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Une semaine en France..(Première partie)

D’après le podcast d' »Une Semaine en France » présenté par Julie Gacon sur France Culture, « Nice, retour sur une surenchère politico-médiatique / 35 heures : une crispation française », le 23 juillet 2016

Lien: http://www.franceculture.fr/emissions/une-semaine-en-france/nice-retour-sur-une-surenchere-politico-mediatique-35-heures-une

Chers Lectrices et Lecteurs, je vous laisse lire l’introduction de Julie Gacon sur la page de l’émission.

Julie Gacon: » Puisque les mots importent, quels sont ceux que vous emploieriez pour décrire cette séquence politique à laquelle on a assisté depuis le drame de Nice? »

Stéphane Rozès: « Comme les Français le choc comme lors de chaque attentat par la monstruosité touchant des victimes innocentes, ensuite la sidération par la nature même de l attentat qui peut se dérouler partout et selon une modalité très simple, troisièmement une attente, comment le pays va réagir et comment la classe politique va réagir, et comme finalement c’est plus la division qui a été mis en exergue, une profonde inquiétude sur le pays, pas seulement sur le rapport au terrorisme islamiste, le fait de trouver de bonnes réponses et de le combattre, mais une inquiétude plus diffuse, même sur qu’est-ce qui nous tient ensemble et qu’est-ce que le troisième attentat révèle de nous-même. »

Julie Gacon: »Qu’est-ce qu’elle révèle de nous-même? Qu’est-ce qu’elle révèle de ceux qui nous dirigent, Bruno Dive?

Bruno Dive: » S’il fallait résumer, je dirais exaspération de la population, vis-à-vis de la poursuite des attentats, de cette violence avec laquelle il faut s’habituer à vivre et avec laquelle on ne s’habitue pas à vivre heureusement et aussi exaspération dans une moindre mesure vis-à-vis de la classe politique, et de ses réactions..et celle-ci n’ira qu’en s’accroissant je crains s’il y d’autres attentats. »

Je retiens « inquiétude » et « exaspération ». Je me dis que la classe politique est maintenant partie en vacances, enfin le parlement est en vacances, après avoir voté la loi sur l’Etat d’Urgence, ce qui aurait dû nous rassurer mais ne nous a guère apaisés.

Pour des raisons diverses, on a l’impression que l’Etat, n’étant plus à la hauteur, nous sature de lois sécuritaires mais dans la pratique, démontre une incapacité à maîtriser la situation.  Puis on suit les médias et on voit que ces attentats ne se passent pas qu’en France, il vient d’y avoir 80 morts à Kabul, toujours causé par ces terroristes de Daech, puis le dépressif de Munich, sans parler des haches et des couteaux, enfin on se dit mais dans quel monde on vit.

Puis nous avons les dissensions des politiques de droite et de gauche qui offrent un spectacle désolant et renforce le mécontentement des Français. On se renvoie la balle et cherche à blâmer au lieu de se mettre au travail et de réfléchir. 

Déjà il faudrait un gros investissement social, j’ai parlé de justice sociale nombre de fois dans ce blog, et on est toujours à subir des réductions budgétaires et un manque de considération pour les plus démunis. On peut constater l’effet désastreux que ces plans d’austérité successifs ont eu non seulement sur les effectifs du secteur public mais aussi sur la santé mentale de certains plus fragiles et aptes à commettre des actes irréversibles.

L’ émission continue et nous parle de Charlie, de l’après-Charlie et de « l’Union sacrée » qui s’est fragilisée jusqu’aux attentats de novembre et semble maintenant se briser.

Bruno Dive rappelle entre autres un homme qui, devant le Bataclan, a interpellé Manuel Valls et lui a dit  » Tout ça c’est de votre faute. » C’est pour lui « un signe avant-coureur des sifflets de Nice ».

Julie Gacon: » Finalement,Stéphane Rozès, l’attentat nous rappelle que dans l’histoire de la Ve République l’Union Sacrée c’est plutôt l’exception que la règle? »

Stéphane Rozès: « L’Union Sacrée c’est l’effet d’un choc extérieur sur une Nation française depuis de longues années en dépression. C’est-à-dire qu’il faut bien évaluer ce choc extérieur vient fracasser un corps national qui tient ensemble par son histoire, sa mémoire, ses valeurs, et la République que le pays retrouve à partir des années 90 pour des raisons compliquées, liées à l’époque, et à la période, la France, l’Europe, le Monde, qu’est-ce qu’il se passe.

Donc, effectivement, qu’est-ce qui fait que peu à peu après le 11 janvier, ça tient avec les attentats de novembre et là on a le sentiment que tout part un peu dans tous les sens. Je crois que ça provient de la conjonction de 2 facteurs essentiels:  

Le premier, la modalité de l’attentat semble dire que n’importe qui d’un peu dérangé, islamiste, peut prendre un véhicule et foncer dans une foule. Ça veut dire que l’attentat n’est pas dans les représentations facilement prévisible et facilement contrôlable par nos services et un appareil. Tant que ce sont des cellules djihadistes, on pense que l’Etat a les moyens de lutter. Et avec l’attentat de Nice, les Français comprennent que l’attentat islamiste devient contingent et les Français n’aiment pas la contingence. Ils pensent que l’Etat doit tout faire pour contrôler et si ça ne va pas ils blâment l’Etat.

