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Coincés en Turquie..

Photo: Ajib.fr

D’après « From our own correspondant »,  présenté par Kate Adie BBC Radio 4,12/03/2016

« L’U.E. a fait un deal avec la Turquie: Ils veulent que la Turquie agisse comme un gardien ou contrôleur d’accès. Les réfugiés sans documents officiels seront renvoyés en Turquie, les Turcs sont d’accord avec ce principe s’ils reçoivent plus d’aides de l’Europe, si leurs citoyens peuvent se rendre en Europe sans visa et s’ils voient des progrès dans l admission de la Turquie à l’U.E. »

J’ai l’impression que c’est trompeur, je ne vois pas les Européens intégrer la Turquie dans l’U.E. Qu’en pensez-vous chers Lectrices et Lecteurs?

 » Mark Lowen, correspondant de la BBC, est allé enquêter sur ce qui pourrait bien empêcher les migrants de faire le voyage de Turquie en Europe: J’étais devant le magasin qui vend des gilets de sauvetage à Izmir quand j’ai rencontré une famille d’Alep, un gentil couple et leurs 4 enfants en bas age qui avaient envie de parler. Le garçon de 11 ans tenait la main de sa sœur de 3 ans, vont-ils nous ouvrir la porte demanda-t-il. Où veux-tu aller demandai-je, nous voulons aller en bateau en Grèce. Comment pouvais-je dire à ces pauvres enfants que non, on ne les laisserait pas rentrer, que les politiques de Bruxelles avaient décidé que s’ils prenaient ce bateau pour la Grèce ils pourraient être déportés en Turquie. Ce n’est pas moi qui décide bien sur mais je pense que les portes ne seront pas ouvertes. Les enfants n’ont pas fait attention et ils firent signe de la main en partant. Je suis sur qu’ils vont tout de même essayer la traversée. Oui ils pourraient rester en Turquie mais quoiqu’ils décident le mot Europe est synonyme d’ Espoir. Au coin de ce magasin de gilets de sauvetage qui faisait de bonnes affaires, Mohammed Noor s’est installé dans un petit hôtel, il ne possédait rien mais voulait nous acheter le petit déjeuner. Nous avons discuté autour d’une tasse de thé, Mohammed enleva ses chaussures et ses chaussettes pour montrer ses pieds encore violets de la torture qu’il avait subie dans une prison de Damas. Oui je sais que les Européens ne veulent pas de nous, mais il n’y a pas d’autre option, la Turquie est si chère et nous ne pouvons trouver de travail ici, nous avons tout vendu et nous ne pouvons retourner en Syrie. Il a déjà 5 enfants en Europe et si la nouvelle politique est appliquée il sera séparé de ses enfants pour de bon. S’ils me renvoient je recommencerai non-stop. Ou je vais mourir en mer ou j’y arriverai mais je risquerai tout pour vivre avec dignité. »

« Pour le gouvernement turc ceci est une opportunité rare car l Europe a besoin d’eux et ils jouent leur carte. Oui nous accepterons les migrants que vous déportez et patrouilleront mieux nos cotes et arrêteront les contrebandiers. Mais les Syriens disent clairement nous n’abandonnerons pas. »

Kate Adie nous rappelle qu’au moins 5M de Syriens ont fui depuis que la guerre a commencé il y a 5 ans. 250,000 ont été tués, plus d’un million de blessés et  plus de la moitié de la population déplacée. Il parait que 7 500 000 enfants ont besoin d’aide humanitaire…

Un article du Courier International à lire: « Crise des réfugiés. L’UE vend son âme pour un accord avec Ankara » http://www.courrierinternational.com/article/crise-des-refugies-lue-vend-son-ame-pour-un-accord-avec-ankara

Vidéo http://fr.euronews.com/2016/03/04/le-cauchemar-sans-fin-des-refugies/

Ceci est mon 2eme billet pour essayer d’éclairer cette tragédie humanitaire et d’attirer l’attention de tous pour que nous ne les laissions pas faire, il ne faut pas se taire et accepter.

Françoise

 

@Fran75GB

 

 

La Grèce, cul-de-sac..le sort des réfugiés.

