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Calais, 2/5 Wassim, Réfugié Syrien

D’après la série spéciale de Laure Adler sur Calais, Hors-Champs, France Culture.

Photo: Wassim et maya (bénévole de L’auberge des Migrants) Crédits :ELODIE ROYER

lien: http://www.franceculture.fr/emissions/hors-champs/serie-speciale-calais-25-wassim-refugie-syrien-c-est-comme-l-enfer-ici-en-tant

« Wassim parle en anglais. Il a 36 ans. Il vit dans la Jungle de Calais. Il a eu une belle enfance et il est  fier d’être Syrien. La Syrie c’était un beau pays jusqu’à il y a 5 ans quand la guerre a éclaté alors ils ont commencé à tout perdre, leur pays, leurs amis, leurs rêves. Il avait 3 emplois différents, technicien en communication, boulanger et peintre en bâtiment. A Calais il donne un coup de main à tous ceux qui en ont besoin. »

Pays flétri, famille égarée, fierté meurtrie, père effaré..

« Un jour ses enfants sont revenus de l’école et avaient passé une semaine entière sous terre pour échapper aux bombardements et il a déménagé 4 fois avant de partir, puis sa femme a été blessée par des fragments de mortier et il a pris sa décision en tant que père et mari il a pris sa décision, a quitté son travail et il est parti avec son passeport et son permis de conduire. »

Bombes incessantes, abris délabrés, vie angoissante, départ délibéré..

Wassim raconte: » Tout ce que je veux c est un avenir pour ma famille. Ma femme et mes enfants sont au Liban. C’est bien mieux ainsi ils sont en sécurité. Je suis en contact avec eux. J’essaie de les appeler 2 ou 3 fois par semaine. J’aimerais bien qu’ils soient avec moi comme ca je pourrais m’occuper car les autorités libanaises ne s’occupent plus des réfugiés depuis janvier et moi je n’ai pas les moyens de m’occuper d’eux au Liban. »

Refuge incertain, famille éloignée, sans soutien..

« Je dors dans une cabane en bois, avant on était dans des tentes en plastique. Je me réveille à 7h, l’eau n’est pas potable je fais la queue pendant 2 heures pour avoir un bain de 6 minutes et pendant une heure pour manger, chercher des toilettes propres. On passe des journées entières à faire la queue pour survivre. C’est l’enfer. »

Comme hier je suis à la recherche de nos valeurs, dans notre histoire car nous Français sommes contre la misère humaine et l’intolérance..toujours dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, le fondement de notre vie républicaine: »Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. « 

A vous de finir l’écoute chers Lectrices et Lecteurs..

Francoise

@Fran75GB

Syrie: Est-ce qu’Assad a gagné la guerre?

D’après « The Inquiry » une émission de BBC World Service, datée du 23/02/2016, « Has President Assad won? »

lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/p03jpmxm

Photo from Newsweek.com

Ceci est un compte-rendu du reportage que j’ai trouvé explicite et de haute qualité.

« Alep, la plus grande ville du nord de la Syrie, les rues sont tranquilles, un homme vend des cigarettes au coin de la rue, un autre derrière son étal avec des caisses d’oranges, de tomates et d’herbes, mais comme les prix sont exorbitants, personne n’achète. Comme les Russes, alliés d’ Assad, se rapprochent de la ville, les provisions sont rationnées. Bientôt des centaines de milliers de gens pourraient être bloqués. »

« Quand nous avons commencé la révolution, nous savions qu’il y aurait un prix à payer, dit ce jeune homme, nous n’avons plus de nourriture pour survivre mais il nous reste notre dignité. »

« Alep pourrait retomber dans les mains du gouvernement vu que la Russie et l’Iran soutiennent Assad, il devient de plus en plus stable. En 2011, peu de gens auraient prédit qu’il serait encore au pouvoir. D’où notre question de la semaine: Assad a-t-il gagné la guerre? »

« Trois témoins experts vont se prononcer à ce sujet. Ils vont vous parler des points forts et des points faibles de la position d’Assad, position militaire, diplomatique et politique. »

« PREMIÈRE PARTIE: L’HISTOIRE

Tout d’abord vous allez entendre le point de vue de Lina Sinjab, journaliste  syrienne qui a vécu les cinq dernières années de la guerre en Syrie. Elle a perdu 7 membres de sa famille et d’autres déclarés disparus. Elle travaille pour la BBC à Beyrouth maintenant mais elle a passé des années comme reporter pour la BBC à Damas sa ville natale. » 

Photo from joshualandis.com

lina sinjab

 » Il s’est passé quelque chose le 17 février 2011  á Damas dans le bazar. Un agent de police a frappé un commerçant et tout à coup tous les commerçants sont venus le protéger et l’entourer, puis ils ont commencé à filmer la scène avec leurs portables et à dire: » Les Syriens ne seront pas humiliés. »