La seconde raison, c’est que cette fois-ci l’exécutif et notamment François Hollande, n’a pas pris la mesure de la question symbolique du pouvoir..le Président n’a pas eu l’attitude qu’il fallait. Il n’a pas redonné de la symbolique sur ce qui nous tient ensemble. Il a fait une déclaration de qualité mais il a saucissonné les choses, il a laissé les autres faire le travail.

Et troisièmement ça a été dit, on n’insiste pas, il y a eu la surenchère liée à la primaire  à droite et des attitudes chez certains inconvenantes à droite, chez les Républicains. Il y a toujours des attitudes inconvenantes chez les hommes politiques, le problème essentiel c’est pourquoi ça a pu se passer, ça s’est passé parce que au préalable l’Exécutif n’a pas pris la mesure de ce qui devait se passer tout de suite, les normes, la symbolique et ce qui nous tient ensemble. »

Il est certain que plus on a eu d’attentats plus les Français se sont posés des questions, à juste titre, sur la capacité de l’Etat à prendre en charge cette situation à répétition.

Alors François Hollande joue toujours le « good cop », fan des commémorations, des discours et des voyages à l’étranger. C’est dans la tradition des Présidents de France, c’est plus facile de faire porter le chapeau à son chef de gouvernement, le Premier Ministre et d’en changer en faisant des remaniements quand cela va trop loin. Mais il a laissé le rôle de « bad cop » à Manuel Valls trop longtemps ainsi qu’à Bernard Cazeneuve. 

Non mais je n’en revenais pas quand je l’ai vu au Portugal l’autre jour alors que le pays est en deuil. Non, je n’en veux plus ni de lui, ni de ces Présidents symboliques égocentriques qui préfèrent dépenser plus de 9000 euros chez leur coiffeur et parader plutôt que de s’occuper des affaires intérieures du pays. Je pense que cela renforce le manque de communication et il est temps que nous passions à une autre République avec un régime parlementaire, représentatif du peuple français . 

Bon dimanche chers Lectrices et Lecteurs et un grand merci à Julie Gacon pour son excellente émission ainsi qu’à France Culture pour ses invités de qualité.

Francoise

@Fran75GB

 

Pauvreté et soupe populaire au Royaume Uni et en Europe..

Photo: Food Bank Trussell Trust

D’apres Thinking allowed, « Food bank Britain and Food poverty in Europe », @BBCRadio4, le 20 Juillet 2016, présenté par Laurie Taylor. Invités: Kayleigh Garthwaite, Leverhulme chercheuse au Centre for Health and Inequalities Research , Université de Durham ; Stewart Lansley, Economiste,Université de Bristol;  Owen Davis, Université du Kent.

Lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b07krdvv

Au moment où l’on parle du Brexit , de la richesse européenne des uns et des autres, des chaussures et de la fermeture éclair de la robe de Theresa May, on oublie la précarité, on oublie que de nombreux citoyens doivent aller faire leurs courses aux Restos du Coeur ou l’équivalent en Angleterre et ailleurs. Cette émission nous en parle.

Laurie Taylor: » 1 million de personnes ont faim et fréquentent ces soupes populaires et supérettes des associations caritatives. »

Kayleigh Garthwaite: » A Stockton c’est une réalité et cela affecte l’espérance de vie de nos citoyens, il y a une différence de plus de 17 ans entre un homme qui vit dans le centre ville et un homme qui vit en dehors de la ville. Pour les femmes il y a une différence de plus de 11 ans. »

« Les gens accèdent le service du Trussell Trust avec un coupon rouge donné par un professionnel de la santé, le Citizen Advice Bureau, leur médecin traitant ou assistant social. Le choix de nourriture est équilibré et décidé par un diététicien, 3 choix de repas jusqu’à un maximum de 3 fois pendant une période de crise. On vous donne des céréales, des baked beans, des boites de conserve comme de la viande ou du poisson en conserve, des jus, du sucre, du café par exemple. 90% de la nourriture vient de donations publiques. Ils sont partenaires avec le supermarché Tesco, il y a des gens qui viennent et laissent un billet de 20 livres. »

Je me souviens que quand je travaillais comme éducatrice spécialisée pour les services sociaux, mon mari et moi nous étions responsables d’un cottage de 9 enfants à l’époque, et le samedi c’était la fête, le supermarché Marks & Spencer nous apportait tous ses invendus. Je ne sais pas s’ils le font toujours je crois que pour ce qu’ils appellent Health and Safety ils sont obligés de jeter les choses qui ont dépassé la date puis de nos jours ils sont ouverts le dimanche.

