Archives pour l'étiquette Travail

« On peut dire qu’un gouvernement est parvenu à son dernier degré de corruption, quand il n’a plus d’autre nerf que l’argent. » J-J Rousseau

photo iphone: Aria ou l’art félin de se faufiler entre le vase et la statuette..

Je n’ai pas aimé le pacte de responsabilité et de solidarité de ce quinquennat, (http://www.economie.gouv.fr/pacte-responsabilite). L’idée de chercher du travail  pour les chômeurs est toujours honorable mais là on s’est fait avoir..les entreprises ont vu leurs charges baisser et leurs bénéfices croître et la France a vu le chômage augmenter plus que jamais. Pour Gattaz et ses confrères ce ne sera jamais assez. 

Bien triste France, me dis-je quand je lis le rapport sur la pauvreté croissante  http://www.inegalites.fr/spip.php?article270

On essaie de manipuler les chiffres, de balayer sous le tapis mais les images ne peuvent s’effacer..

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Ouest-France

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http://tpejp.e-monsite.com/pages/la-pauvrete-en-france.html

et nous passons…

Donc j’ai voulu écouter Raphaël Lio1gier, philosophe et sociologue, invité d’Olivia Gesbert à la Grande Table de France Culture, parler du plein emploi..

lien: https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/le-plein-emploi-un-paradigme-depasse

A l’écoute chers Lecteurs et Lectrices!

Bon jeudi

Francoise                   @Fran75GB

 

 

 

Hello…Le Travail..et ses lois..

D’après la seconde partie de la Grande Table du mardi 21 juin 2016, »Quel travail pour demain? »

lien: http://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/quel-travail-pour-demain

Pas envie de travailler..j’ai travaillé longtemps..on demande aux femmes de travailler longtemps, elles font les enfants etc et elles doivent aussi participer au monde du travail. Et quand elles arrêtent eh bien ça continue, elles s’occupent de leurs parents également. 

Alain Supiot: »Quelle durée de travail contre quel salaire? » That is the question!

Je suis d’accord avec la #CGT qui veut réduire la durée hebdomadaire. La semaine de 32 heures, c’est suffisant. Cela ferait la place pour les chômeurs qui voudraient bien leur part.

Alain Supiot: »Aujourd’hui tout le monde est pris dans ces boucles de la programmation. »

Boucles? comme les infos en boucle? En fait on tourne et on fait tourner la machine,  ce n’est pas si loin du taylorisme, c’est toujours la même exploitation de l’homme par l’homme: elle passe par la machine mais aussi par les nouvelles technologies , elle s’est compliquée pour moi la commune des mortelles mais c’est le même fonctionnement 

La définition d’Alain Supiot de la Justice Sociale: « Je renonce à ma liberté mais j’ai un minimum de sécurité économique. », « Un pacte fondateur depuis une trentaine d’années. »

J’ai frémi devant la vérité!! Quelle définition de la Justice Sociale!! Quelle tristesse de devoir renoncer à sa liberté!! D’où la colère, ou le désintéressement dans la politique. Puis on a perdu cette sécurité, on est passé du CDI au CDD! On nous propose un Etat Providence réduit avec une réglementation multiple et de la privation.

Alain Supiot: » Le travail c’est le lieu où l’être humain qui est porté par un imaginaire qui peut être galopant est confronté à la réalité de ses semblables et de la nature. »

Imaginaire ou Espoir? Je rêve d’un monde meilleur mon imaginaire et mon espoir ne font qu’un, oui je galope!!

Nous définirons « semblables »: Mes semblables je les choisis et ma réalité aussi bien que je les subisse également. Mes semblables ne sont pas au gouvernement, ils n’ont pas rédigé la #LoiTravail et le non merci est approprié.

« ..le travail à la fois le lieu où nous projetons les images qui nous habitent et nous sommes amenés à mesurer leurs limites. C’est une école de la raison.  »

Alain Supiot rappelle que « lorsque l’on prive des populations de travail comme dans le sud de l’Europe, il y a des enjeux de grande violence. »

Chers Lectrices et Lecteurs un excellent podcast à écouter..je vous laisse le suspens de la fin..

Bonne journée!

Francoise

@Fran75GB

 

 

 

 

Le Travail, Droit.

Photo: scoopnest.com, il y en a d’autres comme ca sur la page images, un bon résumé..

