par idée, Spinoza prend le mot d’idée au sérieux. En tant qu’elles ne sont considérées  simplement comme idéelles, les idées n’ont pas d’effet sur les corps, Spinoza dit de manière imagée: « L’idée du chien ne mord pas. » or en effet « les petits producteurs intellectuels » comme dit Bourdieu, ont eu tendance à soutenir que les idées mènent le monde au terme d’un syllogisme qui était cousu de fil blanc car si les idées mènent le monde et que nous sommes les producteurs d’idées alors c’est nous qui menons le monde. Mais si on suit la ligne Spinoziste il n’en est rien, les idées ne mèneront le monde qu’à certaines conditions très particulières et ces conditions sont d’ordre passionnel, à savoir que si ces idées sont accompagnées d’affects qui ont été produits adéquatement pour affecter le plus grand nombre puisque c’est ça l’affaire de la politique. »

« Marx avait dit ça à sa façon,  » Les armes de la critique ne sauraient remplacer la critique des armes mais la théorie peut devenir une arme si elle s’empare des masses ». Alors là tout est dit. »

En effet et je vous laisse savourer les NCC ce matin pour en savoir plus..

Très bonne journée chers Lectrices et Lecteurs et fidèles auditrices et auditeurs.. Pour une radio de qualité!

Francoise

@Fran75GB

 

Les Discussions du soir

Photo iphone

D’après « La grande peur des voisins » dans « les Discussions du Soir » avec Frédéric Worms: « Frédéric Worms reçoit Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste. »

Lien: http://www.franceculture.fr/emissions/les-discussions-du-soir/la-grande-peur-des-voisins?xtmc=la%20grande%20peur%20des%20voisins&xtnp=1&xtcr=1

J’ai lu presque tout Frédéric Worms, quelle joie de l’écouter le lundi soir dans ces discussions sur France Culture.

Ce soir je regardais #DimanchePolitique sur Itele avec Audrey Pulvar, il y avait un membre du FN, Waldemar quelque chose, avec des interlocuteurs divers. Ils parlaient de la migration, l’immigration, du document Exode que je n’ai pas vu et dont il y avait des extraits. Durant l’émission, j’oscillais entre la colère d’entendre les propos haineux de cet homme politique d’extrême-droite et la tristesse de voir les pleurs de cette petite fille réfugiée, pleurs exposés pour convaincre peut-être ceux qui ont peur de l’Autre.

Ainsi j’avais écouté cette émission de France Culture lundi et je me suis souvenue du thème de  » La relation avec autrui » dont parle Frédéric Worms avec Hélène L’Heuillet,  » La coexistence humaine ». Cette femme a été prise dans un attentat en Algérie, elle avait 2 ans. « Ennemis le jour et amis la nuit », « les deux visages de la coexistence humaine ». 

Frédéric Worms pose la question suivante: « Comment, selon vous, les événements que nous vivons font irruption dans l’inconscient de nos concitoyens? »

De quoi réfléchir!Je vous recommande cette écoute chers Lectrices et Lecteurs.

Bonne nuit!

Francoise

@Fran75GB

 

 

 

 

« Sortir de l’impuissance »: #NuitDebout?

D’après l’émission du 6 avril 2016 de la Grande Table de Caroline Broué avec le philosophe Jean-Luc Nancy

lien: http://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/sortir-de-l-impuissance

Étrange de comparer la « ferveur » du djihadisme et celle de la construction du mouvement #NuitDebout, un monde en changement entre le désir de mort et celui de la vie..

La France a toujours été un pays de débats publics, les Etats Généraux par exemple. S’arrêter, arrêter le temps pour discuter, partager et réfléchir ne peut être que bénéfique après le dégoût de la trahison du socialisme enfin de ceux qui y ont cru au changement et aux promesses et le pessimisme punitif du politique qui s’ensuivit..

Le philosophe Jean-Luc Nancy a posé la question de Lénine  » Que faire? » dans son livre..: « faire l’amour », « faire avec », faire tout le temps » puis « produire » ou « suspendre le temps »

« Faire avec » c’est un peu « faire aller »..tant de gens font aller.. D’autres sont toujours à la recherche..j’étais intéressée et surprise à la fois qu’il y ait des représentants du CNRS, à #NuitDebout à juste titre vous me direz, Frédéric Lordon et les Pinçon Charlot.

Jean-Luc Nancy nous dit » On ne peut pas penser tout est politique de la même manière. » « Politique ne doit pas être confondu avec théologie, philosophie, utopie, forme de vie. Il y a souvent des manières de projeter sur ce mot tout ce qu’on peut projeter ailleurs. C’est là que le face à face avec un djihadisme théologique entièrement politisé et une sorte de hyper politisation qui représente une autre forme tendanciellement de salut, là il y a quelque chose qui mériterait d’être ausculté »

Dialectique et réaction..oui suite à la destruction de l’année 2015, confronté à l’assassinat, au gâchis inexplicable, inexcusable de vie humaine et à la souffrance, il est bon de s’arrêter un moment, justement de ne pas réagir sans avoir discuté avec l’Autre, échangé et prendre le temps sur cette Place de la République et ailleurs en France.

Jean-Luc Nancy: « la technique..on ne peut pas revenir en arrière.. »

La technique peut être au service du peuple justement pas seulement au service du « méchant capitalisme » comme disait Jean-Luc Nancy..je vois #jardindebout mais aussi #radiodebout et #tvdebout..que d’emplois judicieux de la technique..

Chers Lectrices et Lecteurs, échangeons ici pour voir plus loin..

Francoise

@Fran75GB