Kayleigh Garthwaite: »Les gens ne deviennent pas accros aux donations de nourriture comme les médias peuvent le laisser entendre avec l’assistanat etc..J’ai vu les mêmes gens venir deux fois au maximum et j’étais là tout le temps. Quelquefois les gens qui venaient, avaient reçu des sanctions des services sociaux ou de Pole Emploi et ne recevaient pas leurs allocations, par exemple s’ils avaient fait des dettes ou s’ils n’avaient pas rempli leur formulaire de recherche d’emploi. Les sanctions étaient sévères, j ai parlé à un homme qui avait été sanctionné parce qu’il avait emmené sa mère à la chimio, un autre qui avait été sanctionné parce qu’il était parti en formation, envoyé par Pole Emploi donc il y avait souvent des erreurs commises. »

« Les gens pouvaient faire des demandes d’indemnité de subsistance mais souvent ils n’étaient pas au courant. Les gens ne prenaient pas plaisir à se rendre à l’association, ils avaient toujours l’air gêné ou avaient honte. Ils y venaient en dernier ressort. Mais une fois qu’ils étaient là, ils ne se sentaient pas aussi humiliés, souvent ils reviennent comme volontaires ou viennent prendre une tasse de thé de temps en temps. »

 » Les médias ou certains mal intentionnés racontent que des alcooliques ou des drogués viennent prendre la nourriture et la revendent pour leur addiction. Je pense que ces gens-là s’ils souffrent d’ un tel problème ce n’est pas une raison pour les priver de nourriture.  »

Laurie Taylor à Stewart Lansley:  » Il y a eu toute cette propagande autour des soupes populaires et D. Cameron a dit qu’il y avait un accroissement des fréquentations à cause de la publicité qui leur était faite. Qu’en pensez-vous? »

Stewart Lansley: » Non il y a un besoin réel car les gens manquent d’argent. La grande majorité des gens qui y vont sont évalués et c’est seulement après évaluation que l’on leur donne le coupon rouge. Apres la crise de 2008, il y a eu une forte récession qui a entraîné une grande pauvreté. C’est seulement les derniers mois que les choses se sont améliorées. Même chez les jeunes qui travaillent les choses restent difficiles. Ils touchent 6 ou 7% de moins de revenu qu’avant 2008. Le logement prend la moitié des revenus. »

« Le Big Bang de la coalition a voulu réduire les allocations et punir les gens, les chômeurs. Ils sont punis entre 3 mois et 3 ans et 50% de ces chômeurs n’ont pas d’autre revenu. Ils font appel mais cela peut durer des mois. Nous remarquons que le niveau de vie est tiré vers le bas au Royaume Uni. Les gens sont plus pauvres que par le passé. Les soupes populaires font maintenant partie du paysage social comme aux E-U ou au Canada. Le gouvernement abandonne les gens à leur sort. Il y a une institutionalisation de la distribution de nourriture par les associations caritatives, nous retournons aux années 30. En dépit de la création du salaire minimum nous savons que beaucoup de gens reçoivent moins que le salaire minimum. »

Je suis écœurée..Quand on pense que les riches deviennent de plus en plus riches, que les chômeurs sont humiliés et stigmatisés, que le niveau de vie des classes défavorisés a reculé, que le système social est revenu aux années 30 où les gens doivent mendier auprès des associations caritatives pour survivre. Ce n’est pas surprenant que Jeremy Corbyn et une gauche plus radicale répondent aux questions de la population. En attendant le Brexit et Theresa May, dont le mari travaille à la City pour un Hedge Fund, ne vont pas arranger les choses pour les plus démunis de Grande-Bretagne.

Owen Davis parle de l’insécurité sociale et du manque de nourriture, de famine dans le reste de l’Europe: » Nous avons regardé le mode de vie en Europe et nous nous sommes demandés si les gens pouvaient manger de la viande, du poulet ou du poisson ou un repas végétarien un jour sur deux ou si vous avez manqué de nourriture pendant l’année qui précède. Les statistiques montrent une relation entre le régime social du pays et la famine. Ils ont fait plusieurs groupes la Grande Bretagne et l’Irlande, l Europe du Nord, du Sud et de l’Est. En Grande Bretagne et en Irlande l’insécurité sociale et la famine ont doublé.  »

Chers Lectrices et Lecteurs je vous ai transcrit tout le podcast tellement il me semblait important car on nous brandit des modèles et on nous raconte des mensonges.

Laurie Taylor nous dit qu’il y a une résistance des autorités à admettre que ce soit vrai. Ils préfèrent colporter des mensonges sur les chômeurs et dire que ce sont des fainéants qui traînent au lit une partie de la journée devant la télé.

Stigmatisation!

Bon samedi!

Francoise

@Fran75GB

 

 

L’Etat d’Urgence, six mois de plus..