Photo, Le Monde

D’après « From our own correspondant »,  présenté par Kate Adie BBC Radio 4,3/03/2016

« Les Grecs curieux vont regarder ce qui se passe devant les grillages, observer les migrants et les chiens s’en mêlent, les enfants de l’autre coté du grillage aboient en retour pour rire. Puis le cameraman se déplace vers Victoria Square en ville, les cafés sont silencieux mais la place est pleine de monde, de visages afghans, plus de mille femmes, hommes et enfants campent là, il y a des panneaux pendus aux arbres qui disent en anglais, ouvrez la frontière, être un réfugié n’est pas un crime! Cela fait deux semaines que l’on refuse le passage aux réfugiés afghans. Deux Afghans se sont pendus aux mûriers de la place. »

« Notre présence attire des questions, un jeune Afghan nous raconte qu’il a laissé sa fiancée en Afghanistan, je lui demande quand est-ce qu’il l’a vue pour la dernière fois, et il répond ce matin sur internet! Un autre jeune homme élégant avec une veste de cuir noir, s’avance vers nous et il est d’accord pour faire un interview, il dit qu’il vient d’Afghanistan et ignore mes questions sur combien il a payé pour arriver jusqu’ici mais il veut envoyer un message à ceux qui veulent venir en Grèce, ne faites pas le voyage déclare-t-il, il n’y a aucun espoir. »

« Le jour suivant nous partons pour Thessalonique, à une heure de route de la frontière avec la Macédoine. Il y a un grand champ plein de petites tentes de camping pour 2 personnes au maximum. Mais là vivent des familles entières et ceci pendant des jours. On dirait le champ d’un festival de musique l’été sans le fun! Il n’y a pas de tente pour tous donc certains vivent à l’extérieur. La porte métallique qui s’ouvre sur la Macédoine ne s’est pas beaucoup ouverte depuis une semaine mais les réfugiés restent dans l’espoir qu’elle s’ouvrira. »

« Je rencontre un Pakistanais qui veut bien raconter son histoire, il a 20 ans, il a essayé de passer sous le grillage il y a deux jours mais a été pris par la police macédonienne. La police grecque ne veut pas l’accepter mais pense que les Macédoniens le laisseront aller au nord, bien qu’un Pakistanais sans papier n’ait aucune chance d’aller nulle part. Danny Savage le cameraman en regardant ce spectacle de désolation dit qu’il a eu envie de pleurer. »

Je suppose qu’il n’est pas le seul à avoir envie de pleurer, déjà nous de loin, nous regardons les images et nous nous sentons incapables d’agir si ce n’est en nous exprimant sur les réseaux sociaux et les blogs comme je le fais ici, transmettre ces histoires dans l’espoir que quelque chose changera mais je ne le pense pas, je ne fais pas confiance aux gouvernements européens pour résoudre cette situation. 

 » De nombreux réfugiés viennent de Syrie, de villes entièrement détruites comme celles de Homs et Alep, et pourtant certains syriens vivent encore là-bas. Une reporter qui est partie à Homs a été surprise de voir tous ces jeunes autour de l’université et les cafés ouverts. La population de Homs a été réduite de moitié! Il y a des quartiers totalement silencieux et hantés. Elle a rencontré quelques résidents qui voulaient revoir leur maison. Sa maison avait trois étages dans le temps et maintenant qu’il n’y en avait plus qu’un, mais il a pu apercevoir un tableau qu’il avait dans son salon. Son voisin de 85 ans est passé et lui a dit que sa maison a été pillée. Il a perdu un chandelier qui lui était précieux, les murs sont troués de balles. Radi a quitté sa maison au cœur du conflit, on lui avait donné 10 minutes pour partir. Il voulait absolument prendre le manteau de son père avec lui mais on lui a dit qu’il fallait qu’il parte de suite sinon il risquait la mort. »

« La reporter s’est déplacée vers le quartier chrétien, il y avait plus de mouvement, des voitures mais les cicatrices émotionnelles étaient tout aussi profondes. Un homme qui avait rouvert sa boutique l’année dernière déclara qu’il avait à peine de clients pour payer son loyer. Quand elle lui a demandé ce qui s’était passé dans sa ville il a pleuré incapable de prononcer un mot. Puis elle a rencontré des jeunes qui tenaient un café il y avait un tableau que leur avait donné leur ami au cas où il n’arrivait pas à passer les frontières mais que maintenant il est sain et sauf en Allemagne. Les jeunes veulent faire de même. Ils veulent une vie meilleure. »

On finira par la citation de Juncker qui laisse une lueur de compréhension: «  Nous, Européens, devons nous souvenir que l’Europe est un continent où presque chacun a un jour été un réfugié. Notre histoire commune est marquée par ces millions d’Européens qui ont fui les persécutions religieuses ou politiques, la guerre, la dictature ou l’oppression  ».