D’après la Grande Table du 23/03/2016: « Le code du travail est-il inadapté à l’évolution du marché du travail ? Comment le réformer ? Doit-on le simplifier et l’alléger ? »

Production déléguée: Raphael Bourgois

Invités:

-Professeur agrégé de droit du travail à l’Université Paris-Ouest Nanterre Emmanuel Dockès 

-l’avocat au Barreau de Paris et spécialiste en droit du travail Emmanuelle Barbara

lien: http://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/semaine-speciale-travail-35-droit

Nous sommes dans une France où l’on veut tout simplifier, les langues, et hop plus de latin et de grec ancien dans la langue juste un pot pourri, l’orthographe et vlan on enlève les accents, et les codes, là on réduit plus la page front populaire que la page entreprise??..Donc simplifier prend toute une nouvelle dimension de nos jours..

Eh bien chers lectrices, lecteurs il a été prouvé maintes fois que plus le devoir est d’un bon niveau plus l’élève va se motiver:“Les pilotes se moquent de marcher. Ce qui les motive, c’est de pouvoir voler.” Neil Amstrong

Ce débat est très grave mes amis et fondamental pour notre société il va plus loin que le juridique, il me fait peur oui, parce que je vois la société, telle qu’elle est aujourd’hui au prise avec le doute, la violence des attentats, la précarité, l’arrivée de migrants, la fermeture de frontières européennes et je me dis que l’on veut saper notre peu de sécurité, celui d’avoir le droit de travailler.

Q: un consensus?

ED: » Je suis de ceux qui pensent que le débat démocratique n’est pas construit dans le consensus mais la diversité! » (Ah voilà un début motivant!)  » Le simplifier, un discours et une réalité abyssale, une Loi El Khomry qui ne simplifie absolument rien, c’est presque une escroquerie intellectuelle, le texte sur le temps de travail est 27% plus épais que le texte ancien. »

EB: » Le code est illisible, impraticable tel qu’il est. Surtout dans les quinze dernières années où on y a collé rustine sur rustine…Une passion française que la loi peut tout!On n’est plus d’accord sur le mot Protection. »

Q: Faire du code du travail un outil de politique économique?

ED: » Survaloriser l’effet de la loi est une erreur que les juristes ne commettent pas. Ce n’est pas en tapant avec des baguettes magiques sur le code que l’on va créer de l’emploi. La complexité du droit est-elle destructrice d’emploi, ça non plus elle est  juste quelque chose de nocif, il faut que le droit soit accessible…en revanche la complexité du droit est un problème démocratique parce que lorsque le droit est trop complexe, ils ne peuvent pas le respecter pour les uns, le réclamer pour les autres et donc c’est un problème mais ce n’est pas comme ça qu’on créera des emplois. »

Q: On a parlé d’un effet de distorsion qui a beaucoup été pointé du doigt, entre des grandes sociétés qui peuvent avoir recours à des avocats et des PME, TPE qui se retrouvent piégées par le droit.?

ED: »ce gonflement depuis 1980 a profité au patronat comme le versement des heures supplémentaires..ou seuls peuvent s’y retrouver des bureaux d’avocats..il y a 30 pages d’exception sur les dérogations au travail du dimanche mais en 3 pages on en a fait le tour. »

EB: « Non, je ne m’y retrouve pas justement, et j ai 35 collaborateurs..Par exemple il n’est pas convenable qu’on ait envie de travailler le dimanche.. »

Q: le droit du travail ne doit pas exclusivement protéger les salariés mais aussi le patronat?

EB; »Je crois qu’on se demande ce qu’il faut en effet protéger. Et contre quoi faut-il protéger les personnes. Et dans le fond à quoi sert le droit du travail de manière générale? Il sert probablement aux deux parties.

Le deuxième point, c est que protéger comme il convient les salaries aujourd’hui c’est probablement prendre en considération un fait très important qui est, qu’on le regrette ou non, que le contrat de travail à durée indéterminée, entendu comme le contrat éternel car telle était la promesse post-seconde guerre mondiale, a volé en éclat! Le monde économique est ouvert, multi-polaire, multi-global, mondialisé, on peut le regretter mais il n’empêche qu’il faut quand même jouer la partie et sauf à mourir sur pieds.