D’après les Matins de France Culture avec Olivia Gesbert et Maurice Tubiana, avocat, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme (LDH). Alors que les 2 chambres vont voter sur l’Etat d’Urgence aujourd’hui.

lien: http://www.franceculture.fr/emissions/l-invite-des-matins-d-ete/comment-depasser-l-etat-d-urgence

J’ai écouté cette émission avec beaucoup d’attention. Maurice Tubiana a nommé les choses. C’est important de dénoncer les irrégularités de cet Etat d’Urgence qui ne peut que conduire qu’à des dysfonctionnements de l’Etat de Droit, ce qu’on appelle les « bavures » je dirais, pas seulement policières mais les bavures étatiques, les abus de pouvoir qui ne résolvent pas la situation. 

Le « vivre ensemble » c’est ce que Cynthia Fleury appellerait  » un récit commun » mais je ne le vois pas. Exemple: J’écoutais d’abord #Jeunesse2016 et Marie Victoire de..catholique du 8e arrondissement de Marseille qui n’avait jamais côtoyé les quartiers nords et a fait cette rencontre choc quand elle est devenue adulte et psychologue.

lien: http://www.franceculture.fr/emissions/jeunesse-2016/14-marie-j-aurais-pas-imagine-travailler-dans-les-quartiers-nord

Olivia Gesbert cite Gérard Larché, Président du Sénat: » L’Etat de Droit doit s’ajuster à l’Etat de Guerre », c’est un juste paradigme selon vous alors que la menace est forte et durable et que les Français sont inquiets? »

Vichy en aurait dit autant mes amis..

Maurice Tubiana: « Le propos de G. Larché est un propos qui implique tous les renoncements…Ce processus actuel me parait extrêmement grave non seulement par les mesures qui y sont prises mais par l’esprit qui y préside.

L’Etat d’Urgence ne se contente pas de prendre des mesures ah hoc, ponctuelles durant l’Etat d’Urgence: Il modifie le code pénal, Il demande au CSA de concevoir un code de déontologie, de bonnes manières, ..pour les journalistes dans une perspective du traitement de l’information sur les actes de terrorisme.

Il va dans le cadre des mesures ponctuelles jusqu’à permettre l’arrestation pendant 4 heures d’un enfant, c’est dans le texte.Il suffira que les policiers en décident et en informent le Procureur de la République. C’est quand même la porte ouverte à la volonté du gouvernement parce que vous imaginez dans le cadre d’une perquisition qui va mettre de coté les parents et puis qui va garder un enfant pendant 4 heures de l’autre coté ou dans une autre pièce.

C’est l’interdiction de possibles manifestations à la seule volonté du gouvernement puisque il pourra interdire s’il justifie qu’il n’a pas les effectifs nécessaires. Qui va démontrer que le gouvernement n’a pas les effectifs? Cette conjugaison de mesures ad hoc et de mesures de fond est extraordinairement préoccupante non seulement par le contenu de ces mesures et par la procédure qui est suivie. »

Olivia Gesbert: » Oui mais toutes ces mesures tendent aussi vers un but, la sécurité du pays qui est quand même aujourd’hui la cible du terrorisme? »

Maurice Tubiana: » Comment vous répondre? gentiment en vous disant que c’est une erreur, un peu agacé en vous disant que ce sont des bobards que racontent un certain nombre de gens. Il y a eu 4000 perquisitions, à ma connaissance en dehors d’apologies de terrorisme, qui est déjà un délit en soi très problématique, il y a eu 2 informations ouvertes en matière de terrorisme suite à ces perquisitions-5 dit Olivia Gesbert-Nous avons eu 400 assignations à résidence, il en reste 70, est-ce que les 330 autres sont devenues..?-5 c’est peut-être 5 attentats évités dit Olivia Gesbert-Ecoutez je crains que non, d’ailleurs je pense que c’est le seul point avec lequel je serai d’accord avec le Premier Ministre c’est que affirmer qu’il existe un risque zéro est une escroquerie mais c’est aussi une escroquerie aujourd’hui de tenir aux Français un discours en leur disant « L’Etat d’Urgence vous protège. » L’Etat d’Urgence ne protège que le pouvoir de l’Etat.Il ne protège nullement les citoyens et citoyennes que nous sommes. »

Chers amis je n’ai couvert que 5 mn de cette émission que je vous recommande parce que Maurice Tubiana est un avocat et connait le droit, également il protège les Droits de l’Homme et je ne veux guère qu’ils soient fustigés. Heureusement Manuel Valls n’a pas cédé à la droite et construit un Guantanamo chez nous. Mais c’est tout.

Je vous recommanderai d’être vigilants dans votre quotidien et de rester informés, de documenter sur les réseaux sociaux et autre moyen de liberté d’expression qui nous reste ce qui se passe autour de nous.

Nous allons vers le tout sécuritaire. On veut nous faire peur et nous avons déjà peur car dans notre pays les hommes politiques veulent exploiter notre peur à des objectifs électoralistes et d’autre part nous avons une collection de fous ou pas, radicalisés et dont les actes sont facilement revendiqués par l’organisme de presse terroriste. Tout ceci sur notre sol.

Ma question du jour^^ : Où est passée la question sociale? Où est passé le changement c’est maintenant et nous voulons un monde meilleur? 