« Les choses avaient considérablement changé en Syrie pour que les gens puissent filmer, crier ainsi et refuser l’humiliation, quelque chose devait arriver et arriva. Un mois plus tard, un groupe de jeunes gens avaient peint des graffitis appelant à la chute du gouvernement, ils furent arrêtés et torturés. Deux jours plus tard, les gens manifestèrent en protestation. Ce jour-là 5 personnes furent tuées par la police. Par conséquent toutes les villes se soulevèrent et manifestèrent en soutien. »

« Puis deux semaines plus tard, Assad adressa le Parlement pour la première fois depuis le début de l’instabilité populaire. Partout en Syrie, les gens regardaient la télévision pour voir ce qu’il allait dire. Il a déclaré qu’il y avait une conspiration contre le pays, qu’il y avait des traîtres à la patrie et il ne mentionna pas les morts ni ne demanda une minute de silence. Alors les gens se sont dits que les choses allaient empirer. Il fallut six à huit mois pour que cela devienne une guerre civile de grande envergure. L’armée syrienne libre fut formée, les chefs de gouvernements du monde dénoncèrent l’action d’Assad appelant à sa démission mais il tint bon. On eut peur qu’il voulût employer des armes chimiques, son gouvernement détenant le plus gros stock du Moyen-Orient. »

 » Le 22 août 2012, Obama envoya un message clair en ce qui concernait les armes chimiques. L’année suivante on vit une escalade du conflit. Les avions militaires d’Assad bombardèrent les villes de l’opposition. Les rebelles capturèrent les bases du gouvernement. Déjà cent mille morts. Puis en août 2013, Assad dépassa la ligne rouge d’Obama. Ainsi Lina raconte comme elle a vu des enfants suffoquer et des corps d’enfants joncher les rues. Obama condamne les atrocités mais il n’y eut aucunes représailles. Pour Lina ce fut comme si on donnait le feu vert à Assad de faire ce qu’il voulait. » 

« L’été 2014 son armée commença a perdre des combattants, il avait l’air affaibli. L’arrivée d’un groupe de djihadistes changea la donne. Le soi-disant Etat Islamique déplaça l’attention. »

DEUXIÈME PARTIE: LA POSITION MILITAIRE

« La Syrie est le conflit le plus long sur lequel j’ai travaillé, Assad contrôle la cote syrienne et pourrait reprendre Alep. La perte d’Alep pourrait décourager les rebelles et leur faire baisser les bras. Assad contrôle aussi Damas, cela laisse une grande partie du pays hors de son contrôle mais cela ne veut pas dire grand chose dit Jennifer Caferella de l’Institute for the Study of War, il n’a pas besoin de contrôler tout le pays pour gagner. Sa stratégie aujourd’hui a été de reprendre les parties stratégiques du pays de manière durable et aussi d’effondrer des points clé de l’opposition, Alep, Homs et Damas. Il gagne sur le champ de bataille car il a un avantage, l’aviation. L’opposition aurait besoin de système de missiles pour abattre les avions. L’opposition a peu de chance de récupérer ce système de missiles parce que leurs alliés ont peur qu’ils finissent dans les mains d’ Al Qaida ou Daech. D’autre part les Iraniens ont remédié au manque de troupes qu’il avait. »

 » Et l’opposition, que se passe-t-il, eh bien ils font appel à des combattants étrangers pour la première fois. Les kamikazes d’Al Qaida sont un outil puissant, ils tuent des civils sur les marchés, Al Qaida les emploie pour pénétrer une base militaire ou un checkpoint. Ainsi ils créent un passage pour que l’opposition puisse pénétrer. Par conséquent Assad peut blâmer l’opposition et les brandir comme des djihadistes mais l’opposition manque d’options. Assad n’a pas encore gagné mais si les forces d’opposition ne changent sur le sol syrien, sa victoire est inévitable. Si le peuple doit choisir entre défendre son pays des djihadistes et laisser Assad reconquérir la Syrie, il est possible qu’Assad reprenne le dessus. »

 » Comme nous l’avons entendu sa force ne tient qu’à ses deux alliés l’Iran et la Russie, alors est-ce que cela le rend vulnérable?

TROISIÈME PARTIE: LA DIPLOMATIE

 » Assad compte sur peu de gens pour le garder au pouvoir, pour moi, c’est un signe de faiblesse dit Rami Khouri de l’Université Americaine de Beyrouth, pas un signe de force. Assad a un petit nombre d’amis puissants mais a aussi des ennemis puissants, des ennemis qui étaient fut un temps de son coté, par exemple la Turquie et l’Arabie Saoudite. C’est important parce qu’ils vont envoyer leurs jets F16 et leurs forces spéciales au nord de la Syrie pour soutenir les rebelles. Ils en parlent depuis une dizaine de jours. Ils réfléchissent à comment se débarrasser d’Assad sans chaos total. On pourrait avoir une mini guerre mondiale rien qu’au nord de la Syrie. Il y a tellement de pays et de groupes impliqués dans cette partie du pays. Ils ne veulent pas perdre la bataille existentielle, s’ils perdent la région, ils perdent leur place dans l’Histoire. La coalition Russe, Iran, Hezbollah parce qu’ils pensent que si Assad perd la Syrie, ce serait un coup stratégique énorme. Iran et Hezbollah ont besoin de la Syrie comme lien entre eux, les Russes voient la Syrie comme une maniéré de recréer leur rôle et crédibilité sur le plan international.