Et donc la question de comment protéger les personnes et quel est le type de deal nouveau pour protéger les personnes, c’est un deal dans lequel on peut toujours travailler, de ne pas s’étioler au même endroit, d’abord parce qu’on ne pourra plus offrir cette promesse jusqu’à éternité, on ne fait plus le même métier toute une vie mais en outre de pouvoir poursuivre ailleurs et autrement et toute la question qui est posée ici est du fait de l’automatisation de la société qui est un phénomène majeur à coté de la mondialisation, plus ça va moins on a besoin de personnes physiques pour produire de la richesse, donc c’est une vraie question, qu’est-ce que travailler veut dire et est-ce qu’il faut mettre un terme ou pas à l’hégémonie du salariat et donc valoriser d’autres formes de travail? »

Q: Mais est-ce qu’on ne glisse pas avec ce que vous dites du droit du travail au droit au travail, ce n’est pas exactement la même chose?

Ahhhh nous y sommes..je vous laisse écouter la fin comme d’habitude et soyez gentils de contribuer à la discussion svp tant le sujet me parait grave.

Francoise

@Fran75GB

 

Le Travail , semaine spéciale 1.

Photo: users.skynet.be

D’après la Grande Table du 21/03/2016

lien: http://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/semaine-speciale-travail-15-economie

Suite à l’introduction de la Loi Travail ou Loi El Khomry, les Économistes discutent du pour et du contre de cette loi « dont l’objectif est d’apporter une réponse à la question du chômage structurel en France, il s’agit donc de faciliter les embauches freinées par la rigidité et la complexité du code du travail. D’autres motivations viennent s’ajouter: donner plus de place au dialogue social dans l’entreprise, casser les barrières entre les outsiders et les insiders ceux qui n’ont pas accès au marché du travail et relancer la création de CDI qui doit rester la norme, affirme Emmanuel Macron. S’agit-il de prendre acte d’une évolution de l’emploi qui masque bien souvent les changements dans le travail, de mettre la France au standard européen, ce serait déja pas mal disent les uns, ce serait à la fois dangereux et insuffisant nous disent les autres. Nous allons essayer d’y voir un peu plus clair cette semaine. »

Intervenants: Pierre Cahuc, Thomas Breda

PC:  » les objectifs de cette loi c est de mettre en place un objectif de Flexicurité, la protection des personnes. C’est un bon objectif il y a un consensus sur ce point économique et politique. »

« Définition: d’un coté de la flexibilité pour les entreprises et de l’autre sécuriser les salariés quand ils changent d’emploi sachant qu’on sait qu’il est essentiel que pour avoir des gains de productivité, de la croissance, permettre aussi l’entrée des jeunes, des femmes qui rentrent aussi plus souvent du marché du travail que des hommes, on a besoin d’avoir un marché du travail qui soit suffisamment fluide, mais évidemment il faut que les personnes soient accompagnées en terme d’assurance chômage et de formation quand elles changent d’emploi, donc c’est ce modèle que beaucoup de personnes visent car on sait que c’est un modèle qui génère de la croissance et est aussi favorable à l’emploi, la grande difficulté c’est que quand les personnes changent d’emploi elles soient correctement accompagnées. »

Je me permets une digression sur le terme « changer d’emploi » on va nous faire croire que les millions de chômeurs changent d’emploi volontairement?? non changer d’emploi dans les termes de cet économiste c’est perdre son emploi, c’est être victime d’un plan social, d’une fermeture de lieu de travail, d’une délocalisation de l’entreprise, de détachement de travailleurs européens prêts à venir travailler en France à bas salaire tant la situation est précaire chez eux. Alors Monsieur Cahut, votre « changer d’emploi » qui parait un acte volontaire on en est bien loin! Bien sur que les entreprises qui veulent faire plaisir à leurs actionnaires et leur remplir les poches de dividendes sont prêtes à faire « changer d’emploi » aux salariés et ceci sans scrupule. Alors une loi pour accompagner ce « changement d’emploi »..j’attends la suite..

PC:  » En France on est dans une situation de défiance très profonde parce qu’on a du mal à mettre en place cet accompagnement des personnes qui changent d’emploi, on ne veut pas toucher au contrat de travail, sachant que le contrat de travail en France est dans une situation extrême, les modalités de rupture du contrat de travail sont vraiment extrêmement compliquées, génèrent vraiment d’insécurité, d’incertitude. Sur ça aussi c est un consensus et là la situation est bloquée, cette loi essaie de débloquer cette situation. »

Je vous donne le lien pour consulter le droit francais et donc le code de travail existant https://www.legifrance.gouv.fr/ . J’ai juste regardé cette page du Journal officiel et avant d’aller plus loin ce qui m’a le plus choquée c’est le nombre de décrets! https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Selection-du-JORF/2016