Plus que jamais, plus que jamais nous devrions nous concentrer sur cette reconstruction de la société bafouée. Que le gouvernement se soit laissé dépasser par les attentats terroristes, qui ne le serait pas, mais qu’il se soit laissé dépasser par le MEDEF , nous sorte la Loi Travail, et ait subventionné le CAC40 et j’en passe, non merci. Pendant que le gouvernement s’enfonce dans ses conflits intérieurs et perd son sens de l’orientation, l’UE reste active: »La rachète les dettes des groupes du et la richesse produite par le travail les remboursera. »

Eh oui la richesse pour certains quant à l’embauche eh bien « Selon l’Acoss, les embauches de plus d’un mois ont reculé de 2,2 % au deuxième trimestre. »
http://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/0211144051696-coup-de-frein-a-la-reprise-des-embauches-2015791.php?yec078TJWpUfyjDC.99

Triste constat chers Lectrices et Lecteurs.

Francoise

@Fran75GB

 

 

 

 

 

 

Ma société va craquer..Ecole..Marseille

Photo: NPA 2009

« J’ai vu les chaines infos et les JTs sur les attentats de Bruxelles toute la journée. 

Je me dis sans nous auto-flageller, on a créé des gens qui  se/nous détestent, qui ont perdu toute mesure d’humanité, pour assassiner un, des pays où l’on ne peut nier qu’il y a des failles sociales dont certains d’entre eux ont souffert ou pas mais en tout cas ils les ont vues comme vous et moi.

Ces terroristes doivent être plus fragiles ou plus drogués, plus endoctrinés que d’autres pour que ça clique, qui sait, mais nous en sommes là. Alors retour en arrière sur cette société qui craque.. » Françoise 

 

D’après les Pieds sur Terre du 21 mars, 2016, Mon école va craquer 1.

Une enseignante, Charlotte Magri, écrit au Ministre de l’Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, le 30 novembre 2015, sur les conditions de son école pleine de trous, sans chauffage ni alarme incendie:

« Je nous accuse d’aggraver les inégalités sociales, Je nous accuse de produire sciemment de l’échec scolaire et des délinquants, Je nous accuse de jouer avec la santé des enfants des classes sociales les moins favorisées. »

« Une enseignante de la Castellane, une cité des Quartiers Nords de Marseille de 8000 habitants, nous explique son quotidien en REP+(Réseau d’éducation prioritaire): le trafic de drogues, les armes, les camps d’entrainement..Les gens se taisent parce qu’ils ont peur d’être embêtés. »

 » Un lundi matin au mois de février 2015 c’était mon anniversaire, des parents nous ont alertés parce qu’ils avaient remarqué depuis une semaine la présence d’hommes armés, habillés en treillis, qui étaient beaucoup plus âgés que ceux qu’on connait et qui avaient l’air de préparer quelque chose. J’ai sorti mes élèves de CM1 en recréation et j ai dû les rentrer en hurlant mais vraiment je les ai vu tirer des rafales comme dans les films. C’était une guerre urbaine, ce réseau venait prendre le contrôle de la Tour K, celui qui fait le gros profit de drogues.

A 16h15 on nous a permis de sortir, les parents étaient là en larmes venir chercher leurs enfants mais on n’a pas vu la police ce jour-là. On a eu 6 mois de service policier accru après. J’ai fait des cauchemars la nuit pendant des mois.

Nous sommes retournés le surlendemain dans nos classes parce que le lendemain on a posé une journée de droit de retrait parce que nous étions en situation dangereuse.

Alors j’y suis retournée pour le repas de Noel, on s’est fait des bisous et j’ai vu quelques parents qui m’ont réservée un accueil formidable mais j’ai quitté la Castelane le 3 juillet 2015pour des raisons médicales d’épuisement professionnel et je me suis donnée mauvaise conscience parce que j’avais l’impression d’abandonner le navire au moment où il avait le plus besoin de rameurs. C’est moi qui me suis infligée ça, je ne le ferai plus jamais.

J’ai repris le travail sur Aix-en-Provence, j’ai été accueillie à bras ouverts par la nouvelle équipe, j’ai plus peur et ça c’est l’essentiel. »

Chers Lectrices, Lecteurs, nous continuerons d’écouter ce podcast, n’est-ce pas? Nous continuerons de soulever les questions, de chercher les réponses? Bon mercredi! Francoise

@Fran75GB

 

Prendre soin 2eme partie: Nous les femmes..