Alors qu’ Assad est plus isolé il devient plus dangereux. Ceci soulève une dernière question: Est-ce que l’hypothèse d’une guerre apocalyptique impliquant les forces militaires d’Assad, l’opposition syrienne, Al Qaida, Daech, l Arabie Saoudite, l’Iran, la Russie, la Turquie et les Etats-Unis est possible, est-ce que la peur que cela arrive pousse la situation en faveur d’ Assad? Pendant que les Syriens qui vivent dans le pays se disent que s’ils soutenaient Assad tout ceci pourrait se terminer.

QUATRIÈME PARTIE: LA POLITIQUE

 » Je viens d’une ville frontière. avec l Irak du nom d’Al-bukamal. Ceci est notre dernier témoin Hassan Hassan. Depuis qu’il a quitté la Syrie, sa ville a changé, elle est maintenant contrôlée par Daech depuis l’été 2014. Hassan habite à Washington DC. Il est analyste au Tahrir Institute for Middle East policy. Il passe beaucoup de son temps à parler avec les Syriens dans tout le pays, des loyalistes comme des rebelles et il dit qu’ il a remarqué un changement à l’intérieur du pays concernant la manière avec laquelle les gens voient Assad. De nombreux Syriens loyalistes, des gens de pouvoir ont quitté le pays et ils n’aimaient pas que les Iraniens mènent les choses. Mais quand Assad s’est adressé une nouvelle fois devant le Parlement et a avoué qu’il lui manquait des forces au sol, ceci a marqué les esprits. L’arrivée des Russes lui a donné une certaine stabilité. Finalement Assad a su exploiter la peur de l’extrémisme avec la montée de Daech et a convaincu son peuple que l’opposition est menée par des djihadistes violents. Assad est ainsi devenu l’alternative la plus sûre. La ville de Salamiya en est un exemple. Les gens ne supportent pas Assad parce qu ils sont pour son régime mais parce qu’ils ont peur de Daech.

Y a-t-il une possibilité que quelqu’un de son entourage puisse le trahir? il y a une influence sur son entourage ou a Téhéran ou a Moscou, pas parce que c est le meilleur mais parce que stratégiquement il représente l’ancien régime. »

J’ai retranscrit l’émission anglaise aussi fidèlement possible. Si l’on regarde le déroulement des événements on comprend que les E-Us et leurs alliés ont laissé faire, même au moment de l emploi par Assad des armes chimiques.

Je pense que l’objectif américain est de remettre Assad au pouvoir , enfin de laisser les Russes et les Iraniens faire, en observant de loin, puis de  gérer le problème terroriste, vu que l’expérience américaine du terrorisme dans leur pays les a tétanisés .L’avenir le dira mais quand on voit le succès de Trump tout fou qu’il est, on peut se poser des questions.

Et nous alors, nous la France si préoccupée par ses valeurs et ses principes, qui laisse les gens dans leur bidonville quelles leçons d’humanité avons-nous à donner aux autres? Et il se passe quoi en Syrie exactement? On avait déclaré la guerre non après les attentats? On devait vaincre Daech coûte que coûte et n’arrêter qu’une fois qu’ils seraient éradiqués si je me souviens bien. Vous avez des nouvelles vous? Parce qu’elles doivent bien exister alors est-ce une opération secrète? elle ne le paraissait pourtant pas quand nous brandissions la hache de guerre. Au début on nous annonçait quelques camps de djihadistes de moins, on avait vu François Hollande sur le porte avion etc puis plus rien. Les medias sont passés à la déchéance de nationalité et notre auto-destruction européenne. Et maintenant suite à l’Etat d’Urgence que l’on vient de prolonger on s’attend à des résultats non? ou je suis naïve..

En fait je suis triste de voir ce pays détruit, ces gens qui ont tant souffert et essaient de se réfugier à tout prix dans une Europe dans l’ensemble peu accueillante qui les prend au compte-gouttes.

C’était bien de comprendre l’histoire, les forces en place et les issues possibles de cette guerre où un homme s’en est pris à son peuple au point de gazer ses propres enfants et nous complices de cette situation par notre silence, nous qui faisons ami ami avec l’Iran le dernier allié d’Assad, nous qui nous sommes engagés publiquement à détruire Daech pour que d’autres attentats ne nous touchent pas eh bien où en sommes-nous Monsieur le Président Hollande, où en sommes-nous??

Françoise

@Fran75GB