TB: Cette loi lui semble dangereuse,  » si on regarde le Danemark, les indemnités de licenciement elles peuvent être touchées jusqu’à 4 ans, c’est 80% du salaire et il y a un vrai accompagnement, retour à l’emploi qui est beaucoup plus important qu’en France et par ailleurs c’est une économie qui par ailleurs marche bien, c’est à dire qu’il y a très peu de chômage, les carnets de commande des entreprises sont plutôt bien remplis, c’est une économie dynamique, pas du tout le cas de la France aujourd’hui qui a du mal à rebondir après une crise qui l’a affectée très durablement et donc commencer par faciliter le licenciement sans avoir réellement mis en place la partie sécurité me semble très dangereux car on peut aussi s’attendre à des effets récessifs du type: les entreprises licencient du coup les salariés consomment  moins, moins de pouvoir d’achat, moins de consommation et qui a ces effets macro économiques de baisse de la consommation qui du coup baisse le carnet de commandes des entreprises qui du coup ne vont pas réembaucher pour remplacer les personnes qui ont été licenciées, donc le contexte actuel me semble assez peu propice pour mettre en place la flexibilité sans avoir auparavant mis en place la sécurité et dynamiser le marché de l’emploi et du travail. »

Ainsi je bondis quand on me parle de modèle, qu il soit danois, allemand ou britannique, aller chercher des idées ailleurs quand on en manque n’a rien de négatif en soi mais vouloir calquer des modèles économiques sans tenir compte des contextes actuels et de l’histoire économique et politique du pays me semble absurde.

Chers Lectrices, Lecteurs, je vous laisse finir l’écoute de ce podcast, il me semble que les idées sont posées clairement, on y comprend un peu plus dans cette discussion sur la loi du travail. Je vous conseille ce décryptage de l’Humanité puisque vous avez devant vous un week-end férié pluvieux :))): http://www.humanite.fr/le-texte-integral-de-la-loi-travail-decrypte-et-commente-par-lhumanite-603097

Francoise

@Fran75GB

 

 

Prendre soin 2eme partie: Nous les femmes..

D’après l’émission de the Essay, @BBCradio3, du 15 mars 2016, Episode 2. Madeleine Bunting, auteure et journaliste devant the British Academy: Qui va prendre soin de qui?

lien: http://www.bbc.co.uk/programmes/b073b0x6

« C’est à la maison, dans la famille que la plupart d’entre nous apprennent la notion de soin, de prise en charge. Nous gardons ces souvenirs d’enfance tout au long de notre vie. Peut-être au goûter,  les « baked beans on toast » après l’école ( so British^^chez moi c’était plutôt le pain et la barre de chocolat, j’imagine que ces images du goûter en rentrant de l’école varient du pot de Nutella au pot de confiture) ou le parfum de lessive de l’uniforme scolaire qui avait été soigneusement lavé et repassé, ou l’odeur du foyer dès la porte ouverte, l’odeur de propreté, de la nourriture et de la chaleur ambiante. »

« On peut prendre pour acquis ce genre d’attention, cette sensation de sécurité et de stabilité que ressent un enfant dans ce monde: son « toit », l’endroit où l’on peut se détendre, se réfugier, être rassuré, consolé et encouragé. »

« Aujourd’hui je me concentrerai sur le fait que la dévaluation systématique de la prise en charge et des soins affecte les femmes dans leur rôle de femme au foyer.  Depuis des siècles ce que nous faisons a la maison, dans notre espace privé est totalement bouleversé. Ainsi les femmes en particulier sont au centre des attentes de ce changement dramatique qui s’opère. »

« Pendant la révolution industrielle par exemple, il y avait une séparation entre le monde du travail et le foyer. La période victorienne a idéalisé cette nouvelle domesticité. Il y avait une séparation des rôles de l’homme et de la femme: L’idéal c’était que l’homme se rendait au travail et la femme restait à la maison pour prendre en charge la famille. Le foyer c’était le paradis dans un monde capitaliste sans cœur. On y apprenait des valeurs tout à fait différentes que celle de la compétition des marchés, comme l’altruisme, la douceur, la patience, un foyer où l’on pouvait entretenir des relations de confiance et de loyauté. »

« En réalité les femmes devaient aussi aller travailler et le foyer était loin d’être ce refuge. Mais la prise en charge des enfants, des personnes âgées, des malades et des mourants avait sa place à la maison. »