D’après l’émission de the Essay, @BBCradio3, du 15 mars 2016, Episode 2. Madeleine Bunting, auteure et journaliste devant the British Academy: Qui va prendre soin de qui?

lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b073b0x6

« C’est à la maison, dans la famille que la plupart d’entre nous apprennent la notion de soin, de prise en charge. Nous gardons ces souvenirs d’enfance tout au long de notre vie. Peut-être au goûter,  les « baked beans on toast » après l’école ( so British^^chez moi c’était plutôt le pain et la barre de chocolat, j’imagine que ces images du goûter en rentrant de l’école varient du pot de Nutella au pot de confiture) ou le parfum de lessive de l’uniforme scolaire qui avait été soigneusement lavé et repassé, ou l’odeur du foyer dès la porte ouverte, l’odeur de propreté, de la nourriture et de la chaleur ambiante. »

« On peut prendre pour acquis ce genre d’attention, cette sensation de sécurité et de stabilité que ressent un enfant dans ce monde: son « toit », l’endroit où l’on peut se détendre, se réfugier, être rassuré, consolé et encouragé. »

« Aujourd’hui je me concentrerai sur le fait que la dévaluation systématique de la prise en charge et des soins affecte les femmes dans leur rôle de femme au foyer.  Depuis des siècles ce que nous faisons a la maison, dans notre espace privé est totalement bouleversé. Ainsi les femmes en particulier sont au centre des attentes de ce changement dramatique qui s’opère. »

« Pendant la révolution industrielle par exemple, il y avait une séparation entre le monde du travail et le foyer. La période victorienne a idéalisé cette nouvelle domesticité. Il y avait une séparation des rôles de l’homme et de la femme: L’idéal c’était que l’homme se rendait au travail et la femme restait à la maison pour prendre en charge la famille. Le foyer c’était le paradis dans un monde capitaliste sans cœur. On y apprenait des valeurs tout à fait différentes que celle de la compétition des marchés, comme l’altruisme, la douceur, la patience, un foyer où l’on pouvait entretenir des relations de confiance et de loyauté. »

« En réalité les femmes devaient aussi aller travailler et le foyer était loin d’être ce refuge. Mais la prise en charge des enfants, des personnes âgées, des malades et des mourants avait sa place à la maison. »

« Après la guerre, l’Etat-Providence redéfinit la prise en charge et les soins des plus vulnérables de manière collective du berceau au tombeau. Pour la première fois, les femmes furent soutenues dans leur charge de s’occuper de la maison et des leurs. Aussi se développa la professionnalisation du soignant, particulièrement dans le domaine de la santé mentale. Ce furent surtout les femmes qui prirent ces postes et transférèrent leurs compétences familiales au domaine professionnel du secteur public. Par conséquent le nombre de mères au travail augmenta considérablement. Ceux qui furent les plus affectés par ces changements dramatiques furent les enfants nés entre 1950 et 1975. Je les appelle la génération transitoire: ils apprirent leur modèle de prise en charge  des soins à travers leur mère et dans leur vie professionnelle inventèrent un nouveau modèle qui s’adapta autour de leur travail. Les mères s’organisèrent en prenant des pauses dans leur carrière, en choisissant des horaires flexibles, en mettant les enfants dans des crèches et à l’étude après l’école. Ainsi les femmes devaient être à la mesure d’un idéal de maternité passé et en même temps être innovatrices et concurrentielles dans leur vie professionnelle. »

« Vous nous raconterez chers lectrices lecteurs comme c’était pour vous enfant si vous le désirez. En ce qui me concerne je suis née en 1951 et je fais partie de cette génération transitoire de l’après-guerre où la vie était dure pour tous.

Mes parents étaient arrivés à Paris  d’Alexandrie jeunes, mon père faisait des études de droit et enregistrait les nouvelles à Svp pour le téléphone pour se faire des sous. Nous habitions ce qui devait être un HLM à Saint-Ouen à l’époque. Ma mère gardait les enfants et faisait du repassage si je me souviens bien. Papa était souvent à l’armée ce qui n’arrangeait pas les choses financièrement. Je me souviens de son service militaire qui avait duré une éternité, puis il y avait eu la guerre d’Algérie et il avait été mobilisé puis envoyé en Allemagne. Je devais avoir 4 ou 5 ans quand nous sommes partis, il travaillait alors dans un hôpital militaire.

Je pense que Maman a trouvé la vie dure, la famille lui manquait et le pays aussi, le soleil surtout et la plage et les balades en mer le week-end. Je ne sais pas exactement à quelle époque mon père a passé son CAPA pour devenir avocat puis il est devenu officier. Mais mon petit frere est né et nous avons changé de banlieue. Peu après Maman a commencé a travaillé dans un bureau d’assurances et a longtemps pris le train pour la gare Saint-Lazare.

Puis nous avons déménagé dans le 9e prés du bureau de Papa et de Maman, bientôt ils ont divorcé et ça a été mon époque Antoine Doinel^^, « les 400 coups » dont je vous ai parlé une fois dans ce blog..oui je détestais le lycée Jules Ferry avec ces douze sixièmes, et ces couloirs qui tournaient éternellement, je détestais Mademoiselle Badadi Badadoit, notre professeur de francais, latin qui me mettait des zéros à la pelle et me fit redoubler la sixième la méchante^^Elle dit à mon père que je ne serais même pas bonne pour travailler à la poste et il lui répondit, Madame Il n’y a pas de sot métier. Vous imaginez que cette anecdote est restée dans les annales familiales. 

Mon univers se situait au Monoprix de la Place Blanche où j’allais directement après le lycée, regarder les rayons et parler aux vendeuses. Puis un jour Maman m’y emmena et toutes les vendeuses se mirent à dire mais c’est Françoise! Bonjour Françoise à la grande surprise de Maman qui apprit alors que je n’étais pas sagement à l’étude en train de faire mes devoirs..Pauvre Maman qui prenait un café au lait à midi et se privait pour que nous ayons assez mais tout ceci bien entendu je ne le compris que des années plus tard..

Oui ce n’était pas facile pour la femme qui travaille, certaines l’ont vu comme une libération, les classes moyennes probablement, moi j’aurais bien voulu avoir une enfance comme celles qui avaient leur mère à la maison en rentrant de l’école et moi-même quand j’ai eu la petite, j’aurais voulu la voir grandir au lieu de l’emmener à la nourrice et je me souviendrai toujours quand elle courait comme une flèche tout le chemin du retour quand je venais la chercher le soir..et je me disais quelle société, something is very wrong..mais heureusement que notre amour maternel et filial a été plus fort que toutes ces embûches de la vie et l’est encore, nous les trois générations de femmes travailleuses, Maman, ma fille et moi. »

 » Vous entendez la musique du 45T de Piaf « Non je ne regrette rien »? Je me souviens que Maman le passait en rentrant du travail comme pour se convaincre..et ce sera le mot de la fin.. »

Françoise

@Fran75GB

Prendre soin..éthique de la sollicitude

D’après l’émission de the Essay, @BBCradio3, du 15 mars 2016, Episode 1. Madeleine Bunting, auteure et journaliste devant the British Academy: Qui va prendre soin de qui?

lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b0739tq7

« Presque tous les jours nous lisons des articles sur les soins apportés aux plus vulnérables dans la presse, ou pas, souvent il s’agit d’une histoire sordide qui élabore sur la crise dans ce secteur: une femme abandonnée dans sa chaise roulante à cause du manque de personnel par exemple. »

Quand on voit l’histoire de Vincent Lambert, accidenté en 2008, toujours à la une des journaux 8 ans plus tard, et la manière dont la justice tergiverse autour cette tragédie, on voit l’ambiguïté des soins apportés en fin de vie par exemple.

« Tout est une question de budget, de réductions budgétaires et de gestion pour organiser les soins nécessaires. Nous remarquons une anxiété profonde en ce qui concerne la qualité des soins des maisons de retraites ou autres établissements de soins. Pourtant la scène politique ne semble pas prendre les choses suffisamment au sérieux, et il y a un certain sentiment de frustration alors que notre société vieillit. »

A ce sujet je vous rappelle l’article du Monde daté du 21 janvier 2016, « La France à l’épreuve du Grand Age »http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/20/la-france-a-l-epreuve-du-grand-age_4850612_3234.html

« Dans le temps, il y avait surtout des institutions religieuses, ce qui ne veut pas dire que cela garantissait la compassion. Depuis le XXe siècle, nous voyons des établissements privés dont le but est de faire du bénéfice. Comment une entreprise fondée sur le coût de la gestion d’un tel établissement peut-elle être compatible avec une haute qualité de soins? Pourtant cela fonctionne dans la restauration et l’hôtellerie alors s’occuper des malades et des personnes âgées devraient recevoir la même attention. On parle de nos jours de l’industrie des services et les établissements de soins en font partie. »

Or on voit souvent de la maltraitance que je mets sur le compte du manque de personnel et de formation de haut niveau. A lire également:http://www.lefigaro.fr/retraite/2014/11/03/05004-20141103ARTFIG00185-la-quasi-totalite-des-maisons-de-retraite-en-etat-de-sous-effectifs-permanent.php

« Notre capacité à prendre soin des autres est ce qui nous rend humain: elle inclut l’attention, le soin, la responsabilité, la prévenance et l’entraide. D’abord il s’agit d’une activité pratique qui soutient le bien-être du patient, et aussi de réflexion, penser à la personne,lui apporter de l’attention, montrer de l’empathie. Cela peut être un fardeau lourd à porter pour le proche aidant. »

Les deux dernières années j’ai été très sollicitée comme proche aidant, un père de 87 ans et une mère de 88 ans, avec de multiples problèmes, divorcés et vivant dans une région différente ont eu raison de ma santé. Et il est difficile d’organiser l’aide à domicile pour l’un et l’apport émotionnel, la compagnie face à une grande solitude; pour l’autre c’est le refus de la dépendance qui est un combat quotidien mais également un poids pour la personne dans le déni qui veut la vie d’antan mais ne peut pas assurer..enfin je vous laisse imaginer les problèmes de l’age qui devrait être aussi des joies si seulement l’entourage était plus présent. Or nous sommes dans un monde où prime la mobilité sociale, la mobilité dans le travail et la distance qui s’ensuit.