« Après la guerre, l’Etat-Providence redéfinit la prise en charge et les soins des plus vulnérables de manière collective du berceau au tombeau. Pour la première fois, les femmes furent soutenues dans leur charge de s’occuper de la maison et des leurs. Aussi se développa la professionnalisation du soignant, particulièrement dans le domaine de la santé mentale. Ce furent surtout les femmes qui prirent ces postes et transférèrent leurs compétences familiales au domaine professionnel du secteur public. Par conséquent le nombre de mères au travail augmenta considérablement. Ceux qui furent les plus affectés par ces changements dramatiques furent les enfants nés entre 1950 et 1975. Je les appelle la génération transitoire: ils apprirent leur modèle de prise en charge  des soins à travers leur mère et dans leur vie professionnelle inventèrent un nouveau modèle qui s’adapta autour de leur travail. Les mères s’organisèrent en prenant des pauses dans leur carrière, en choisissant des horaires flexibles, en mettant les enfants dans des crèches et à l’étude après l’école. Ainsi les femmes devaient être à la mesure d’un idéal de maternité passé et en même temps être innovatrices et concurrentielles dans leur vie professionnelle. »

« Vous nous raconterez chers lectrices lecteurs comme c’était pour vous enfant si vous le désirez. En ce qui me concerne je suis née en 1951 et je fais partie de cette génération transitoire de l’après-guerre où la vie était dure pour tous.

Mes parents étaient arrivés à Paris  d’Alexandrie jeunes, mon père faisait des études de droit et enregistrait les nouvelles à Svp pour le téléphone pour se faire des sous. Nous habitions ce qui devait être un HLM à Saint-Ouen à l’époque. Ma mère gardait les enfants et faisait du repassage si je me souviens bien. Papa était souvent à l’armée ce qui n’arrangeait pas les choses financièrement. Je me souviens de son service militaire qui avait duré une éternité, puis il y avait eu la guerre d’Algérie et il avait été mobilisé puis envoyé en Allemagne. Je devais avoir 4 ou 5 ans quand nous sommes partis, il travaillait alors dans un hôpital militaire.

Je pense que Maman a trouvé la vie dure, la famille lui manquait et le pays aussi, le soleil surtout et la plage et les balades en mer le week-end. Je ne sais pas exactement à quelle époque mon père a passé son CAPA pour devenir avocat puis il est devenu officier. Mais mon petit frere est né et nous avons changé de banlieue. Peu après Maman a commencé a travaillé dans un bureau d’assurances et a longtemps pris le train pour la gare Saint-Lazare.

Puis nous avons déménagé dans le 9e prés du bureau de Papa et de Maman, bientôt ils ont divorcé et ça a été mon époque Antoine Doinel^^, « les 400 coups » dont je vous ai parlé une fois dans ce blog..oui je détestais le lycée Jules Ferry avec ces douze sixièmes, et ces couloirs qui tournaient éternellement, je détestais Mademoiselle Badadi Badadoit, notre professeur de francais, latin qui me mettait des zéros à la pelle et me fit redoubler la sixième la méchante^^Elle dit à mon père que je ne serais même pas bonne pour travailler à la poste et il lui répondit, Madame Il n’y a pas de sot métier. Vous imaginez que cette anecdote est restée dans les annales familiales. 

Mon univers se situait au Monoprix de la Place Blanche où j’allais directement après le lycée, regarder les rayons et parler aux vendeuses. Puis un jour Maman m’y emmena et toutes les vendeuses se mirent à dire mais c’est Françoise! Bonjour Françoise à la grande surprise de Maman qui apprit alors que je n’étais pas sagement à l’étude en train de faire mes devoirs..Pauvre Maman qui prenait un café au lait à midi et se privait pour que nous ayons assez mais tout ceci bien entendu je ne le compris que des années plus tard..

Oui ce n’était pas facile pour la femme qui travaille, certaines l’ont vu comme une libération, les classes moyennes probablement, moi j’aurais bien voulu avoir une enfance comme celles qui avaient leur mère à la maison en rentrant de l’école et moi-même quand j’ai eu la petite, j’aurais voulu la voir grandir au lieu de l’emmener à la nourrice et je me souviendrai toujours quand elle courait comme une flèche tout le chemin du retour quand je venais la chercher le soir..et je me disais quelle société, something is very wrong..mais heureusement que notre amour maternel et filial a été plus fort que toutes ces embûches de la vie et l’est encore, nous les trois générations de femmes travailleuses, Maman, ma fille et moi. »

 » Vous entendez la musique du 45T de Piaf « Non je ne regrette rien »? Je me souviens que Maman le passait en rentrant du travail comme pour se convaincre..et ce sera le mot de la fin.. »

Françoise

@Fran75GB