Pour  conclure « food for thought »:« Sénèque voyait la capacité de porter soin à quelqu’un comme venant des Dieux. Les hommes pouvaient atteindre la bonté par la raison, mais à la bonté s’ajoutait la perfection, qui dépendait de l’offre de soins à autrui. Pour les Stoïques, prendre soin de l’autre complétait notre potentiel humain. »

Francoise

@Fran75GB

Charles Dickens: Les Grandes Espérances

D’après une émission de BBC Radio 3, The Radio 3 Documentary, du 11/01/2016

Vu ce monde de précarité, de jungle et de bidonvilles évacués, rasés et reconstruits spontanément, jamais Charles Dickens ne m’a paru aussi actuel.

Dans son bureau de Gad’s Hill dans le Kent, Charles Dickens a écrit une histoire d' »intrigue, de déception et de revanche. »

Le livre se situe la veille de Noël, 1812.

C’est alors que Pip, orphelin, âgé de 7 ans, rencontre un forçat échappé, dans le cimetière du village où est sa famille. Le forçat oblige Pip à voler une lime pour enlever ses menottes et de la nourriture.Pip vit chez sa soeur, une femme odieuse mais dont le mari, un forgeron, est très gentil. Le jour suivant, le forçat est arrêté par les soldats et renvoyé comme prisonnier sur son vaisseau.

Grâce à une bienfaitrice Miss Havisham, Pip commence un apprentissage de forgeron et surtout rencontre la belle Estella dont il tombe amoureux. Au bout de 4 ans il est contacté par un notaire qui a reçu une somme d’argent anonyme pour parfaire l’éducation de Pip à Londres. De nombreuses aventures s’ensuivent et Pip a du mal à cacher ses origines maintenant qu’il a une nouvelle vie, mais ce sera Joe le forgeron qui lui viendra en aide quand il en aura besoin. A l’âge de 23 ans il découvre que le donateur anonyme n’est autre que le forçat reconnaissant et devenu riche en Australie.

Estella, elle aussi adoptée à l’âge de 2 ou 3 ans a épousé un homme de son rang et n’a que des regrets car c’est une brute. Mais tout est bien qui finit bien quand ils se retrouvent onze ans plus tard dans les ruines du manoir de Satis House et quittent les lieux la main dans la main.

Il y a bien sur une certaine moralité dickensienne dans ce roman:

De nombreux enfants orphelins étaient exploités et forcés à travailler jeunes. Et je pense qu’il y a une recrudescence de ce phénomène, quand on voit l’exploitation des enfants par les gangs et la drogue, puis la manière dont ils en disposent au coin d’une rue, une balle dans la tête.

L’ascenseur social avait son charme mais là encore il s’agissait d’être sponsorisé par l’argent sale, celui d’un forçat qui avait fait fortune, mais dont les contradictions personnelles lui offraient cette chance de  rachat.

D’autre part on voit dans « Les Grandes Espérances » ce décalage entre les attentes que l’on peut concevoir et la réalité qui est autre. Du temps de Dickens, il fallait brûler ses lettres pour échapper à ses origines, de nos jours les demandeurs d’asile sont prêts à brûler leurs papiers et changer leur identité ou leur nationalité, tout ceci pour justifier d’une appartenance sociale.

Parler d’intégration sociale me fait bien sourire dans ce monde de classes où 62 personnes possèdent autant que la moitié de la planète.

L’émission nous explique comment les livres étaient publiés à l’époque, chapitre par chapitre, dans le Weekly standard, ou plutôt en petits épisodes, pour faire durer le suspense et la vente. Dickens les appelaient des « teaspoonfuls’, des cuillérées de thé.Voilà comment le livre a été l’instigateur du feuilleton  et quand je bois avec délice mon thé chaud au jasmin devant mes streams de séries diverses, je ne peux m’empêcher de penser à ces petites cuillères à thé en argent, symbole du travail ardu de l’auteur.

Dans le manuscript d’origine il n’y avait aucune illustration, car Dickens voulait remplir ses deux colonnes dans le journal. Il écrivait 5000 mots à la fois et finit le livre en 9 mois et demi.

Dickens a ouvert un magazine sur Wellington street,il  rencontre quelques difficultés financières en 1860 et « Les Grandes Espérances » vont l’aider à relancer les affaires. Il retourne vivre à Gad’s Hill et brûle toutes ses lettres comme pour effacer son passé. Il venait de se séparer de sa femme et avait rencontré une actrice, une certaine Miss Thomas. Il faisait très attention à sa réputation. Ellen Ternan,âgée de 18 ans,alors qu’il en avait 45 a inspiré le personnage d’Estela. Elle le menait par le bout du nez.

Certaines lettres ont été retrouvées et une fut publiée dans le New York Times, donc déjà à l’époque, la vie privée d’une célébrité pouvait être révélée dans la presse et ceci sans scrupules. Dickens d’ailleurs leur adressa une réponse personnelle, une mise au point.

Il paraît qu’il a écrit 2 conclusions pour « Les Grandes Espérances », une d’illusion perdue et le « happy end »qu’il finit par choisir.

Je me dis toujours que nous en sommes en partie responsables de nos choix..plus facile dans la fiction que dans la réalité je sais mais je voudrais retourner en arrière et réécrire l’année 2015 et nous voir marcher vers l’horizon la main dans la main.

Francoise  @FranGB75